Quitéria Binga
femme politique pankaruru
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Quitéria Binga, aussi appelée Quitéria Maria de Jesus et Quitéria Pankararu, née en 1939 et morte en 2009, est une femme politique pankaruru (pt).
Biographie
Binga naît en 1939 de Cecilia Tiú et Joaquim Binga. Dès la naissance, elle est élevée par son oncle paternel Antônio Binga et son épouse Maria Jovina dans le village Saco dos Barros. Ce dernier se trouve dans la terre autochtone pankaruru, au sein de la commune de Jatobá[1].
Dans son enfance et son adolescence, Binga participe activement au culte religieux de sa famille et de son village, accomplissant des pèlerinages et fabriquant des objets liturgiques[1].
Afin de subvenir aux besoins de sa famille, Binga travaille dans des foires pour vendre des produits pankaruru. Au marché de Paulo Afonso, elle rencontre des sympathisants de la cause indigène et des activistes d'autres nations autochtones. Elle s'implique de plus en plus dans la vie politique de son peuple et intègre le conseil tribal. En août 1983, elle se rend à Brasilia pour manifester avec 24 autres représentants pankaruru contre les impôts sur leurs cultures agricoles, et pour la démarcation de leur terres. Le colonel Roberto Guaranys le leur refuse. L'année suivante, en 1984, Binga retourne à la capitale avec quatre autres autochtones pour porter à nouveau leurs revendications. Elle rend visite aux Xucuru d'Ororubá à Pesqueira, aux Cambiuás d'Ibimirim, aux Potiguaras de Paraíba, et aux Pancararés, aux Cantarurés, aux Pancarus, aux Quiriris et aux Tuxás de l'Alagoas et de Bahia. En 1988, Binga dirige une révolte de 300 guerriers autochtones qui exigent que le Funai ne tombe pas sous la coupe de l'armée et que son dirigeant destitué, Walfredo Silva, soit remis dans ses fonctions. Les rebelles commandés par Binga prennent deux fonctionnaires en otage jusqu'à que ce que leurs demandes soient exaucées[2].
Durant la décennie des années 80, Binga gagne beaucoup en visibilité et devient une des interlocutrices principales des municipalités de Jatobá, de Petrolândia et de Tacaratu, ainsi que du gouvernement fédéral et de celui du Pernambouc. Elle est alors ciblée par plusieurs tentatives d'assassinat, et finit par se réfugier au siège de la Funai à Recife et chez Verônica Maria dos Santos à Tacaratu. En 1993, Binga devient conseillère au sein du Grupo Mulher-Educação Indígena (Grumin)[3].
Dans les années 1990, Binga mène la construction de deux infrastructures dans son village qui lui attirent particulièrement l'attention : une maternité et une crèche[4].
En 2003, lors de l'ancien Dia do Índio, Binga reçoit des hommages publics au Congrès national du Brésil de la part de Perpétua Almeida (en), Janete Capiberibe (pt) et Eduardo Valverde[5].
Postérité
La crèche fondée par Quitéria Binga dans les années 2000 porte son nom[6].
Avant sa mort, le poète Ariano Suassuna prévoyait d'écrire un livre sur la vie de Binga, qui avait été son amie[6].