Redistribution des richesses

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La redistribution des richesses est un ensemble de transferts économiques entre les acteurs économiques du pays (entreprises et citoyens) organisés par les autorités politiques en fonction de leurs buts.

La redistribution sociale de la richesse nécessite de la connaître, de la mesurer et d'établir son évolution pour tendre vers un optimum économique et social dans une société donnée.

Les buts recherchés par la mise en œuvre politique de la redistribution de richesse peuvent être de différents ordres, par exemple :

Les moyens nécessaires pour concourir à ces buts sont souvent d'ordre fiscal et social (prélèvements obligatoires d'un côté, prestations sociales, dégrèvement et subventions de l'autre).

Un point important, pour éviter une accumulation et une concentration de la richesse qui s'oppose à la redistribution, concerne la politique de taxation des héritages, droits de succession, concernant les patrimoines professionnels, financiers et personnels.

Définition

La redistribution des richesses peut se définir comme l'ensemble des opérations qui concourent au partage des richesses créées au cours d'une période donnée.

La part des revenus non consommée concourt à l'accroissement de la richesse.

la participation à la production ou la rente génèrent des revenus. La répartition des revenus résulte de (répartition primaire) et des opérations de redistribution (répartition secondaire). La répartition primaire des revenus du process de production correspond au partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail.

Constat

À la suite de l'étude de Thomas Piketty dans son ouvrage Le Capital au XXIe siècle, en 1905, les 10% les plus riches détenaient 87% de la propriété privée en France, la part des 1% les plus riches était de 57%[1].

Ces parts ont été réduites au cours du 20e siècle par l'effet des deux guerres mondiales suivies par une période de redistribution, des revenus avec des hauts taux d'imposition des plus hauts revenus, qui font atteindre un point bas dans la concentration des richesses en 1983. Les 10% les plus riches détenaient 50% de la propriété privée en France, la part des 1% les plus riches était de 16%[1].

L'inversion de tendance s'est effectuée dans les années 1980 par la mise en œuvre du néolibéralisme initié aux USA par Ronald Reagan et au Royaume-Uni par Margaret Tatcher et s'étendant au monde occidental. En France, la concentration des richesses est à un haut niveau selon l'insee (sur une base déclarative qui differe des données fiscales utilisées par l'économiste), en 2024 les 10% les plus riches détenaient 48% de la propriété privée en France, la part des 1% les plus riches était de 15%. La concentration s'est accrue de 7% entre 2010 et 2025 pour les 10% les plus riches[1].

Le journaliste Laurent Jeanneau d'Alternatives Économiques, met en débats le poids de l'héritage en France dans les années 2020, « chaque année ce sont pres de 400 milliards d'euros qui passent des mains des parents à celles de leurs enfants, soit l'équivalent de la masse des retraites publiques »[1].

Selon le magazine Challenges, le patrimoine cumulé par les 500 premières fortunes professionnelles de France a été multiplié par neuf entre 2003 et 2023, passant de 124 milliards d'euros à 1 170 milliards d'euros[1].

En 2024, selon l'Insee, les 10 % les plus fortunés détiennent 100 % du patrimoine professionnel et 64 % du patrimoine financier. Les 1 % les plus riches, possèdent 68 % du patrimoine professionnel et 25 % patrimoine financier[1].

Des niches fiscales permettent aux plus riches de diminuer les droits de successions favorisant l'accumulation intergénérationnelle qui s'oppose à la redistribution des richesses : le pacte Dutreil qui exonére les biens professionnels par un abattement de 75 %, les assurances-vie dont les montants ne font pas partie de l'actif successorale jusqu'à un certain montant pour chaque bénéficiaire, le démembrement des propriétés immobilières (nue-propriété et usufruit), l'effacement des plus-values latentes[2].

La redistribution des richesses vise à limiter la concentration des richesses permise par l'accumulation au cours des générations par les inégalités de revenus au cours de la vie et la transmission des patrimoines par l'héritage.

Formes et importance

Cette redistribution peut se faire sous formes monétaires (impôt sur la fortune, impôts sur les sociétés, taxation du capital) qui permettent le versement ou le rééquilibrage des prestations sociales (maladie, retraites, minima sociaux), ou en nature selon différentes formes : expropriations (principalement dans des sociétés anciennes ou dans des cas particuliers comme certaines redistribution des terres actuelles), nationalisations (expropriation par l'État et versement d'un dédommagement inférieur à la valeur réelle du bien).

La redistribution entre classes sociales se fait également au moyen des droits de succession.

La redistribution concerne davantage les États-providence (sans les concerner tous) que les pays les plus libéraux.

Selon Oxfam France en 2024, « à l’échelle mondiale, les milliardaires paient un taux d’imposition équivalent à moins de 0,5 % de leur richesse  ». « Leurs fortunes ont augmenté en moyenne de 7,1 % par an au cours des quatre dernières décennies, et un impôt annuel net sur la richesse d’au moins 8 % serait nécessaire pour réduire l’extrême richesse des milliardaires »[3], la taxe envisagée par Gabriel Zucman à hauteur de 2% ne ferait donc que ralentir l'accroissement de leurs richesses et ne participerait qu'à une redistribution de richesse limitée.

Critiques

Le besoin d'un concept de redistribution fait à peu près consensus, ne serait-ce que  pour les plus libéraux  pour assurer un minimum d'égalité des chances au départ de la vie. Néanmoins l'ampleur et les formes optimales de cette redistribution restent sujettes à débat.

La critique économique souligne le risque de « réduire la taille du gâteau » si on néglige les intérêts de ceux qui le produisent par des redistributions trop fortes, des taux d'impôt poussant à l'expatriation fiscale de certains acteurs économiques (personnes physiques ou entreprises).

On cite aussi le risque de développer l'assistanat, des trappes à pauvreté.

Plus radicalement encore, l'analyse malthusienne soutient que l'état social dépend de lois profondes liant la croissance des ressources et celle de la population, et qu'une politique de redistribution qui de facto contribuerait à la croissance de la population va faire plus de mal que de bien.

Notes et références

Voir aussi

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