Rangers pakistanais
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| Rangers pakistanais | |
Rangers protégeant une procession chiite du mouharram à Islamabad, en 2016. | |
| Création | 14 août 1947 |
|---|---|
| Pays | Pakistan |
| Allégeance | Ministère de l'intérieur pakistanais |
| Type | Gendarmerie |
| Effectif | 100 000 |
| Garnison | Islamabad, Karachi et Lahore |
| Couleurs | rouge et bleu |
| Devise | داﯾمً ﺳﺎﮪرً « Toujours prêt » |
| modifier |
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Les rangers pakistanais (en ourdou : پاکستان رینجروں) sont des forces paramilitaires placées sous le contrôle direct du ministère de l'intérieur. Ils représentent une force de sécurité intérieure à la fois militaire et civile. Leur premier objectif est le contrôle de la frontière est du pays, face à l'Inde. Ils sont aussi secondairement chargés de maintenir la sécurité dans les zones de guerres ou de conflits en aidant l'armée pakistanaise ou d'assister la police dans les opérations spéciales.
Depuis 1995, les rangers sont constitués de deux forces provinciales : l'une au Pendjab et l'autre à Karachi dans le Sind. Les deux forces ont conservé des uniformes différents et des chaînes de commandement distinctes. Elles sont chacune dirigées par un général de l'armée.

Les actuels rangers pakistanais trouvent leur origine sous le Raj britannique. En 1942 et 1943, une unité spéciale de police locale appelée Sindh Police Rifle est fondée dans la province méridionale du Sind. Au moment de la création du Pakistan et de la partition des Indes en 1947, le nouveau pays fait face à d'importants troubles et le Sindh Police Rifle fait partie des quelques unités capables d'assurer la sécurité à la frontière Est. En 1948, le corps est renommé « Sindh Police Rangers » tandis qu'un corps équivalent dans la province du Pendjab est renommé « Punjab Border Police ». Chacun est principalement chargé d'assurer la sécurité face à l'Inde, sur la frontière est du pays qui est justement divisée entre les deux provinces du Sind et du Pendjab[1].
Les rangers du Sind sont renommés en Indus Rangers en 1956, mais à peine deux ans plus tard, une importante réorganisation réunit les deux corps du Sind et du Pendjab en « rangers du Pakistan occidental » (West Pakistan Rangers). En 1971, après la sécession du Pakistan oriental qui devient le Bangladesh, ils deviennent simplement les « rangers pakistanais »[1]. L'année suivante, ils passent sous le contrôle du gouvernement fédéral et du ministère de la défense, au détriment du pouvoir militaire. En 1974, les rangers basculent sous l'autorité de ministère de l'intérieur, les rapprochant encore plus du pouvoir civil[2].
Au cours des années 1980, face à la détérioration sérieuse de la sécurité dans la province du Sind, les rangers sont fortement sollicités. Pour faire face à la situation, les Mehran Force sont créés en 1989 à Karachi et placés sous le contrôle des rangers. Dans les années 1990, la criminalité à Karachi prend un tournant inédit et pousse les autorités à s'appuyer sur les rangers et les développer toujours plus. En 1995, les rangers sont de nouveaux divisés en deux corps autonomes et distincts : les rangers du Pendjab basés à Lahore, et ceux du Sind basés à Karachi qui absorbent l'unité Mehran[2].
Organisation et rôles
Les rangers pakistanais sont placés depuis 1974 sous l'autorité du ministère de l'intérieur mais divisés mais en deux branches provinciales depuis 1995. Les deux corps sont hiérarchiquement pleinement autonomes et chacun est dirigé par un Major-général deux étoiles de l'armée pakistanaise. En cas de guerre, ils sont directement sous le contrôle de l'armée[2]. Les autorités provinciales sont également impliquées dans certaines opérations menées par les rangers.
Le premier rôle des rangers est de servir de garde-frontière. Ils sont spécifiquement responsables de la frontière est du Pakistan, la plus sensible depuis la création du pays en 1947 car partagée avec l'Inde. Ils sont d'abord chargés de contrôler les personnes et les biens passant par la frontière, ce qui comprend la lutte contre la contrebande et le trafic de drogues. Ils font également du renseignement de routine au profit de l'armée pakistanaise en évaluant le risque de conflit avec les forces indiennes et les mouvements de troupes[2].
