Népotisme

tendance de certains dirigeants d’institutions à favoriser l’ascension des membres de leurs familles dans la hiérarchie qu’ils dirigent, au détriment des processus de sélection ordinaires, du mérite et de l’intérêt général From Wikipedia, the free encyclopedia

Le népotisme est la tendance de certains supérieurs ecclésiastiques, évêques et papes, et par extension de certains dirigeants d'autres institutions, à favoriser l'ascension des membres de leur famille, ou plus généralement de leur cercle rapproché, dans la hiérarchie qu'ils dirigent, au détriment des processus de sélection ordinaires basés sur le mérite. C'est le principe des monarchies héréditaires et d'un certain nombre de dictatures.

Le pape Alexandre VI (1492-1503) : Borgia qui nomma son fils César Borgia cardinal à l'âge de 18 ans

Par extension, le terme désigne une tendance à accorder des avantages à des relations, des amis proches, voire à des membres d'un groupe d'origine, ethnique ou religieux commun[1], indépendamment de leurs qualités [2]. Il est alors synonyme de favoritisme ou de copinage.

Étymologie

Le terme a été emprunté en 1653 à l'italien nepotismo, lui-même dérivé de nipote qui signifie « neveu », par référence au favoritisme accordé par un pape à l'un de ses neveux par la cession indue de titres ecclésiastiques ou de donations réservés au Vatican[3] (cf. cardinal-neveu). Mais souvent à cette époque, le terme est un euphémisme et les « neveux » sont les propres enfants des ecclésiastiques ; Savonarole prêchait ainsi contre l'Église de Rome en 1497 : « autrefois, si les prêtres avaient des fils, ils les appelaient leurs neveux ; maintenant on n'a plus de neveux ; on a des fils, des fils tout court. »[4]

Papes

Dans le contexte de la curie romaine, le népotisme a trouvé sa réalisation la plus emblématique dans le phénomène des cardinaux-neveux[5].

Parmi les papes ayant pratiqué le népotisme, on peut citer :

L'historiographie distingue traditionnellement deux périodes :

Politique

En politique, le népotisme est caractérisé par les faveurs qu’un individu au pouvoir montre envers sa famille ou ses amis, sans considération du mérite ou de l'équité, de leurs aptitudes ou capacités. On distingue généralement le népotisme de la transmission héréditaire du pouvoir ou de l'hérédité des offices. L'ONG Transparency International l'assimile à la corruption[6].

Selon Max Weber, les structures bureaucratiques doivent permettre de faire disparaître le népotisme des gouvernements de type traditionnel[7].

La pratique népotique peut être totalement légale ou interdite selon les pays ou les législations. Au-delà du cadre légal, elle peut être aussi d'ordre culturel[8],[9]. Selon la politologue Armelle Le Bras-Chopard, cette pratique peut être motivée par l'aspect financier ou par la meilleure confiance et efficacité d’une relation de travail avec un proche mais elle « traduit la trop grande collusion et le trop grand népotisme qui règnent dans la classe politique »[10].

Notes et références

Annexes

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