Réserves biologiques en France
type d'aire protégée française située en forêt
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Une réserve biologique est, en France, un type d'aire protégée située en forêt, ayant pour objectif de protéger des habitats ou espèces particulièrement représentatifs du milieu forestier et/ou vulnérables[1]. On distingue deux types de réserves biologiques :
- les réserves biologiques intégrales, dans lesquelles la végétation est laissée en libre évolution ;
- les réserves biologiques dirigées, qui sont gérées.

Elles ont un statut distinct de celui des réserves intégrales de parc national.
Histoire
Bien qu’il ait existé depuis longtemps des forêts royales théoriquement mieux préservées, et des lois capables de protéger les sites et grands paysages, le besoin d’un outil plus adapté s’est fait pressant alors que le public, les ONG et les scientifiques exigeaient une meilleure protection des reliques de naturalité forestière et de certaines espèces forestières en forte régression. La première réserve forestière véritable a été créée en forêt de Fontainebleau, en 1861, pour des raisons d’abord paysagères, sous l'impulsion des artistes de l'école de Barbizon. C'était la première réserve naturelle au monde (avant le parc national de Yellowstone aux États-Unis).
Les premières réserves biologiques avec un but uniquement scientifique, non plus de production, ont été instituées en forêt de Fontainebleau en 1953[2].
Les RBD sont depuis 1981 cadrées par la convention (tripartite) générale du , liant les ministères de l'environnement et de l'agriculture et l'ONF[3]. Deux instructions sont venues préciser la convention, une le sur les réserves biologiques dirigées et séries d'intérêt écologique particulier ; puis une le sur les réserves biologiques intégrales.
En 2007, il existait 228 réserves biologiques[4], soit :
- 205 réserves en Hexagone : 37 intégrales, 154 dirigées, 14 mixtes ;
- 13 en Outre-mer: 6 intégrales, 6 dirigées et 1 mixte.
En 2025, selon la ministre Agnès Pannier-Runacher, il existe 277 réserve biologiques dont 95 réserves biologiques intégrales et 181 réserves biologiques dirigées. Elles s'étendent sur un total d'environ 133 000 ha[5]. Ainsi les réserves biologiques représentent, environ, 2,3 % de la forêt en métropole[6]. En juin 2026, la publication de neuf arrêtés ministériels portant sur la création ou l'extension de réserves biologiques intègre 157 000 hectares de forêts supplémentaires au réseau national[7].
Statut
Les RB sont créées pour une durée illimitée ; chaque révision d'aménagement de la forêt doit donc en tenir compte et tenir compte des réorientations éventuelle du « plan de gestion » de la réserve.
L’acte juridique fondateur est un arrêté conjoint des ministres chargés de l'environnement et de l'agriculture.
Catégories règlementaires
Il existe deux catégories de réserves biologiques[8] :
- Réserve biologique dirigée où une gestion active est réalisée, il s'agit généralement de maintenir ouvert des milieux d'intérêt, de lutter contres des espèces envahissantes ou de restaurer des zones humides ;
- Réserve biologique intégrale vise à laisser s’exprimer la dynamique naturelle et spontanée des habitats, dans un objectif de recherche scientifique et de conservation de la biodiversité (invertébrés et autres organismes saproxylique en particulier, qui nécessitent une quantité importante de bois mort, d'essences et d'âges variés). Toutes les opérations sylvicoles y sont interdites (sauf cas particulier d'élimination d'essences exotiques invasives ou de sécurisation des voies de circulations).
Statut foncier
Les réserves biologiques sont situées dans des forêts relevant du « régime forestier », qui ont donc un plan simple de gestion. Il peut s'agir de forêts appartenant à l'État, à des collectivités territoriales (communes, départements, régions) ou à des établissement publics (conservatoire du littoral ...).
L'adjectif « domaniale » (RBD) indique que la réserve biologique est située sur un terrain dont l'État est propriétaire (voir l'article Domaine public en droit public français pour plus de détails).
Objet de la protection
Les réserves biologiques protègent tout type de forêt, elles sont cependant davantage présentes dans le sud de la France, les Alpes et les Vosges.
Les réserves biologiques intégrales se veulent représentatives de la diversité des milieux forestiers[8].
Les réserves biologiques dirigées sont plus orientées vers la conservation des milieux ouverts comme des tourbières, pelouses, landes, ou zones humides[8] : on peut en particulier citer la mare à Goriaux, en forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers dans le parc naturel régional Scarpe-Escaut, où une mare s'est transformée en un vaste étang (en quelques décennies), à la suite d'un affaissement minier, en inondant et noyant la forêt. L'étang a été classé réserve ornithologique en 1968[9] puis en réserve biologique domaniale en 1982 sur 112 hectares[10], en ajoutant le pourtour de l'étang sur 50 mètres, et le terril, avec une zone tampon dite « zone de silence » en périphérie, soit au total 270 hectares.