Quissanga
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Quissanga est une ville du nord du Mozambique, située au bord du canal du Mozambique. Elle est le chef-lieu du district de Quissanga dans la province de Cabo Delgado[1],[2]
Quissanga se trouve à 115 kilomètres de Pemba, la capitale provinciale de Cabo Delgado[3].
Climat
Le climat de Quissanga est de type tropical de savane humide (Aw) selon la classification de Köppen[4] et Geiger. La température annuelle moyenne est de 25,9° C. Le mois le plus chaud est décembre, avec une température moyenne de 27,6°C. Le mois le plus froid est juillet, avec une température moyenne de 23,7° C. Les précipitations annuelles cumulées sont d'environ 1320 mm. La quantité de précipitations en été est supérieure à celle en hiver. Le mois le plus sec est juillet, avec seulement 17 mm de précipitations en moyenne. Le mois le plus humide est janvier, avec une moyenne de 272 mm de pluviométrie[5].
Histoire
Les districts de Quissanga et Macomia sont (après ceux de Mocímboa da Praia, Muidumbe et Palma) parmi les plus touchés par l'action des groupes armés dans la province de Cabo Delgado[6] depuis octobre 2017[3]. La ville de Quissanga a été prise plusieurs fois par les insurgés.
Le 25 mars 2020, aux premières heures du jour, des insurgés ont envahi le district de Quissanga, forçant une partie de la population de cette région côtière à fuir, à pied ou en bateau, vers l’archipel des îles Quirimbas, situé à 14 kilomètres. À marée basse la marche est possible à travers la mangrove qui sépare Ibo de Quissanga. La population s’est cachée au milieu de la mangrove, selon des sources locales. D’autres ont cherché refuge à Pemba. Les insurgés ont détruit plusieurs infrastructures d’État, y compris celles du gouvernement du district. L’administrateur de Quissanga a annoncé que les institutions d’État du district étaient fermées en raison des violences armées. Notamment, toutes les archives ont été détruites. Les insurgés ont diffusé sur Internet des photographies les montrant avec le drapeau du groupe djihadiste État islamique (EI) dans des bâtiments de la ville de Quissanga occupée, ainsi qu’une vidéo dans laquelle ils annonçaient leur intention d’imposer la « loi islamique dans la région ». 48 heures avant que Quissanga soit envahi, les insurgés avaient pris la ville de Mocímboa da Praia. Ils avaient attaqué une caserne et hissé leur drapeau, et étaient restés dans la ville près d’une journée[3].
En avril 2020, l’hôpital de Quissanga a été détruit par des émeutiers[7].
En février 2024, un groupe de terroristes islamistes lourdement armés a attaqué et occupé la ville de Quissanga, selon un article publié dans le numéro du journal indépendant Carta de Moçambique. Les sources du journal ont déclaré qu’il n’y avait aucune résistance. Il n’y avait aucun signe des Forces armées du Mozambique (FADM), et les quelques membres de l’Unité d’intervention rapide (UIR, la police anti-émeute mozambicaine) stationnés dans la ville ont pris la fuite. Un résident, cité par le journal, a déclaré que les membres de l’UIR avaient été vus se fondre dans la population et se diriger vers la plage. Les assaillants n’ont ni tué ni maltraité les habitants de la ville. Au lieu de cela, ils ont exhorté les musulmans à rester et à assister à une réunion de prière dans une mosquée locale[8].
Le 2 mars 2024, un groupe armé prétendument lié à l’État islamique autoproclamé a envahi la ville de Quissanga. Malgré la panique ressentie par la population, les insurgés n’ont pas causé de violences aux habitants, mais ont pillé des marchandises aux commerçants locaux et aux habitants. L’invasion dura environ deux heures[7].
Le 2 mars 2024, les insurgés ont envahi et vandalisé le quartier général de Quissanga. Ils ont aussi pillé des commerces. Après cela, ils ont occupé l’île de Quirimba, la plus importante de l’archipel des Quirimbas formé de 30 îles coralliennes. Un résident a expliqué que les rebelles sont arrivés sur l’île en voilier et, sur la côte, ils ont testé des bateaux à moteur, abandonnés par des pêcheurs, pour poursuivre leur voyage vers l’île d’Ibo, où les autorités et les organisations non gouvernementales ont commencé à évacuer leurs collaborateurs, par crainte d’attaques. Des rapports ont fait état de la mort de deux agents des Forces de défense et de sécurité mozambicaines (FDS) sur l’île d’Ibo, qui n’avait jamais été attaquée depuis le début de l’insurrection armée en 2017[9]. Lors de l’assaut, les combattants rebelles ont décapité trois membres des forces de sécurité sur l’île de Quirimba[10].
L’administrateur de Quissanga, Sidónio Lindo, a déclaré en 2025 aux journalistes de Pemba que les terroristes ont détruit toutes les infrastructures lors de cette attaque, ce qui nuit au fonctionnement de l’administration publique du district. En conséquence, les responsables et les agents de l’État travaillent dans la ville de Pemba depuis environ un an. Ils se rendent à Quissanga « en équipe » puis reviennent à Pemba. Leur objectif est de revenir à Quissanga (même sous tente) afin de reprendre le contrôle du district et de remettre en marche la machine administrative. Compte tenu de l’amélioration des conditions de sécurité, l’objectif pour 2025 était de pouvoir au moins réhabiliter certaines infrastructures de l’État[11],[12].