RPV-16
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Le RPV-16 est un lance-roquettes unitaire, tirant une roquette de calibre 93 mm à ogive thermobarique. De ce fait, il est parfois désigné à tort comme un « lance-flammes »[1]. Il a été développé par l’Institut de recherche scientifique d’État pour les produits chimiques, une filiale de l’entreprise d’État Ukroboronprom. Son existence a été officiellement dévoilée en juillet 2017[2] et il est produit en Ukraine depuis 2018[3]. C’est la version ukrainienne du lance-roquettes de 93 mm soviétique (puis russe) RPO-A Chmel[1],[3].
| RPV-16 | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type | Lance-roquettes thermobarique |
| Pays d'origine | |
| Date de création | 2016 à 2018 |
| Fabricant | GNIIHP |
| Période de production | depuis 2017 |
| Quantité produite | 618 et plus |
| Utilisateur(s) | |
| Caractéristiques | |
| Longueur | 950 mm |
| Masse (non chargé) | 11 kg |
| Masse (chargé) | 15 kg |
| Munitions | roquette de 93 mm tête thermobarique et à fragmentation |
| Capacité | 1 |
| Portée maximale | 1000 m |
| Portée pratique | 600 m |
| modifier |
|
Conception
L’arme se compose d’un conteneur de lancement (un tube en plastique qui agit comme un canon), hermétiquement scellé avec des couvercles aux deux extrémités. Sous ce conteneur de lancement se trouve une poignée de pistolet avec un mécanisme de mise à feu[3]. Le mécanisme de lancement du RPV-16 est conçu pour plusieurs tirs, tandis que le tube de lancement est à usage unique[4]. L’arme a une longueur de 950 mm, une largeur de 140 mm et un poids de 15 kg[5] (11 kg selon d’autres sources), ce qui le rend relativement aisément portable par un soldat. Le diamètre interne du tube de lancement est de 93 mm[6].
Le RPV-16 tire une munition dotée d’un moteur-fusée avec une ogive thermobarique remplie d’un mélange incendiaire et d’un détonateur[3]. La charge explosive est de 2,1 kg[1]. La portée pratique est de 600 mètres[4],[6] (selon d’autres sources, seulement 500 m[5] voire seulement 300 m[2]) en tir direct en utilisant le viseur dioptrique standard[6]. La distance d’engagement maximale est de 1000 m[4],[6],[2],[7],[8].
Lors de la détonation, l’ogive disperse un nuage d’aérosol hautement inflammable d’environ 7 à 8 mètres de diamètre composé d’un fin brouillard de carburant en microgouttelettes (ou microparticules). Une petite charge explosive déclenche l'explosion 0,2 seconde plus tard. Ce nuage s’enflamme au contact de l'oxygène de l’air, créant une boule de feu fulgurante dont la température de combustion atteint 2500° C. La chaleur intense et l'onde de choc ne sont pas l'effet le plus dangereux : c’est la surpression. Toute personne située en dehors de l'explosion mais dans la zone d'effet (un rayon de 50 mètres) peut subir des hémorragies internes, d'importants dégâts aux poumons ou des fractures. Le danger pour le personnel reste important jusqu’à une distance de 70 à 80 mètres de l’épicentre de l’explosion. La surpression et le souffle thermique sont particulièrement dévastateurs dans les espaces clos, en infligeant aux personnes des lésions encore plus importantes, ce qui rend l’arme thermobarique très efficace dans les milieux urbains ou fortifiés, nettoyant efficacement les bâtiments, bunkers ou tranchées[1],[4],[6],[7],[8]. Le RPV-16, selon le site ukrainien Militarnyi, « aspire littéralement l’air de tout être vivant à proximité »[7]. C’est pourquoi il se situe au croisement du lance-flammes et du lance-roquettes[5],[7]. Les munitions sont également à fragmentation, ce qui améliore encore sa létalité contre les troupes ennemies[6],[7]. Le RPV-16 délivre une puissance de feu équivalente à celle d’un obus d’artillerie de 122 mm[6],[8].
Utilisation
Le recours de l’Ukraine aux armes thermobariques fait suite à leur utilisation par la Russie dès le début de la guerre russo-ukrainienne. Ces armes sont très controversées, mais ne sont pas prohibées par les conventions internationales. Leur utilisation doit cependant rester encadrée, face aux risques encourus par la population civile[7]. Le RPV-16 est conçu pour fournir un soutien aux unités d’infanterie et de reconnaissance. Il est utilisé par les forces de défense nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC) des Forces armées ukrainiennes. Habituellement, ces forces NRBC sont censées fournir une protection contre les armes de destruction massive. Cependant, il y a des moments où ces unités sont également impliquées dans le combat contre les troupes ennemies[4].
Le RPV-16 est conçu pour neutraliser le personnel ennemi, les positions fortifiées et même les véhicules non blindés ou légèrement blindés[6],[8],[7],[2],[9],[10],[11] voire contre des véhicules blindés, mais uniquement quand les trappes et portes sont ouvertes. Étant donné l'intensité de l'explosion, il peut également être utilisé pour enflammer des installations stratégiques, voire des dépôts de munitions ou de carburant[1] ou pour la destruction de bâtiments et de structures en pierre de taille, brique ou béton[2].
De fait, les armes thermobariques comme le RPV-16 sont avant tout utilisées contre des fantassins ennemis en milieu fermé, comme des tranchées, bunkers ou bâtiments[1]. Le RPV-16 est le plus efficace lors des combats urbains, en faisant exploser toutes les troupes ennemies à l’intérieur d’une fortification. Les soldats ukrainiens disent qu’après que la munition a touché un bâtiment, le toit s’envole, ne laissant aucune chance de survie à quiconque se trouvait à l’intérieur. L’armée ukrainienne prouvé son efficacité lors de la bataille pour la ville de Lyman, dans l’Est de l’Ukraine, à l’automne 2022. De plus, le maniement cette arme est facile à apprendre pour les troupes spécialisées dans la manipulation de lance-grenades[4]. Le RPV-16 offre un avantage significatif dans la guerre urbaine. Sa capacité à créer un mur de feu peut être utilisée pour nettoyer les bâtiments, fournir une couverture aux troupes qui avancent ou pour forcer l’ennemi à évacuer, ce qui en fait un atout précieux dans les opérations offensives ou défensives[5].
Historique
En juillet 2017, la démonstration d’un prototype du RPV-16 de 93 mm a été présenté sur un site d’essai dans la région de Tchernihiv. En novembre-décembre 2017, l’Institut de recherche scientifique de produits chimiques de l’État de Chostka a conclu des contrats avec des entreprises sous-traitantes pour la fabrication des composants destinés à la production du RPV-16. Le 26 février 2018, un brevet a été délivré pour la fusée du RPV-16. Le 10 avril 2018, un brevet a été déposé pour la conception du RPV-16. Le 20 juillet 2018, il a été annoncé que GNIIHP était prête pour la production de masse du RPV-16. En novembre 2018, l’entreprise a annoncé son intention de développer un simulateur pour former le personnel militaire au maniement et à la mise à feu du RPV-16. Le 26 décembre 2018, le service de presse du groupe Ukroboronprom a rapporté que le RPV-16 avait commencé à entrer en service dans les forces. Selon les données officielles du ministère de la Défense de l'Ukraine, 618 unités ont été remises aux troupes[3].
Plate-formes
- Sur terre : le véhicule terrestre sans pilote (UGV) Krampus[6],[11],[8],[9],[10] est armé de 4 lance-roquettes RPV-16.
- Sur mer : le drone de surface naval (USV) Sea Baby[12] est armé de 6 lance-roquettes RPV-16[1].