Raoul devient évêque de Cornouaille en 1130, à la mort de son prédecesseur l'évêque Robert. Peut-être est-il auparavant chanoine de Quimper[Qu 1]. Raoul utilise la même titulature que ses prédécesseurs, Robert et Benoît, episcopus Corisopitensis[Qu 2], dont l'acception a donné lieu à débat et qui ne signifie ni évêque de Cornouaille ni évêque de Quimper[1],[2]. Cette titulature provient vraisemblablement d'une reprise volontaire d'une mauvaise graphie de civitas Coriosolitum, cité des Coriosolites, qui permet de conférer à Quimper, faussement, une origine antique[3]. On peut retenir que l'évêque de Quimper utilise alors une dénomination ethnique, comme à Nantes ou à Vannes[Qu 2].
Fidèle de la maison de Cornouaille
Comme Robert, Raoul se montre fidèle aux ducs de Bretagne de la maison de Cornouaille. En 1135, il participe à une assemblée réunie dans l'abbaye de Redon à l'instigation du duc de BretagneConanIII. En 1145, il est présent lors d'un acte de donation dressé en présence de ConanIII et d'Alain le Noir, époux de la fille de ConanIII, Berthe. Il confirme en 1152, après la mort de ConanIII, la donation du monastère de Locmaria, à Quimper, à l'abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt. Cet acte mentionne le duc de Bretagne Hoël, ce qui montre qu'il compte au nombre de ses partisans, contre sa sœur Berthe. On le retrouve témoin d'une donation de ConanIV de Bretagne à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Nécessité ecclésiastique ou indice d'un ralliement de Raoul au nouveau duc[Qu 1]?
Preuve de son adhésion à l'idéal cistercien, Raoul demande à être inhumé à l'abbaye de Langonnet. Il meurt en 1158. Bernard de Moëlan lui succède l'année suivante[Qu 1].
Références
Joëlle Quaghebeur, La Cornouaille du IXeauXIIesiècle: Mémoire, pouvoirs, noblesse, Rennes, Presses Universitaires de Rennes - Société archéologique du Finistère, coll.«Histoire», , 517p. (ISBN2-86847-743-7).
↑ Henri Waquet et François Merlet, «Considérations sur un adjectif (episcopus corisoptentis)», Bulletin de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, vol.32, , p.7-14 (lire en ligne).
↑ Florian Mazel, L'évêque et le territoire: L'invention médiévale de l'espace (Ve – XIIIesiècle), Paris, Seuil, coll.«L'Univers historique», , 541p. (ISBN978-2-02-118310-8), p.39-40.