Ratel S
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| Type | véhicule terrestre sans pilote (UGV) |
|---|---|
| Constructeur |
|
| Autonomie | 2 heures |
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| Vitesse maximale | 24 km/h |
|---|---|
| Rayon d'action | 5 000 à 6 000 m |
| Longueur | 60 cm |
|---|---|
| Épaisseur | 20 cm |
| Caméra embarquée | oui |
|---|
Le Ratel S est un véhicule terrestre sans pilote (UGV) à roues ukrainien, apparu en 2023. Il est utilisé au combat par l'armée de terre ukrainienne pour se défendre contre les forces d’invasion de la Russie, qui a agressé par surprise l’Ukraine en février 2022 et qui occupe toujours une partie de son territoire.
Le Ratel S est un véhicule électrique[1] à quatre roues motrices[2],[3] adapté au tout-terrain. Sa principale qualité est sa discrétion, car l’engin électrique n’est vraiment pas grand : moins de 60 cm de long, et une vingtaine de centimètres de haut. Son corps ultraplat le rend assez bas sur ses roues pour passer sous les véhicules et frapper un char d'assaut sous sa caisse, là où le blindage est généralement le plus fin[4]. Selon le chef de l'équipe de développement, Taras Ostapchuk (en français : Taras Ostaptchouk), le drone est discret, tout-terrain[1], il peut bondir jusqu'à 25 centimètres de haut[réf. nécessaire], ce qui lui permet de franchir certains petits obstacles[5]. « [Le Ratel S] peut traverser les mêmes terrains qu'une Jeep », manœuvrer efficacement sur un terrain sablonneux[2],[6]. Il a ajouté que les retours des soldats l'ayant testé étaient très positifs[1],[2], mais que sa petite taille est aussi un inconvénient : on ne peut pas s’attendre à ce que le Ratel S soit très efficace en tout-terrain. Ses petites roues auront du mal à résister aux herbes hautes, à la terre ou à la neige[7].
Il peut parcourir le champ de bataille à une vitesse maximum de 24 km/h[1],[4],[2],[7],[3],[8],[9] selon Defense Express, une compagnie partenaire des industries ukrainienne et polonaise de défense[4], et sa portée opérationnelle est de 5 à 6 km[1],[4],[2],[7] avant que ses batteries ne soient déchargées. Viktoriia Kovalchuk (en français : Viktoriia Kovaltchouk), la porte-parole de Brave1, a déclaré que le drone peut fonctionner pendant 40 à 50 minutes à une vitesse moyenne ou jusqu’à deux heures à une vitesse plus lente[6]. Cela signifie qu’il n’a pas à choisir le chemin le plus direct vers la cible. Il peut également être utilisé pour tendre une embuscade[7].
Il est contrôlé à distance par un opérateur auquel il transmet un retour vidéo, via une caméra embarquée[1],[4],[2],[3][7] qui permet à l’opérateur de suivre sa progression sur un moniteur ou avec des lunettes de Pilotage en immersion (FPV à vue subjective)[1],[4],[2],[6]. Il peut être accompagné par un drone aérien équipé d'un répéteur de signal afin d'augmenter sa portée, qui surveille sa progression[1],[4],[2] et vérifie la réussite de la mission. Ce drone aérien peut aussi servir à contrer le brouillage ennemi[3]. Le Ratel S est moins vulnérable au brouillage et autres interférences électromagnétiques ennemies que les drones volants, vulnérables aux brouilleurs. Il permet aux Ukrainiens d'attaquer des cibles ennemies que les drones volants auraient difficilement pu atteindre[1].
Armement
Le Ratel S fonctionne de la même manière qu’une petite voiture radiocommandée[1],[4],[2], avec laquelle tout le monde a joué dans son enfance[7]. Il ressemble à un jouet mais c’est un drone kamikaze[2] (ou drone suicide[3]), capable de mettre hors de combat un char d’assaut[4]. Il peut transporter une charge explosive de 40 kg[1],[4],[2]. Son châssis comporte un logement[3] pour une mine antichar[1],[2],[6],[9] TM-62[6] dotée d'une charge de 7,5[3],[8] à 8 kilogrammes[10] d'explosif[3]. Normalement, l’explosion se produit lorsqu’une chenille de char ou une roue de véhicule heurte le couvercle supérieur de la mine. Cependant, les Ukrainiens ont modifié la mine pour la déclencher à distance[2],[3],[10],[1] lorsque le Ratel S atteint sa cible[3]. Le Ratel S peut aussi emporter deux obus de mortier[1],[9] de 82 mm[6], ce qui le rend plus efficace que les petits drones aériens, dont la charge explosive est limitée[3]. Malgré leur allure redoutable, les tanks sont en général à peu près aveugles à leur environnement proche, d’autant plus face à une menace aussi petite et rapide. Il suffit de fixer sur le dos du drone une paire de mines, des obus de mortier, ou n’importe quel explosif disponible et d’envoyer le drone à usage unique[4] se glisser sous la caisse[2] pour mettre hors de combat une cible de grande valeur, comme un char[4].
Une vidéo de démonstration montre le Ratel S transportant un explosif conduit près d’un petit fourgon non blindé. La cible, quoique peu impressionnante, a été complètement anéantie. Il n’est rien resté de la petite camionnette[2],[6]. Il est difficile de dire si le Ratel S se comporterait aussi bien contre des cibles blindées, mais il pourrait probablement faire beaucoup de dégâts. Il est certainement assez puissant pour au moins immobiliser un véhicule de combat d'infanterie ou un véhicule blindé de transport de troupes[7]. De plus, la flexibilité du Ratel S signifie qu’il ne serait pas utilisé seulement contre des véhicules, mais qu’un soldat pourrait le conduire jusque dans une position ennemie avant d’exploser, ce qui aurait des résultats assez dévastateurs sur quiconque se trouve à proximité[8] dans une tranchée[9].
Le Ratel S est un drone rustique, facile à produire et peu cher[5],[7]. Son coût à l’unité est estimé entre 2 000 et 3 000 dollars[4] (entre 2 500 et 3 000 euros) ce qui est très loin du montant nécessaire pour acheter ou fabriquer certains drones ultra-modernes[5]. Ainsi, le coût d’un drone volant kamikaze turc Bayraktar TB2 est de 5 millions de dollars pièce[4]. Dans la vidéo de démonstration, on peut voir l’un d’entre eux dirigé par un contrôleur DJI standard[7] ou une télécommande de type PlayStation[6].
Origine du nom
Selon le Kyiv Post[5], le Ratel S tire son nom d'un mammifère exotique, le ratel[1] (en anglais honey badger, littéralement « blaireau à miel »). C’est un petit animal de la famille des furets[5], répandu du nord de l’Inde à la Péninsule arabique et dans toute l’Afrique subsaharienne. Le ratel est réputé pour sa ténacité et sa férocité[3],[1],[5]. Il est même considéré comme l'un des animaux les plus agressifs au monde[3].