Rémy Rioux

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Rémy Rioux est un haut fonctionnaire français. Depuis le , il est directeur général de l'Agence française de développement[1]. Il est également, depuis 2020, président de Finance en Commun[2].

Origines et formation

D'origine corrézienne[3], Rémy Rioux est né le 26 à Neuilly-sur-Seine. Il est le fils d'Hélène[4] et Jean-Pierre Rioux[5].

Bachelier en 1986, il obtient une maîtrise d’histoire à l’université Paris I[6] puis un DEA à l'École des hautes études en sciences sociales[7],[8]. Lors de ses travaux universitaires, il s’intéresse aux historiens Gabriel Monod puis Jules Michelet sous la direction d’Alain Corbin et de Pierre Nora[9].

Entre 1988 et 1993, il est également élève à l'École normale supérieure et à l'Institut d'études politiques de Paris[5] (1992, Service public). Il intègre l'ENA dans la promotion Marc-Bloch en 1995 après une année de service national au sein de la Gendarmerie nationale[10].

Carrière professionnelle

A la Cour des comptes

De 1997 à 2000 et de 2002 et 2004, Rémy Rioux est auditeur à la Cour des Comptes et exerce des missions de contrôle dans les secteurs de l’énergie, de la défense, de l’industrie, du commerce extérieur et des organismes publics industriels[11].

Au ministère de l'Intérieur

En 2000, il devient conseiller budgétaire du ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant[12], et est notamment chargé de la gestion du ministère et du passage à l’euro[12].

Au ministère de l’Économie

De 2004 à 2007, il est chef du bureau "Coopération monétaire et développement avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique" à la Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE)[5]. Il est notamment chargé du suivi des relations avec les pays africains et des affaires de la Zone franc[13]. À l’occasion de la présidence française du G20, il place la question des infrastructures et du développement à l’agenda international[14]

En 2007 il intègre l’Agence des participations de l'État comme directeur des participations "Transports et Audiovisuel"[15]. Il a été administrateur de différentes entreprises (SNCF, RATP, ADP, Renault, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, le Grand Port Maritime du Havre).

En 2012, Rémy Rioux devient directeur de cabinet de Pierre Moscovici, alors ministre de l’économie, des finances et du commerce extérieur[5]. Il s’occupe de la réforme fiscale ainsi que du traitement de nombreux dossiers financiers et industriels (BPI France, Dexia, PSA-Dongfeng, STX, etc.)[16].

Au ministère des Affaires étrangères

En 2014, Laurent Fabius le nomme secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du Développement international[17]. Il contribue à la réforme des opérateurs et des instruments financiers au service du commerce extérieur, du tourisme et de l’attractivité du territoire[18]. Il défend ainsi la politique de diplomatie économique impulsée par le ministre.

En 2015, il coordonne l’agenda "finance" de la COP21 avec l’équipe de négociation française conduite par Laurence Tubiana[19].

En 2015, François Hollande, président de la République, le charge d’une mission de préfiguration de la réforme qui permettra de rapprocher l’AFD de la Caisse des dépôts et consignations[20], mais le projet est finalement abandonné[21]. Toutefois, pour Rémy Rioux, il existe toujours des "synergies à créer entre l'AFD et la Caisse des dépôts et consignations"[22].

À l’Agence Française de développement

Le , Rémy Rioux est nommé directeur de l’Agence française de développement par décret, avec une prise de fonction effective le [23] en remplacement de Anne Paugam. Il est reconduit dans ses fonctions en mai 2019[24] puis en septembre 2022[25].

Sous sa direction, les engagements du groupe AFD passent de 8,3 milliards d'euros en 2015[26] à 13,7 milliards d'euros en 2025[27]. L'activité du groupe est alignée sur les objectifs de l'Accord de Paris[28],[29] et sur les objectifs de développement durable des Nations Unies[30].

En début d'année 2022[31], il concrétise la création du groupe Agence française de développement (AFD), regroupant l'AFD, Proparco et Expertise France[32] prévue par la loi de programmation du 4 août 2021 relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales[33].

Sur le plan organisationnel, il promeut une approche "tout Afrique" afin de "cesser de couper l'Afrique en deux" entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne[34], crée un département des "Trois océans" qui regroupe les territoires ultramarins et les États voisins"[35] et ouvre de nouveaux mandats géographiques dans le voisinage européen, en Ukraine et en Moldavie notamment[36]. En Afrique, il inaugure la réouverture du bureau de l'Agence française de développement à Kigali en avril 2022[37] et annonce des investissements de l'AFD dans le Sahara occidental en mai 2025[38].

Entre 2017 et 2023, il préside l'International Development Finance Club (IDFC)[39] qui rassemble 26 banques de développement nationales et régionales engagées en faveur de l’alignement des flux financiers vers les objectifs du développement durable (ODD)[40].

Depuis sa création en 2020, Rémy Rioux préside le système Finance en commun[2] qui regroupe 536 banques publiques de développement[41] autour d'objectifs communs liés au développement durable et à la lutte contre le changement climatique[42]. Finance en commun représente 2 500 milliards d’investissements annuels[43], soit près de 15% de l’investissement mondial[44]. En prévision de la 4eme conférence internationale pour le financement du développement durable[45] de Séville en juillet 2025[46], il est mandaté par le secrétariat général des Nations Unies pour travailler sur la mobilisation des banques publiques de développement[47] dans l’architecture financière internationale[48].

A l'occasion du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial[49] à l'été 2023[50], il fonde avec six organisations internationales basées à Paris l'initiative "Dialogue de Paris" en faveur développement durable[51]. En juillet 2025, à l'occasion de la 4eme conférence internationale pour le financement du développement durable[45] il signe avec les membres de cette initiative, Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Philippe Varin, secrétaire général de la Chambre internationale de commerce et Carlo Monticelli, gouverneur de la Banque de développement du Conseil de l'Europe un "appel au financement du développement durable[52].

Au printemps 2024, il inaugure le Campus groupe AFD à Marseille qui propose des offres de formation ouvertes aux acteurs de la solidarité internationale et du développement durable[53].

En prévision des Jeux Olympiques de Paris 2024, Rémy Rioux est mandaté par le président de la République, Emmanuel Macron, et le Président du Comité international olympique, Thomas Bach, pour organiser le premier sommet international[54] en faveur du sport pour le développement[55]. Organisé la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques au Carroussel du Louvre, le sommet réunit plus de 500 participants, dont 51 chefs d’État et de gouvernement, des dirigeants d’organisations internationales, athlètes, représentants du mouvement sportif (fédérations françaises et internationales, mouvement olympique, associations et entrepreneurs) et acteurs du financement du sport et du développement[56].

Prises de position

Rémy Rioux défend l'approche de la politique internationale de la France en "3D" alliant "défense, diplomatie et développement[57] et plaide pour le passage d'une logique "d’aide publique au développement" à une logique "d’investissement solidaire et durable"[58] fondée sur "le respect, la réciprocité et la capacité à mobiliser concrètement l’ensemble de la finance, publique et privée, vers des transitions justes et durables partout dans le monde"[59].

Il incite à "cesser d’opposer climat et développement"[60] et considère que ''si l’aide au développement doit être réinventée, la coopération internationale ne peut être interrompue"[61]. Il alerte sur les impacts de la baisse du budget alloué à la solidarité internationale[62] et invite à avoir "un débat public sur notre relation avec le reste du monde"[63].

Il défend l’idée selon laquelle "la Françafrique survit avant tout dans l'esprit de ceux qui la dénoncent"[64]. Il invite à "regarder l'Afrique avec un regard neuf"[65] et à "sortir de nos têtes l’idée qu’on pourrait développer un pays de l’extérieur"[66]. Il considère que "nous sommes en train de changer la forme de notre relation et de sortir du moule fixé après les indépendances, aujourd’hui dépassé"[67] et que "nous ne parviendrons à renforcer les liens entre l'Afrique et l'Europe qu'en luttant contre les préjugés qui distordent la réalité du continent africain et, partant, nous en éloignent"[68].

A l'occasion des débats sur la loi immigration discutée au Parlement en fin d'année 2023, il affirme que "la seule réponse durable au problème migratoire, c’est le développement des pays du Sud"[69].

Début décembre 2025, Le Parisien révèle que le président de la République Emmanuel Macron envisage de nommer Rémy Rioux en remplacement de Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes[70]. Quelques jours plus tard, parait un article critique sur la gestion par Rémy Rioux de l'Agence française de développement dans le Canard enchainé[71] auquel il répond dans Le Parisien[72].

Décorations

Ouvrages

Publications scientifiques

Notes et références

Liens externes

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