Référendum constitutionnel italien de 2026
référendum en Italie
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Le référendum constitutionnel italien de 2026 se tient le dimanche 22 et le lundi .
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| Référendum constitutionnel italien de 2026 | ||||||||||||||
| et | ||||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
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| Inscrits | 51 423 312 | |||||||||||||
| Approuvez-vous le texte de la loi révisant les articles 87, paragraphe 10, 102, paragraphe 1, 104, 105, 106, paragraphe 3, 107, paragraphe 1, et 110 de la Constitution, approuvé par le Parlement et publié au Journal officiel du 30 octobre 2025 sous le titre « Règles relatives au système juridictionnel et à l’établissement du Tribunal disciplinaire » ? | ||||||||||||||
| Pour | 46,76 % | |||||||||||||
| Contre | 53,24 % | |||||||||||||
| Participation | 55,69 % | |||||||||||||
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | ||||||||||||||
Il vise à réformer la justice[1] et notamment son indépendance[2].
Le « NON » l'emporte avec plus de 53 % des voix.
Contenu du référendum
En Italie, les juges et les procureurs font partie d'un seul corps de métier comprenant une gouvernance autonome et organisé en courants politiques[3]. Le référendum propose :
- la séparation des carrières de procureur et de juge ;
- un conseil supérieur de la magistrature pour chaque fonction, dont une partie serait désignée par tirage au sort pour limiter l'influence des courants ;
- la création de la Haute Cour disciplinaire composée de 15 membres, dont trois tirés au sort dans une liste proposée par le parlement et neuf dans une liste proposée par les magistrats[4],[5],[6].
Contexte
Contexte politique
Dans les années 1990, les controversées opérations Mains propres menées par la magistrature mettent au jour la corruption au sein des partis politiques et causent l'effondrement ou la dissolution de cinq d'entre eux, dont le Parti socialiste et la Démocratie chrétienne[6]. Cela bouleverse le paysage politique italien. Dans les années 2000, la réforme de la magistrature devient un combat de la droite et notamment de Silvio Berlusconi, qui dénonce un acharnement judiciaire à son encontre[5],[6],[7].
Le gouvernement des Frères d'Italie de Giorgia Meloni, au pouvoir depuis octobre 2022, bénéficie d'une longévité inhabituelle dans un pays connu pour son instabilité politique[4],[3]. Il rencontre l'opposition de la magistrature à plusieurs reprises, notamment sur le sujet des centres de rétention pour migrants ouverts en Albanie, où sont envoyés migrants illégaux et demandeurs d'asile. La justice italienne annule des dizaines de décisions d'expulsion[8]. Plusieurs membres du gouvernement ou hauts fonctionnaires, notamment la ministre du tourisme Daniela Santanchè, le sous-secrétaire d’État à la justice Andrea Delmastro, la cheffe de cabinet du ministre de la justice Giusi Bartolozzi, sont impliqués dans des affaires judiciaires[9].
Non soumis à un quorum, le référendum est vu par certains comme une mesure de la popularité du gouvernement avant les élections parlementaires de 2027[4],[5],[6]. En effet, l'échec du référendum constitutionnel italien de 2016 avait mené à la perte de popularité et à la démission de Matteo Renzi[6]. Giorgia Meloni annonce avant le référendum ne pas prévoir de démissionner en cas de défaite[4].
Initiation du référendum
Le , le projet de réforme constitutionnelle a été adopté, conformément à l'article 138 de la Constitution, deux fois à trois mois d'intervalle, par la Chambre des députés et le Sénat de la République[10]. Comme il n'a pas été approuvé à la majorité qualifiée des deux tiers lors de la deuxième lecture, il est possible d'organiser un référendum si 20 % des parlementaires d'une des deux chambres déposent une demande de référendum[10]. Cette condition ayant été remplie, la campagne pour le référendum commence le [10].
Campagne sur le référendum
Le gouvernement considère que la réforme soumise à référendum permettra plus d'impartialité de la justice et de dépolitiser la magistrature[5]. Les opposants à la réforme considèrent qu'elle conduirait à affaiblir la justice et l'équilibre des pouvoirs, sans résoudre les problèmes de lenteur, de surpopulation carcérale et de manque de moyens[4],[5]. Notamment, le cas échéant, la réforme pourrait permettre par la suite la création d'un lien de subordination entre les procureurs et l'exécutif[6],[4].
Les débats de la campagne montent progressivement en intensité. Giorgia Meloni décrit la magistrature comme un ennemi de l'intérieur, qualifiant les magistrats de « juges rouges » et d'« intellectuels de salon »[3],[6]. Elle déclare le qu'un échec du référendum permettrait la remise en liberté d'immigrés illégaux, des violeurs, des dealers et des pédophiles[3],[5]. Le ministre de la justice Carlo Nordio considère que le succès du référendum permettrait la fin des « mécanismes para-mafieux » présents dans le système judiciaire.
De l'autre côté, l'immense majorité des membres de l’Association nationale des magistrats s'opposent au référendum. Ils l'expriment lors d'une journée de grève en février[4]. Le procureur Nicola Gratteri, engagé dans la lutte contre la mafia calabraise et figure de proue du non, a déclaré que « Ceux qui voteront oui, ce seront les suspects, les mis en cause et les francs-maçons. »[11]
Alors que la campagne pour le référendum bat son plein, le , le quotidien Il Fatto quotidiano révèle que le député des Frères d'Italie Andrea Delmastro Delle Vedove a possédé des parts dans une entreprise fondée par une héritière de la mafia calabraise[3].
Dans les jours qui précèdent le référendum, les sondages donnent les deux camps au coude à coude[5]. La veille du vote, Le Monde fait état d'une polarisation très forte de la sphère politique italienne autour du scrutin, avec une campagne très tendue. Le vote se transforme au cours de la campagne en référendum pour ou contre la politique de Giorgia Meloni[12]. Cependant, celle-ci affirme avant le vote qu'elle ne quittera pas ses fonctions, quelle que soit l'issue du scrutin[13].
Déroulement
Les bureaux de vote ouvrent le dimanche pour deux jours. Les électeurs ont à leur disposition un bulletin unique, sur lequel ils doivent choisir entre deux options, « oui » (approbation du projet de réforme) et « non » (rejet du projet de réforme)[14].
La participation est plus élevée que pour les référendums précédents : à 19 h dès le premier jour, 38,9 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes, contre 16 % seulement pour un autre référendum en 2025[14].
Le « non » l'emporte avec 53,24 % des voix, contre 46,76 % en faveur du « oui »[15]. Le résultat est reconnu le jour même par le gouvernement Meloni[16].
Résultats
Résultat du référendum
| Choix | Votes | % |
|---|---|---|
| Pour | 13 251 399 | 46,76 |
| Contre | 15 084 720 | 53,24 |
| Votes valides | 28 336 119 | 98,94 |
| Votes blancs et invalides | 304 104 | 1,06 |
| Total | 28 640 223 | 100 |
| Abstention et taux | 22 785 522 | 44,31 |
| Inscrits / Participation | 51 425 745 | 55,69 |
Résultat par région

Conséquences de l'échec du référendum
À la suite de l'échec du référendum, Giorgia Meloni se trouve affaiblie. Elle ordonne la démission de la ministre du tourisme Daniela Santanchè impliquée dans de nombreux scandales. Celle-ci met plus de vingt-quatre heures à accepter de démissionner[9]. Giorgia Meloni mène également une purge au sein du ministère de la justice dès le lendemain du référendum[9].