Question romaine
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La question romaine (en italien : questione romana) est une controverse politique relative au statut de Rome, siège du pouvoir temporel du pape, mais aussi capitale du royaume d'Italie. Le conflit, entamé en 1870, s'achève en 1929 avec les accords du Latran.
À la suite d'un vibrant discours lors de la séance du au parlement italien, Cavour déclare que Rome doit être la capitale nécessaire au royaume d'Italie[1] : il rappelle les profondes raisons historiques de cette décision et affirme que la restitution de Rome à l'Italie et la fin du pouvoir temporel de l'Église ne provoquera aucune diminution de l'autorité des papes et de l'autonomie de leur magistère spirituel, et qu'au contraire, la papauté en retirera un plus grand prestige moral.
Rome est protégée par Napoléon III qui est, en même temps, le principal allié et protecteur du nouveau royaume d'Italie. Par la convention de septembre, signée en 1864, le gouvernement italien garantit l'autonomie des États pontificaux et fait transférer la capitale de Turin à Florence qui conservera ce statut de 1865 à 1871. Garibaldi, pour sa part, mène une action militaire qui vise la conquête de Rome et se conclut par la journée d'Aspromonte et la bataille de Mentana entre les troupes franco-pontificales et garibaldiennes ().
Cependant, la question romaine ne se limite pas au seul problème de l'annexion territoriale de Rome ; elle fait également référence à des divergences entre l'Église catholique romaine et le royaume d'Italie, notamment, dès 1849, en raison de l'opposition permanente du pape Pie IX au Risorgimento.
L'intransigeance pontificale dans l'affirmation de l'autonomie et de l'indépendance des États pontificaux a de dures conséquences :
- En Italie, trois conséquences négatives pour le catholicisme : d'abord, une forte augmentation de l'anticléricalisme, puis le manque de représentation des catholiques dans la vie politique nationale dû à l'ordre donné aux catholiques de ne pas participer aux élections, impliquant la nécessaire laïcisation des institutions du Royaume d'Italie ; ensuite, l'Italie est divisée en deux pendant trente ans, et enfin, tout ce qui se produit hors du champ confessionnel apparaît comme imputable à la politique de Pie IX contre la volonté uniciste des Italiens.
- À l'étranger, toute la vie de l'Église est conditionnée au XIXe siècle par la question romaine et la nécessité de garantir une pleine liberté au pape, ce qui prévaut sur tous les autres problèmes.
L'annexion de Rome
En 1870, quelques semaines après la chute de Napoléon III, à la suite de la bataille de Sedan, l'armée italienne, composée de 50 000 hommes, emmenée par Raffaele Cadorna entre dans Rome par la porte Pia. Le 20 septembre, Rome capitule et le royaume d'Italie procède à l'annexion de ce qui reste des États pontificaux, c'est-à-dire la région du Latium. Le pape Pie IX est contraint de se réfugier au Vatican et se considère alors comme prisonnier. Par la loi no 33 du , la « Ville éternelle » devient officiellement la capitale du nouvel État italien de Victor-Emmanuel II, roi de Sardaigne, en lieu et place de la ville de Florence.
La loi des Garanties
En 1871, le Parlement italien vote une « loi des Garanties », baptisée ainsi parce qu'elle était destinée à garantir les prérogatives du pape, mais aussi à établir le statut du Vatican et à régler les relations entre celui-ci et l'État italien. La loi offre au pape un territoire en pleine propriété, constitué de sanctuaires, de palais et de couvents, mais à titre résidentiel uniquement. Sont également offertes une zone franche à Ostie[réf. nécessaire], et la somme de deux milliards de lires à titre de dédommagements (cette somme sera placée par l'État italien et reversée par Mussolini à Pie XI en 1929, avec des intérêts considérables). Par cette loi, le pape Pie IX devient sujet de l'État italien, mais continue à bénéficier d'une série de privilèges.
Le pape, par l'encyclique Ubi nos, ne veut pas accepter une loi unilatérale qui va à l'encontre de son sentiment anti-démocratique et conservateur. Pour ce motif, il utilise une expression utilisée dans les Actes des Apôtres, Non possumus (« nous ne pouvons pas »)[2]. En signe de protestation, lui et ses successeurs refuseront de sortir du Vatican jusqu'à la conclusion des accords de Latran en 1929.
En 1874, Pie IX, puis Léon XIII demandèrent aux catholiques italiens de ne pas se rendre aux urnes. Avec le non expedit (« il ne convient pas »), il leur est même interdit, pendant plus de trente ans, de participer activement à la vie politique du pays.