Reboisement urbain
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Le reboisement urbain consiste à planter des arbres (en), généralement à grande échelle, en milieu urbain. Il peut également englober le jardinage urbain et l'agriculture urbaine.

Avantages
La reboisement urbain est notamment motivé par l'embellissement (en) de la ville, l'augmentation de l'ombrage[1], la modification du climat urbain (en)[2], l'amélioration de la qualité de l'air[3], notamment par la séquestration du dioxyde de carbone[4] et la restauration des forêts urbaines après une catastrophe naturelle[5]. L'ombrage accru résultant du reboisement urbain peut également entraîner une baisse des coûts énergétiques, car il empêche la chaleur du soleil de réchauffer les bâtiments équipés de climatisation[4]. Ces avantages peuvent contribuer à augmenter la valeur des biens immobiliers locaux, à filtrer les polluants présents dans les eaux de pluie provenant des rues et ainsi à améliorer la qualité de l'eau[6], et à créer davantage d'habitats pour la faune sauvage[6], en particulier les espèces menacées[4].
Le reboisement urbain peut également s'avérer efficace car il ne nécessite pas l'achat d'une grande parcelle de terrain pour être mis en œuvre[7].
Programmes
Australie
L'organisation Urban Reforestation, en Australie, est une association locale qui promeut un mode de vie durable en milieu urbain[8].
États-Unis
Parmi les programmes de reboisement urbain à grande échelle menés aux États-Unis, on peut citer l’initiative Million Tree (en) de la ville de New York[9] et l’association TreePeople (en) à Los Angeles, qui plante un million d’arbres en vue des Jeux olympiques d’été de 1984 et poursuit ses plantations par la suite[1]. En 2022, Boston annonce la création d’un nouveau service forestier chargé d’étendre la canopée urbaine au sein de la ville[10].
Parmi les initiatives locales, on peut citer Friends of the Urban Forest (en) à San Francisco, qui milite en faveur de la plantation d'arbres dans les rues[1].
En Californie, il existe des programmes financés par les pouvoirs publics, tels que le programme de foresterie urbaine du Département californien des forêts et de la protection contre les incendies (en). Ceux-ci promeuvent le développement durable au niveau local ainsi que la santé et le bien-être de la communauté à long terme[11]. Ce programme de foresterie urbaine vise également à venir en aide aux communautés défavorisées et/ou à faibles revenus[12].
France
Le vaste programme de reboisement dans les zones urbaines de Paris est lancé en 2020 afin de réduire la pollution atmosphérique dans la ville. Anne Hidalgo, maire de Paris, déclare qu'à l'été 2023, 63 500 arbres sont déjà plantés et qu'à la fin de son mandat, ce chiffre s'élèverait à 170 000 au total[13].
Turquie

La municipalité métropolitaine d'Istanbul a lancé un projet d'aménagement vert couvrant 78 500 m2 à Zeytinburnu afin de reboiser la partie dénudée du littoral de Zeytinburnu ; ce projet de reboisement urbain permet également de relier le littoral de Yedikule (en) à celui de Bakırköy pour les piétons[14].
Changement climatique
La plupart des villes ont la possibilité de recourir au reboisement urbain pour lutter contre le changement climatique. Le reboisement urbain peut également contribuer à réduire la consommation d'énergie[15].
Critiques

Les initiatives de reboisement urbain se disputent des fonds et des terrains urbains qui pourraient être utilisés à d’autres fins. Par exemple, les efforts consacrés à la plantation de nouveaux arbres peuvent se faire au détriment de l’entretien des arbres déjà en place[9]. On peut également s’interroger sur l’équité dans le choix des lieux où se fait le reboisement urbain. Des programmes tels que celui de foresterie urbaine du Département californien des forêts et de la protection contre les incendies de Californie ciblent ces communautés, mais ce n’est pas toujours le cas. L'inéquité dans la répartition des arbres plantés lors du reboisement urbain conduit à des inégalités de vie. La pérennité des arbres est également un problème, car un arbre planté est un arbre qui pourrait être abattu à l'avenir en raison des préférences des propriétaires fonciers dans les espaces urbains[4].
Les projets de reboisement urbain peuvent également manquer de soutien dans les quartiers où les associations écologistes n'impliquent pas suffisamment les habitants dans la planification et la prise de décision, en particulier lorsque des écologistes blancs mènent des projets dans des communautés de couleur, comme le souligne un rapport publié en 2014 par la sociologue de l'environnement Dorceta Taylor, de l'université du Michigan. Par exemple, de 2011 à 2014, une organisation à but non lucratif, The Greening of Detroit (en), plante des milliers de nouveaux arbres pour restaurer le couvert forestier de Détroit. Cependant, environ un quart des habitants à qui l'on proposait des arbres gratuits devant leur domicile ont déposé une « demande de non-plantation ». Bien qu'ils reconnaissaient les avantages de la foresterie urbaine, ils ne faisaient pas confiance au personnel de l'organisation, qui était majoritairement blanc et ne venait pas de Détroit. Ils estimaient également ne pas avoir suffisamment leur mot à dire sur ce qui était planté, car ils s’attendaient à se voir confier la responsabilité de l’entretien des arbres plantés dans leur quartier, les arbres issus de précédents projets de reboisement n’ayant pas reçu les soins adéquats de la part de la ville et ayant causé des problèmes d’esthétique et de sécurité[16]. Les habitants étaient beaucoup plus ouverts à l’idée de recevoir des arbres gratuits s’ils pouvaient choisir ce qui était planté[17].