Récit-cadre

récit dans lequel sont emboîtés un ou plusieurs autres récits From Wikipedia, the free encyclopedia

En narration, le récit-cadre ou récit enchâssant est un récit dans lequel sont emboîtés un ou plusieurs autres récits, dits « récits enchâssés », « récits encadrés »[1].

Le récit enchâssant, ou récit premier, qui n'est là que pour servir de cadre aux récits enchâssés, qui occupent (quantitativement) la place dominante, est un récit encadrant .

Dispositif

Le récit encadrant sert à poser dans un prologue les conditions de l'enchâssement, et agit comme prétexte en donnant les éléments de réponse suivants : qui parle et à qui, en quelle circonstance et en quel lieu. Dans le Décaméron, des personnages s'enferment dans une maison à l'abri de la peste et se racontent cent histoires, dans Les Mille et Une Nuits, Shéhérazade doit chaque jour inventer une nouvelle histoire liée à la précédente, sinon elle est exécutée par son maître, etc. Cette répétition incluant une variation obéit au principe de récursivité[2].

Lorsque le récit-cadre sert à mettre en place les conditions (matérielles et psychologiques) d'une réception confortable, on dit qu'il a une fonction phatique[3]. Ainsi, Balzac ou Maupassant mettent-ils parfois en scène, dans un bref prologue, des causeurs brillants et spirituels, qui ne tardent guère à se changer en narrateurs ; leurs récits, sollicités par un auditoire attentif, sont ainsi mis en valeur.

Le récit-cadre peut aussi avoir une fonction plus importante, de nature évaluative, lorsque le narrateur intradiégétique – à savoir le (ou les) auditeur(s) du récit enchâssé à qui l'on s'adresse dans le récit-cadre – apporte un commentaire à l'histoire qui vient d'être racontée, ce qui a (ou devrait avoir) pour effet d'orienter l'interprétation du narrataire extradiégétique, c'est-à-dire du lecteur.

Autre exemple : dans René (1802), Chateaubriand a situé le récit métadiégétique du héros dans un contexte de condamnation morale. René, après avoir raconté sa vie, est jugé sévèrement par un de ses auditeurs, qui lui reproche son endurcissement dans la mélancolie.

L'écrivain polonais Jean Potocki a écrit un roman aux multiples récits enchâssés, le Manuscrit trouvé à Saragosse (1797-1815) ; c'est aussi un exemple de mise en abyme, par le sens des histoires imbriquées et la dimension initiatique des récits.

Le jeu vidéo What Remains of Edith Finch adopte lui aussi une narration en récit-cadre.

Notes et références

Voir aussi

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