Regalia et insignes papaux

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Emblème du Saint-Siège. Les clés croisées symbolisent les clés de saint Pierre. Les clés sont d'or et d'argent, représentant le pouvoir de délier et de lier. La tiare symbolise le triple pouvoir du pape en tant que « père des rois », « gouverneur du monde » et « Vicaire du Christ ». Le globe à croix d'or surmontant la tiare symbolise la souveraineté de Jésus.

Les insignes et les regalia papaux sont les éléments officiels de tenue et de décoration propres au pape en sa qualité de chef visible de l'Église catholique et de souverain de l'État de la Cité du Vatican.

Le pape Pie XII en regaliae papaux comprenant le trirègne, la falda et la chape, tout en étant porté sur la sedia gestatoria et flanqué du flabellum.

Les regalia de la papauté comprennent la tiare pontificale, une coiffe à trois couronnes ou niveaux. Bien que certaines sources appellent cette coiffe « triple tiare »[1],[2],[3],[4],[5], son nom exact est « triple couronne », traduction correcte de triregnum. « Tiare » est le nom de la coiffe entière, même dans les formes qu'elle avait avant qu'une deuxième et une troisième couronne ne lui soient ajoutées. Pendant plusieurs siècles, les papes la portaient lors des processions, comme quand ils entraient ou sortaient de la basilique Saint-Pierre, mais ils lui préféraient une mitre épiscopale lors de la liturgies. Paul VI l'utilisa le 30 juin 1963 lors de son couronnement, mais abolit son usage par la suite. Aucun de ses successeurs ne l’a par la suite utilisée. Sur ses armoiries personnelles, le pape Benoît XVI a remplacé la tiare par une mitre, mais la tiare est restée sur les armoiries du Saint-Siège et de l'État de la Cité du Vatican.

L'anneau du pêcheur, un autre élément des insignes papaux, est un anneau en or avec une représentation de saint Pierre dans un bateau lançant son filet, entouré du nom du pape régnant. La plus ancienne source le mentionnant date de 1265 dans une lettre du pape Clément IV à son neveu, qui écrit que les papes avaient l'habitude de sceller les documents publics avec une « bulle » de plomb et les lettres privées avec « le sceau du Pêcheur ». Ainsi au XVe siècle, l'anneau du pêcheur était utilisé pour sceller les brefs papaux. L'anneau du pêcheur est placé au doigt du pape nouvellement élu par le camerlingue de la Sainte Église romaine ; à la mort du pape, la tradition impose au cardinal chambellan de défigurer et de briser l'anneau du pêcheur avec un marteau comme représentation symbolique de la fin de l'autorité du pape défunt.

Les papes modernes portent la férule papale, un bâton surmonté d'un crucifix, plutôt qu'une crosse, bâton pastoral courbé inspiré d'une houlette de berger. L'utilisation de la férule papale est une coutume ancienne, établie avant le XIIIe siècle, bien que certains papes depuis cette époque, notamment le pape Léon XIII, aient utilisé un bâton semblable à une crosse.

L’utilisation d’autres éléments des insignes papaux a été abandonnée, bien qu’ils n’aient pas été abolis. La Sedia gestatoria, un trône ou fauteuil portable porté par douze valets de pied (palafrenieri) en uniformes rouges, était accompagnée de deux assistants portant la flabella, grand éventail de cérémonie en plumes d'autruche blanches. La sedia gestatoria était utilisée pour l'entrée solennelle du pape dans une église ou une salle et pour son départ à l'occasion de célébrations liturgiques telles qu'une messe papale, ainsi que pour les audiences papales. L'utilisation de la flabella a été abandonnée par le pape Paul VI, et celle de la sedia gestatoria par le pape Jean-Paul II.

Vêtements

Le pape Benoît XVI en vêtements pontificaux : la mitre, le pallium, le fanon et la chasuble.

Le pape porte le pallium sur sa chasuble lorsqu'il célèbre la messe. Le pallium est une bande circulaire de tissu d'environ cinq centimètres de large, d'où pendent deux bandes de trente centimètres de long, un à l'avant et un à l'arrière. Il est orné de six petites croix noires réparties sur les épaules, la poitrine et le dos, et est fixé en place par trois épingles d'or, symboles des clous avec lesquels le Christ a été crucifié. Seul le pape à le droit de porter le pallium, et il peut le porter à toutes les cérémonies ecclésiastiques sans restriction. Dans le rite latin/occidental de l'Église, les métropolitains (c'est-à-dire les archevêques qui sont les évêques principaux d'une province ecclésiastique) portent également une forme du pallium dans leur propre province, qu'ils doivent recevoir du pape, soit personnellement, soit lors d'une cérémonie présidée par un autre évêque délégué par le pape. Le pape Benoît XVI, lors de son investiture en 2005, a introduit un type spécial de pallium qui ne peut etre porté que par le pape. Le nouveau pallium papal est basé sur la forme antérieure du pallium, semblable à l'omophorion, qui est toujours porté par les évêques chrétiens orientaux. Ce pallium papal est plus large et plus long que le pallium ordinaire et est doté de croix rouges. À l'occasion de la fête des saints Pierre et Paul en 2014, le pape François est revenu à l'usage du pallium noir habituel. Un vêtement réservé au pape seul est le fanon, composé de bandes alternées d'argent et d'or. Le fanon est semblable à un châle dont une extrémité est passée sous l'étole et la seconde sur la chasuble ; le pallium est ensuite placé sur le fanon. Le fanon n'est plus couramment utilisé, mais les papes Jean-Paul II et Benoît XVI l'ont porté à quelques occasions.

Avant les réformes liturgiques du concile Vatican II, il existait un certain nombre d’autres vêtements qui étaient portés uniquement par le pape :

  • Le sous-cinctorium — une bande de tissu brodé semblable à un manipule qui était suspendue à la ceinture. Il était brodé d'une croix et de l'Agnus Dei.
  • La falda — un vêtement papal particulier qui forme une longue jupe s'étendant sous l'ourlet de l'aube. Les jupes de la falda étaient si longues que le pape avait des porteurs de traîne devant et derrière lorsqu'il devait se déplacer.
  • Le mantum — une très longue chape portée uniquement par le pape. À l'origine de couleur rouge, il a été adapté par la suite pour correspondre aux couleurs liturgiques.
  • Un manipule spécial, de forme très similaire aux manipules autrefois portés par les prêtres, mais avec des fils rouges et dorés entrelacés pour symboliser l'union des Églises d'Orient et d'Occident.

Lorsque le pape se tenait sur son trône ou à la sedia gestatoria, la falda et le mantum descendaient tous deux jusqu'aux marches inférieures, ce qui avait pour effet de faire paraître le pape bien plus grand que les autres dignitaires présents. Ces trois vêtements ont aussi été abandonnés sous le règne du pape Paul VI.

Robe de chœur

Lorsqu'il ne célèbre pas de services religieux, le pape porte simplement une soutane. La tenue de chorale est portée lorsqu'il participe, sans les célébrer, aux offices ainsi qu'aux occasions formelles, telles que les audiences. L'élément le plus rapidement repérable est une soutane blanche et un zucchetto (calotte). La soutane avait autrefois une traîne, mais le pape Pie XII a mis fin à cette tradition. Pour plus de commodité, celle-ci pouvait être repliée et fixée à l'arrière de la soutane. Il portait autrefois une fascia (sorte de ceinture blanche attachée autour de la taille, dont les extrémités touffues descendent jusqu'aux genoux et sont souvent brodées des armoiries du pape), jusqu'à ce que Paul VI la remplace par une ceinture à franges plus simple. Auparavant, la fascia touffeté (terminé par des glands dorés) était porté avec la tenue de chœur, et la fascia à franges (terminé par une frange dorée plus simple) était porté avec la tenue ordinaire. Par dessus sa soutane, le pape portera un rochet de dentelle. Par-dessus le rochet est portée la mosette (mozzetta) papale rouge, une cape d'épaule avec un col et, boutonnée sur le devant. Cette couleur rouge est un vestige de l'époque où l'écarlate était la couleur papale (le blanc n'ayant été associé à la papauté qu'après les guerres napoléoniennes). La mosette papale avait une petite capuche dans le dos, qui a disparu après Vatican II à l'époque du pontificat de Léon XIV. En hiver, la mosette papale est en velours rouge bordée d'hermine (cette dernière est également tombée en désuétude après Vatican II, mais le pape Benoît XVI a recommencé à porter une mozzetta d'hiver bordée de fourrure d'hermine), en été, la elle est en satin rouge. Le pape porte une croix pectorale suspendue à un cordon d'or au-dessus de la mosette. Il peut également choisir de porter une étole rouge avec une broderie dorée par dessus la mosette, même lorsqu'il n'officie pas lors d'un office.

Traditionnellement, pendant l'Octave de Pâques, le pape porte la mosette pascale blanche, qui est en soie damassée blanche garnie d'hermine. De même, bien qu'elle soit tombée en désuétude sous le pontificat de Jean-Paul II, elle a été remise en usage en 2008 par le pape Benoît XVI. Depuis le XIIIe siècle, de nombreux portraits papaux montrent aussi le pontife portant le camauro, un bonnet de velours rouge qui couvre les oreilles et est garni d'hermine ou de fourrure blanche. Là encore, le camauro est tombé en désuétude avec la mort du pape Jean XXIII, mais a été relancé par le pape Benoît XVI. Traditionnellement, le pape portait des pantoufles papales en satin rouge ou en velours lorsqu'il était en intérieur, et des chaussures papales en cuir rouge à l'extérieur. Les chaussures papales étaient traditionnellement rouges,symboles des sacrifices des fidèles, bien que le pape Jean-Paul II portait parfois des chaussures en cuir noires ou marron. C'est aussi le pape Benoît XVI qui a rétabli l'usage des chaussures papales rouges traditionnelles, mais le pape François est revenu aux chaussures noires, que le pape Léon XIV a continué à porter.

Habit ordinaire

Emblème

Notes et références

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