Rampa dos Escravos
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| Pays |
Mozambique |
|---|---|
| Commune |
Mossuril |
| Coordonnées |
|---|
La Rampa dos Escravos (en français : rampe des esclaves) est un monument historique qui se trouve dans la ville de Mossuril, chef-lieu du district de Mossuril, dans la province de Nampula[1],[2], au nord du Mozambique.
La Rampa dos Escravos est située près du bâtiment contemporain du gouvernement du district de Mossuril[1],[3],[4],[5],[6],[7].
Pendant plusieurs siècles, Mossuril a joué un rôle central dans le processus de capture, de trafic et d’exportation d’esclaves provenant de diverses régions du nord du Mozambique, et a servi de point de réception et de concentration d’esclaves. C’était un carrefour crucial où les esclaves achetés dans la colonie portugaise étaient acheminés vers les navires qui les emmenaient à destination des Amériques[3],[4],[5],[6],[7]. Selon les traditions orales, les esclaves étaient amenés de l’intérieur[8]. Ils venaient surtout des districts d’Erati, Memba, Monapo et Nacaroa. La sélection et l’achat des esclaves se faisait dans un bâtiment[9]. Après avoir été sélectionnés, ils passaient par la rampe[8] et ils étaient conduits à l’intérieur des navires qui les emmenaient vers différentes destinations comme les Amériques, l’Asie et l’Europe[9]. Beaucoup étaient emmenés sur l’île de Mozambique, où ils étaient vendus. Les rapports racontent qu’ils étaient placés avec le visage vers le bas et les yeux bandés, ils ne savaient pas où ils allaient. Les bateaux faisaient beaucoup de détours avant d’arriver à l’île, qui est relativement proche[8].
À côté de la rampe des esclaves, à environ vingt mètres, se trouve un pont détérioré connu localement sous le nom de « ponte velha » (vieux pont). Des sources orales suggèrent son rôle historique comme une alternative à la rampe des esclaves[3].
Préservation
Ce site historique est protégé par les lois mozambicaines sur le patrimoine culturel[3],[5]. La protection, accordée par la loi 10/88, promulguée le 22 décembre 1988, souligne l’importance de sauvegarder à la fois les aspects matériels et immatériels du patrimoine culturel du Mozambique. En reconnaissance de l’importance de ce site historique, les autorités gouvernementales ont entrepris des efforts pour restaurer et préserver les monuments associés à l’époque de la traite négrière de Mossuril[3].
Les autorités culturelles de la province de Nampula se sont efforcées depuis 2010 d’obtenir le soutien financier de partenaires internationaux pour la restauration d’importantes infrastructures historiques et culturelles situées dans le district de Mossuril : le palais d’été des gouverneurs, l’atelier et la rampe des esclaves, et l’église Nossa Senhora dos Remédios. Ces monuments sont en état de dégradation avancée. Seule l’ambassade d’Espagne avait montré un intérêt pour débourser des fonds pour la restauration du palais d’été des gouverneurs, promettant cependant de le faire par l’intermédiaire de l’UNESCO, l’agence des Nations unies pour la science, la culture et l’éducation. Les autorités culturelles de Nampula ont poursuivi leurs contacts avec d’autres partenaires faisant partie du réseau de l’UNESCO engagés dans la valorisation du patrimoine de la région côtière de Nampula, notamment le Japon, le Portugal et la Norvège, pour les inciter à mobiliser davantage de ressources financières[9].
En 2018, le gouverneur de la province de Nampula, Victor Borges, a annoncé que le Mozambique aura son premier musée de l’esclavage dans la province. Le musée pourra être implanté dans le district de Mossuril ou sur l’île de Mozambique, des lieux qui conservent des traces visibles de l’esclavage. En 1991, les Nations unies ont accordé à l’île de Mozambique le statut de site du patrimoine mondial[10].
En 2023, le gouvernement portugais a décidé de verser au gouvernement mozambicain 2 millions d’euros pour la restauration de la Rampa dos Escravos et du bâtiment qui servira au Musée de l’esclavage, qui sera dans la zone environnante à Mossuril. Ce soutien financier s’inscrit « dans le contexte des commémorations du cinquantième anniversaire de la Révolution du 25 avril 1974 », a précisé la résolution du Conseil des ministres, afin « de rappeler que la libération du peuple portugais et la libération des anciennes colonies sont des événements liés par un lien causal ». La réhabilitation de la Rampa dos Escravos et la création du Musée de l’esclavage s’inscrivent également « dans une politique de préservation et de valorisation du patrimoine historique et culturel »[11],[12].
Notes et références
- 1 2 (pt) « Rampa dos Escravos », sur Mapcarta (consulté le ).
- ↑ « Attraction : Rampa dos Escravos à proximité de Mossuril en Mozambique : 0 avis, adresse, sites web », sur MAPS.ME (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en-US) admin, « The Rampa dos Escravos - Mossuril », sur Wonderful Mozambique, (consulté le ).
- 1 2 (pt) « Rampa dos escravos de Mossuril: Uma exaltação aos nossos mártires », sur Tsevele - Blog Details, jun 08 2021 (consulté le ).
- 1 2 3 (en-GB) « Home - English », sur Mossuril Oficial (consulté le ).
- 1 2 (pt) « Nampula », sur Visit Mozambique.
- 1 2 (pt) « Portugal apoia com 2 milhões de euros recuperação da Rampa dos Escravos e Museu em Moçambique », sur Observador, 16 dez. 2023 (consulté le ).
- 1 2 3 (pt-BR) « “Rampa dos escravos” em Mossuril, continente fronteiro à Ilha », sur Constelações Transatlânticas (consulté le ).
- 1 2 3 (pt) gm54, « Património histórico-cultural: Governo mobiliza fundos para restauração de importantes monumentos em Nampula », sur Mussoril - mozreal, 16 abril 2010 (consulté le ).
- ↑ (pt) « Museu moçambicano da escravatura será construído em Nampula », sur Voice of America, agosto 24, 2018 (consulté le ).
- ↑ « Resolução do Conselho de Ministros n.º 174/2023, de 15 de dezembro », sur Diário da República, (consulté le ).
- ↑ (pt) « Resolução do Conselho de Ministros 174/2023, de 15 de Dezembro », sur Diários da República (consulté le ).
