Raymond Gervais
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Raymond Gervais (1946 - 6 janvier 2018) était un artiste conceptuel d'avant-garde montréalais, également artiste sonore, performeur et auteur[1]. Ses installations explorent les notions de temps, de langage, de son et de silence, prenant souvent la musique comme point de départ[2]. Il s'intéresse autant aux dispositifs musicaux qu'à la musique elle-même[3],[4]. En 2014, il reçoit le Prix du Gouverneur général en arts visuels et médiatiques[4].
Né à Montréal, au Québec, dans une famille de musiciens, Gervais a écrit des mémoires sur ses premières influences[3]. Enfant, il a été initié à la musique classique, à l'opéra et au jazz[5] tout en écoutant sa mère jouer du piano. En 1973, il a cofondé l'Atelier de musique expérimentale et, en 1976, il a commencé à écrire sur la musique pour la revue Parachute (fondée en 1975)[5]. Il a ensuite fait partie du conseil de rédaction de cette revue pendant 20 ans. Dans les années 1980, il a travaillé pour Radio-Canada[3].
Œuvre
Gervais commence à créer des installations et des performances d'arts visuels en 1973. En 1975, il réalise une vidéo intitulée Commencer par / puisqu'à toute fin dans laquelle il analyse en détail une performance musicale. En 1976, il crée sa première œuvre majeure, l’installation12+1=, exposée à la Galerie Média, une performance/installation[3] présentée ultérieurement sous forme de série photographique[6]. La même année, au Musée des beaux-arts de Montréal, Gervais réalise une performance intitulée Roche, dans laquelle il utilise une pierre pour jouer sur les cordes d’un piano. En 1977, il présente la performance intitulée 3+1 à la Galerie Gilles Gheerbrant à Montréal[3].
En 1980, il participe à la XIe Biennale de Paris et, en 1985, aux Les Cent jours d'art contemporain de Montréal[3]. En 1986, il entreprend d'explorer l'imaginaire auditif avec une première œuvre faisant référence à Claude Debussy, intitulée Les concerts de l'imaginaire, suivie en 1989 d'une seconde installation inspirée par le compositeur, Claude Debussy regarde l'Amérique, présentée au centre d'art contemporain canadien 49e Parallèle, à New York. À partir de 1990, son travail devient majoritairement silencieux[1].
En 2001, l'installation Les couleurs de la musique (désormais conservée au Musée national des beaux-arts du Québec), composée principalement de pochettes d'albums, a été exposée à la Galerie René Blouin[5]. En 2011, la commissaire Nicole Gingras organise l'exposition rétrospective Raymond Gervais 3x1, explorant différentes périodes de la carrière de Gervais[5]. Un premier volet de l'exposition, présenté à la Galerie d'art Leonard & Bina Ellen de l'Université Concordia, s'intéresse aux dispositifs de transmission sonore utilisés par Gervais dans son œuvre, tandis que le deuxième volet, présenté à VOX centre de l'image contemporaine, porte sur le regard dans l'acte d'écoute[1]. Vers la fin de sa vie, il crée, en 2012, Finir, d'après Samuel Beckett et Claude Debussy pour le centre d'art contemporain parisien Rosascape[3]. En 2013, son œuvre a été présenté dans Continental Drift - Conceptual Art in Canada: The 1960s and 70s, une exposition organisée au Badischer Kunstverein (Association d'art de Bade) à Karlsruhe, en Allemagne[7].