Régime directorial
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Républiques
- Républiques à régime présidentiel
- Républiques à régime présidentiel liées à un régime parlementaire
- Républiques à régime semi-présidentiel
- Républiques à régime parlementaire (république parlementaire)
- Républiques où la constitution n'accorde le droit à gouverner qu'à un parti unique ou un parti dominant (État communiste)
- Monarchies constitutionnelles dans lesquelles le monarque n'exerce que peu ou pas le pouvoir (le monarque a souvent une autorité constitutionnelle et morale élevée)
- Monarchies semi-constitutionnelles dans lesquelles le monarque exerce la majorité des pouvoirs, souvent avec un parlement disposant de faibles pouvoirs
- Monarchies absolues
- Autres systèmes (gouvernements provisoires)
- Pas de gouvernement
Le régime directorial ou collégial est un régime politique dans lequel le pouvoir exécutif est confié à un groupe (collège) de membres qui l’exercent simultanément (collégialité)[1].
Les seuls États actuellement organisés de cette façon sont la Suisse et, dans une certaine mesure, Saint-Marin.
Dans le régime directorial, le pouvoir exécutif est réparti entre plusieurs personnes qui l'exercent simultanément. Ce groupe, qui forme un collège, possède donc simultanément et conjointement les attributs de chef de l’État et de chef du gouvernement. Vu la fragmentation du pouvoir, l'autorité et la force de l'exécutif sont beaucoup moins forte que dans un régime présidentiel. Si les directoires possèdent en général un président, il n'est souvent qu'un primus inter pares qui sert à représenter l'État.
Chaque membre du collège directorial gère en principe un ministère et possède des attributions précises. Toutefois, les décisions sont prises à la majorité et ensuite assumées par l'ensemble du groupe, qui fonctionne ainsi de façon collégiale. La grande force de ce système est d'éviter une concentration du pouvoir pouvant mener à une dictature : c'est d'abord pour cela qu'il est mis en place en France à la suite de la Terreur. Le collège permet aussi une meilleure représentation des minorités si la composition du pays est très diverse, et assure que la ligne politique choisie sera toujours une ligne de concordance.
Le premier exemple moderne de régime directorial est celui qu'instituent les frondeurs à la suite de la seconde défenestration de Prague, en 1618. Ce directoire (de) de la Confédération de Bohême (de) était composé de 30 nobles, qui se répartissaient les différentes tâches sans véritable organisation.
Aux États-Unis naissant, le modèle d'organisation posé par la Constitution pennsylvanienne de 1776 (en) instaure comme chef du gouvernement un conseil exécutif suprême (en) de 12 membres, avec un président agissant comme primus inter pares.
En France, la Convention thermidorienne s'inspire de cette solution pour mettre en place le Directoire. Afin d'éviter la concentration du pouvoir dans les mains d'une seule personne, celui-ci est divisé entre 5 directeurs nommés par le législatif. Les directeurs contrôlent l'application des lois via la nomination de commissaires et sont assistés chacun de ministres qu'ils nomment eux-mêmes. Ce régime essaime en Europe dans les régions conquises par les révolutionnaires français.
En Suisse, le Directoire de la République helvétique est rapidement renversé. Inspirée par le directoire et des pratiques répandues dans certains cantons et communes, la Constitution fédérale de 1848 place le pouvoir exécutif de l'État fédéral dans les mains d'un Conseil fédéral formé de 7 membres. Ce système perdure encore aujourd'hui.
Le régime directorial apparaît sporadiquement au cours du XXe siècle. En 1918, lors des troubles conséquents à la révolution russe, l'Ukraine voit pendant une brève année son gouvernement prendre la forme d'un directorat. En Amérique latine, le Conseil national du gouvernement, composé de 9 membres, gouverna l'Uruguay de 1952 à 1967. Un exécutif à fonctionnement collégial est aussi adopté en Yougoslavie après 1974.
