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Rabeya Müller

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Nom de naissance
Rosel MüllerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Rabeya Müller
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Biographie
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Rosel MüllerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Rabeya Müller, ou Rabeya Müller-Haque, née en à Mayen et morte le à Cologne, est une érudite allemande, théologienne musulmane libérale, imame et éducatrice religieuse.

Elle travaille dans le domaine de l'éducation religieuse, développe des théories pédagogiques et des concepts d'enseignement, et dirige pendant de nombreuses années l'Institut de pédagogie et de didactique interreligieuses.

Rabeya Müller est une pionnière du féminisme musulman en Allemagne et figue parmi les premières femmes imames du pays.

Jeunesse et conversion

Rosel Müller est née en 1957 à Mayen[1]. Elle vit avec sa mère célibataire et des grands-parents qui ont souffert des persécutions nazies[2]. Elle fréquente un lycée catholique traditionnaliste à Vallendar et s'engage déjà dans le mouvement féministe[1]. Née dans la religion catholique, elle s'intéresse et étudie le protestantisme, le bouddhisme, l'hindouisme et le judaïsme pour, finalement, se convertir à l'islam à la fin des années 1970, une époque où cette religion est encore méconnue. « La relation entre Dieu et l'humanité m'a profondément marquée, un aspect de l'islam que j'ai trouvé fascinant : l'idée qu'il n'y a pas besoin d'intermédiaire entre Dieu et les hommes, mais qu'il existe une connexion directe… et ce concept constant de justice, toujours associé à la miséricorde, existe certes dans d'autres religions, mais je trouve, et je trouve encore, qu'il est formulé très clairement et explicitement dans le Coran. ». Elle prononce sa profession de foi à la Mosquée centrale de Londres, et prend le nom de Rabeya Müller[1][3][2].

Après des études en sciences de l'éducation et en études islamiques à l' Université de Cologne sous la direction d'Abdoldjavad Falaturi (de) et en ethnologie en Allemagne, au Canada et en Asie, elle publie ses premiers écrits sur l'islam et la condition féminine[2].

Rabeya Müller-Haque est mariée et a un fils[4].

Imame

Rabeya Müller est cofondatrice et imame de la Communauté musulmane de Rhénanie et membre de la Fédération islamique libérale, une organisation musulmane libérale en Allemagne[5] [6][7]. A propose de sa position d'imame, elle déclare : « Tout dépend de ce que l'on entend par ce terme. Il est vrai que je dirige des prières mixtes dans notre communauté, que j'assure un accompagnement pastoral et que je célèbre des mariages ; ce sont là, logiquement, les devoirs d'un imam. »[3].

S'inspirant d'Amina Wadud aux États-Unis, elle défend l'imamat féminin et déplore le faible nombre de femmes imames. « Théologiquement, rien n'empêche les femmes d'occuper cette fonction. » mais les femmes qui étudient la théologie islamique en Allemagne ne sont pas encouragées à devenir imames[8][3].

Elle est co-créatrice du Conseil des religions de la ville de Cologne, récipiendaire du Taler de Rhénanie et contribue à l'initiative « Cologne contre le racisme »[6].

Dialogue interreligieux

Rabeya Müller joue un rôle important dans le dialogue interreligieux en Allemagne et, en particulier, dans le développement du dialogie islamo-chrétien[9]. Elle participe activement à de nombreux événements interreligieux dans toute l'Allemagne et collabore à l'Académie Melanchthon où elle particpe notamment au projet Schrift.Gespür (Sensation d'écriture) conçu par une rabbine, une imame et deux théologiennes chrétiennes[6][10].

Durant plusieurs années, elle dirige l'Institut d'éducation et de didactique interreligieuses (Institut für interreligiöse Pädagogik und Didaktik) et y supervise la création d'une importante collection de publications. Dans ce cadre, elle enseigne aux jeunes et aux adultes une conception contemporaine de la religion, du respect mutuel et de la cohésion sociale[3][2][11].

Elle est aussi la première porte-parole d'Iinterreligiones –Forum für interreligiöse Bildung (Forum pour l'éducation interreligieuse),

Centre de recherche et d'émancipation des femmes musulmanes

Elle cofonde le Centre de recherche et d'émancipation des femmes musulmanes (de) (ZIF) à Cologne afin de rassembler des femmes partagen-ant les mêmes idées. Le centre conseille les femmes musulmanes en difficulté, y compris les victimes de violences conjugales, et milite pour une lecture et une interprétation du Coran qui respectent l'égalité des sexes. Il publie également des études sur la situation des femmes musulmanes[2][3].


Autrice

Rabeya Müller apporte une contribution significative à l'enseignement religieux musulman.

Avec la militante Lamya Kaddor, elle participe à l'élaboration de manuels scolaires pour l'enseignement religieux islamique, un sujet en pleine expansion dans les écoles publiques allemandes. En 2009, le manuel Saphir 5/6, rédigé en collaboration avec Lamya Kaddor et Harry Harun Behr (de), reçoit le Prix du meilleur manuel scolaire européen 2009 à la Foire du livre de Francfort. Le jury se déclare « sensible à sa présentation de l'islam, de façon compréhensible et claire ». Publié en août 2008, cet ouvrage est le premier manuel d’études islamiques en langue allemande destiné aux écoles publiques. Il est également le premier manuel sur ce sujet approuvé par les ministères de l’Éducation des Länder allemands. Depuis 2008, il est utilisé en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Bavière, en Basse-Saxe et à Brême. Publié par Kösel Verlag (de) à Munich, il bénéficie de la contribution de nombreux enseignants et spécialistes de l’islam[8][12].

Autres engagements (non exhaustif)

Rabeya Müller est présidente de l' Initiative de la Conférence des femmes théologiennes européennes (Initiative Konferenz europäischer Theologinnen), membre du conseil consultatif de l'École internationale de la paix (Internationale Friedensschule) de Cologne, membre de la Commission pour l'éducation religieuse islamique, membre du conseil consultatif de la « Chaire de religion de l'islam » du Centre pour les études religieuses (de) de l' Université de Münster, membre de la Conférence mondiale des religions pour la paix, membre du Forum chrétien-islamique de la Société chrétienne-islamique (de).,


Fin de vie

Rabeya Müller décède à Cologne, le 19 février 2024, des suites d'une longue maladie, à l'âge de 67 ans[10]. Elle est inhumée le 22 février 2024, selon le rite musulman au cimetière du sud de Cologne-Zollstock[2].


Prises de position

Un islam libéral

Rabeya Müller défend une interprétation libérale de l'islam. Elle célèbre des mariages mixtes - entre musulmans et non musulmans -, soutient les croyants confrontés à des situations difficiles en raison de leur orientation sexuelle, de leur homosexualité ou de leur identité transgenre[3][2].

Rabeya Müller et Lamya Kaddor cofondent la Fédération islamique libérale (de) (LIB), une petite association gérant quatre mosquées dans différentes villes allemandes. Cette association et ses membres font l'objet de menaces de mort provenant aussi bien de musulmans radicaux que de l'extrême droite allemande[8].

Cependant, Rabeya Muller, tout comme Lamya Kaddor, est critique par rapport à l'initiative de Seyran Ateş d'ouvrir une mosquée ouverte à tous les courants de l'islam. Elles se démarquent également de certaines déclarations de cette dernière[8].

Un féminisme musulman

Rabeya Müller est considérée comme une des pionnières du féminisme musulman en Allemagne. « Le féminisme musulman est une approche non genrée, orientée vers la religion. Nous puisons l'impulsion nécessaire à la mise en œuvre de cette vision non genrée dans la religion, et plus précisément dans le Coran. »[1]

Elle admet que l'égalité des droits est un problème pour les musulmans, même si des progrès ont déjà été réalisés. Cependant elle estime que les autres communautés religieuses et la société dans son ensemble ont toutes un long chemin à parcourir en matière d'émancipation[3].

En 2005, elle publie un court traité intitulé armi ses publications les plus remarquables figure un court traité novateur intitulé Ein einziges Wort und seine große Wirkung (Un seul mot et son grand impact), dans lequel elle analyse la formulation de la sourate 4, verset 34, concernant les femmes : « Les hommes ont autorité sur les femmes, [...] et frappez-les. ». Elle démontre les multiples interprétations possibles d'un seul verbe arabe, généralement compris comme « frapper » et conclut qu'il s'agit d'une compréhension patriarcale erronée du texte[13][2].

Elle plaide pour une vie quotidienne musulmane inclusive, moderne et authentique pour tous[10].

À la lumière du débat sur la circoncision qui a débuté en 2012, Rabeya Müller déclare au 99e Congrès catholique allemand (de) en 2014 : « Les religions doivent accepter les questions, apprendre à les traiter et ne pas toujours les percevoir comme une offense. »


Distinctions


Le 15 novembre 2017, l' Académie européenne des sciences et des arts décerne à Rabeya Müller, Avishay Braverman (de) et Mitri Raheb les Anneaux de la tolérance, inspirés de la parabole de l'anneau de Lessing, à des représentants des trois religions abrahamiques afin de promouvoir la justice et la tolérance entre le christianisme, le judaïsme et l'islam.

Elle est récipiendaire de la Médaille de Rhénanie[14].

récipiendaire du Taler de Rhénanie[6]

Publications

Voir aussi

Notes et références

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