Raja asterias
From Wikipedia, the free encyclopedia
Raie étoilée
Raja asterias, la Raie étoilée, est une espèce de raies, de la famille des Rajidae[1]. Elle est endémique de la mer Méditerranée, où elle fréquente principalement les zones côtières sablo-vaseuses[2]. L'espèce est reconnaissable à ses taches claires bordées de sombre lui donnant un motif en étoile, d'où son nom[1].
Cette espèce possède une apparence unique, elle est constituée d’un motif de tâches blanches sur sa face dorsale or ou ocre, ce qui lui confère une originalité remarquable. Sa surface ventrale, quant à elle, est blanche. Ses yeux et ses stigmates sont positionnés au-dessus de sa tête, large[3].
Raja asterias possède un squelette cartilagineux commun aux Chondrichthyens, ce qui les distingue des poissons osseux[4]. Cette espèce possède un corps aplati ainsi que des nageoires pectorales, caractéristiques des raies. Ces grandes nageoires pectorales ont fusionné avec le tronc formant un disque rhombique, pouvant parfois être développées de larges appendices en forme d’ailes[5]. Ceci leur permet d’utiliser un mode de nage rajiforme correspondant à une nage ondulatoire. Cette nage est caractérisée par des ondulations successives des nageoires permettant ainsi une propulsion efficace et silencieuse, proche du fond[5].
Chez ces raies, il y a la présence de chorde au stade embryon, d’un tube nerveux dorsal creux, de fentes pharyngiennes ainsi que d’une queue post-anal ; correspondant aux synapomorphies des chordés, d’où sa taxonomie[4]. La raie étoilée peut atteindre 107 cm de long et 23 kg de poids, ce qui en fait l’un des plus grands poissons de son espèce[1].
Répartition et écologie
Raja asterias est endémique de la mer Méditerranée mais s’est aussi propagé dans des régions proches de l’océan Atlantique : le détroit de Gibraltar, le Nord du Maroc ainsi que jusqu’au sud de la Mauritanie[2]. Malgré une forte concentration en mer Méditerranée, sa présence est cependant moins importante dans la partie orientale de la Méditerranée[2].
L’espèce est surtout présente vers les fonds sablo-vaseux, entre 20 et 150 m de profondeur, parfois même jusqu’à 250 m selon les relevés de pêche scientifique[6]. Elle est souvent observée sur des fonds côtiers peu profonds, ce qui la rend vulnérable aux activités de pêche artisanale et chalutière[5].
Des études populationnelles montrent une forte structuration locale, suggérant des sous-populations dans différentes zones de la Méditerranée occidentale et adriatique. Ceci démontre donc une faible dispersion entre les régions, la dynamique des raies étoilées et leur vulnérabilité est donc dépendante du lieu[7].
La raie étoilée est une espèce benthique, relativement sédentaire, effectuant de faibles déplacements. Toutefois cette espèce possède une position de prédateur benthique et joue un rôle dans la régulation des communautés de fonds marins[7]. Son régime alimentaire comprend une variété d’invertébrés benthiques et de crustacés ainsi que de poissons téléostéens, incluant notamment des crabes, des crevettes et des bivalves[8].
Concernant son écologie, les données disponibles montrent que Raja asterias n’est pas actuellement considérée comme globalement menacée, mais plusieurs études régionales soulignent des risques de déclin liés à la pêche démersale[5]. Elle est toutefois la cible de captures par la pêche de fond ce qui a pour tendance d’affecter la population de Raja asterias, notamment car, comme de nombreuses espèces de raies, elle présente une croissance lente et une reproduction modérée[5].
Mode de reproduction
Il s’agit d’une espèce ovipare. Son cycle reproductif a été bien étudié en mer Adriatique[6].
La femelle pond de 30 à 100 capsules par an, mesurant 4,5 cm de long et 3 cm de large en moyenne. Ces capsules sont constituées de kératine afin de protéger les œufs qui vont incuber de 5 à 6 mois. Une fois éclos, les raies étoilées juvéniles obtiennent une taille de 8 cm[6].