Radio Bienvenue Strasbourg
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Radio Bienvenue Strasbourg (RBS) est une radio locale associative française, qui émet sur Strasbourg depuis 1979. D’abord radio pirate, elle obtient sa première autorisation officielle d’émettre en mars 1982 sur la bande FM. Gérée par l'association APRODIL, elle est aujourd'hui un acteur incontournable de la culture hip-hop et des musiques actuelles en Alsace. RBS se distingue par son engagement auprès des jeunes, des artistes émergents et des communautés culturelles locales.
| Pays | France |
|---|---|
| Siège social | Strasbourg |
| Propriétaire | Association APRODIL |
| Slogan | Live and di' |
| Langue | Française |
| Statut | Association |
| Site web | http://www.radiorbs.com |
| Création | 1979 |
|---|---|
| Dates clés |
1979 : Début des émissions clandestines (radio pirate). 1981 : Première diffusion sous le nom Radio Bienvenue Strasbourg. Mars 1982 : Obtention de l’autorisation officielle d’émettre sur la bande FM. |
| FM | 91.9 FM |
|---|
| Streaming | Oui |
|---|---|
| Podcasting | Oui |
1979
Naissance de RBS comme radio pirate. À l'époque, elle émet clandestinement depuis le quartier de Cronenbourg à Strasbourg, portée par des étudiants et militants associatifs. Fondée en 1979 comme radio libre, ses créateurs d'ex-soixant'huitards, traqués par la police, émettent avec un râteau en guise d'antenne dans une vieille camionnette garée en haut du Mont Sainte Odile[1]
Les premières émissions ont lieu les mercredis soirs à 20h30, puis tous les soirs de 18h à 20h30 (sauf le dimanche). La fréquence varie entre 100 et 104 MHz, et la grille des programmes reflète l’esprit des radios libres des années 1980 : une large place est laissée aux débats spontanés et à l’improvisation. Côté musical, elle diffuse des chansons du punk à la New Wave.
1982
Suite à la libéralisation des ondes en France, RBS obtient en mars 1982 une autorisation d'émettre sur la bande FM 91.9 à Strasbourg sur une fréquence officielle. La crainte des premières émissions pirates durant la fin des années 70, fait place l’euphorie de la libéralisation des ondes en 1981.
Années 1980 - 1990
Période d'expansion : La radio propose une programmation très éclectique, allant du rock à la musique classique, avec une forte place accordée aux communautés immigrées et aux langues étrangères.
En 1984, la station émet de 8h à 24h et se structure davantage.
En 1986, RBS perd pour deux ans sa principale source de revenu, le FSER (Fond de soutien à l'expression radiophonique).
Au confluant des mouvements militants et des nouveaux mouvements sociaux, RBS propose un moyen d’expression aux « sans voix ». Les minorités exclues du débat public auront désormais accès à un média pour se faire connaître et reconnaître.
Le nerf de la guerre de cette jeune radio sera en même temps son talon d’Achille. Rapidement vont se faire jour les premières difficultés liées à la mise en œuvre du principe de la prise de parole donnée aux populations concernées. Ces difficultés, doublées d’autres plus insidieuses, financières celles-là, vont mettre à mal la pérennisation de cette démarche alternative[2].
1995 - 2002
Difficultés financières et restructuration progressive.
Dans les années 90, RBS devient plus musicale et moins engagée. Elle déménage, renouvelle son équipe et remplace le rock par la techno et le rap. Il faudra plusieurs années pour attirer un nouvel auditoire, plus jeune.
2002 - 2005
RBS traverse une grave crise. Entre 2002 et 2005, en raison de suspensions de subventions et d'erreurs de gestion, la radio est placée en redressement judiciaire. Le jugement est favorable, RBS obtient huit ans pour éponger un passif de 130000 € et passe de dix salariés à deux, dont un à temps partiel[3].
Grâce à l'implication bénévole et militante, la radio est relancée avec une nouvelle direction artistique.
2005 - 2024
Radio Bienvenue Strasbourg (RBS) reste aujourd’hui une radio associative et non commerciale qui se définit comme « la voix des sans-voix ».
Principalement orientée vers la musique — hip-hop, soul, reggae ou encore électro — elle propose également une matinale, des bulletins d’information et de nombreuses chroniques consacrées à la vie culturelle et sportive locale. Avec ses nombreuses émissions diffusées le week-end, RBS joue aussi un rôle clé auprès des communautés étrangères de Strasbourg, notamment africaines, portugaises, espagnoles et turques[4]. Les studios sont situés Place Kléber, en plein cœur de la ville.
De nombreux événements sont réalisés par la radio : avant-premières de films, soirées DJs[5], actions culturelles...
Là où d’autres radios optent pour un modèle entrepreneurial, RBS s’obstine laborieusement dans son idée originelle, quitte à en payer le prix durant de longues années ; là où s’estompe peu à peu la subversion rédactionnelle, RBS s’inscrit définitivement dans une dynamique de développement territorial. Cette obstination fait d’RBS, depuis près de 50 ans, une radio de proximité, où les préoccupations quotidiennes de quelques-uns nous ouvrent à des causes plus larges d’éthique mondiale.
RBS porte en elle son histoire : communiquer des idées, des informations, partager des passions, donner la parole… C’est sa marque de fabrique. La radio continue de développer cet autre mode d’information et de communication, tout en participant activement à la transformation sociale, en intervenant à l’intersection de ce qui se passe sur le terrain et des grands débats de société.
Sur ses ondes, les « Sans voix » retrouvent la parole. Ainsi, les artistes locaux sont quotidiennement invités à se faire connaître, alors qu’ils n’ont aucune entrée sur les grands médias.
C’est ainsi que s’est créée une sorte de communauté d’intérêts autour de la radio. La culture est appréhendée ici comme moyen de fédérer les communautés d’un même territoire. C’est ce qu’on nomme « communication sociale de proximité », car RBS est une radio de communication sociale de proximité. C’est ce qui la définit. Dans cette optique, on comprend mieux que les chiffres d'audience ne soient pas la principale préoccupation et que le contenu rédactionnel ou musical ne sera jamais sacrifié au profit de la déduction du plus grand nombre. L’audimat ne détermine en rien le projet radiophonique. RBS s'autorise la création de programmes segmentants, en acceptant un plafond de verre d'audience, au profit d'une culture de niche
Les thématiques développées ces dernières années en donnent un aperçu :
- La promotion de la diversité : la reconnaissance de la diversité par la mise en avant des différents événements organisés à Strasbourg
- La lutte contre les discriminations : recueil de témoignages, actions menées à Strasbourg ou dans le pays d'origine, initiatives publiques et associatives
- L’immigration et intégration : réflexion sur la politique d'accueil en France et dans les autres pays ; l'histoire et la mémoire immigrée par des témoignages ou des portraits d'immigrés de différentes générations ; la notion de « vivre ensemble » par les questions liées à la laïcité et la citoyenneté
- La coopération : les rapports Nord/Sud, le développement solidaire, les informations sur le pays d'origine...
En même temps, la dimension locale, voire hyper locale, reste une dominante majeure.
Depuis 2024
RBS se propose d'abandonner progressivement l'obsession du linéaire pour une grille qui ressemblerait plus à ce qui se fait en télévison (programmes événementiels) et sur internet (contenu consommable à la demande).
Il s'agit ainsi d'explorer de nouvelles formes audio :
- Périodicité modifiée (émissions mensuelles, trimestrielles...)
- Durée des émissions déterminées par le sujet ou l'actualité (avec un horaire fixe de début, mais pas de fin)
- Podcasts ; formats éphémères
- Captations de spectacles vivants (théâtre, lectures, stand up...)
Mais aussi accentuer la diversification du média :
- Vidéo
- Podcast (plateformes d'écoutes : RBS Podcast)
- Replay
- Formes courtes sur les réseaux
Programmation
RBS propose une grille axée sur :
- Musique : hip-hop, soul, funk, électro, house, jazz, reggae, musiques du monde
- Émissions : thématiques culturelles, talk-shows, émissions étudiantes, chroniques locales
- Découverte : mise en avant d'artistes locaux, concerts en live, freestyles
- Communautés : programmes multilingues, émissions en lien avec les diasporas (maghrébine, africaine, turque, arménienne, etc.)
Émissions historiques
- « Juke Box », les samedis après-midi dans les années 80 : Un hit-parade régional des groupes de rock underground et locaux. Avec des interviews et parfois des concerts improvisés dans les sous-sols de la station. Emission présentée par Jean-Paul Demeusy.
- « Radio Café » : Emission en public dans les années 80, l'entrée payante permet de financer l'émission.
- « Bal des Schizos » : Les samedis soir durant une dizaine d'années par Richard Martin.
- « Rose cochon, qualité fraîcheur » : Animée par Hervé Rinck.
- « Intramusiques » : Animée par Pierre Durr.
- « Déjeuner sur les ondes » : Animée par Aurore Humbert.
- « Radio libre » : Animée par Stéphane Bossler de 1998 à 2007.
- « Hip hop history » : Animée par Wintell depuis 2005.
- « Planète Racing » : Depuis le .
- « Le Morning de Talri » : Depuis 2012.
- « Ghetto Blaster» : Depuis 1990 à 1995.
- « Soleil Noir » : Animée tous les dimanches soir par Nono et Djul.
- « Historique incomplet »
- « Entresol, une émission entre ciel et terre » : Animée par Claire Servajean et les étudiants du CUEJ [6],[7].
Présidents (chronologie)
- Henri Simon (1980–1983)
- Bernard Parent (1983–1999)
- Christian Santi (1999–2002)
- Bruno Gabriel (2002–2007)
- Rachid Karam (2007–2012)
- Tamar Bouissou (2012–2013)
- Frédéric Voegel (2013 - 2023)
- Bruno Gabriel (depuis 2023)
Engagement local
- Événements : RBS organise et couvre des open airs, concerts, projections, block parties, Courses de Strasbourg, etc.
- Partenariats : avec des structures culturelles comme le Maillon, le Molodoï, la Maison Mimir ou le CSC Fossé-des-Treize.
- Actions sociales : ateliers radio, médiation culturelle, stages pour jeunes, couverture d’événements communautaires.
Organisation
- Statut : radio associative loi de 1901
- Gérée par l’association APRODIL (Association pour la Promotion et le Développement de l’Information Locale)