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Relations entre Israël et l'UNRWA

accusations d'Israël contre une agence de l'ONU From Wikipedia, the free encyclopedia

Les relations entre Israël et l'UNRWA font référence aux relations entre l'État d'Israël et l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), liées au conflit israélo-palestinien.

Bureaux de l'UNRWA à Jérusalem-Est, en Cisjordanie occupée par Israël.

Il s’agit de la plus grande des organisations humanitaires installées dans la bande de Gaza, qui traverse actuellement une crise humanitaire généralisée pendant la guerre à Gaza. L’UNRWA a été créée en tant qu’agence des Nations unies en 1949 pour soutenir l’aide aux réfugiés palestiniens après leur expulsion et leur fuite pendant la guerre israélo-arabe de 1948.

Depuis sa création, l'agence fait régulièrement face à des accusations israéliennes concernant sa neutralité, en particulier depuis les attaques du Hamas contre Israël, le . Israël voit en elle une organisation perpétuant ad vitam æternam le statut des réfugiés et réclame sa suppression[1]. Depuis le début de la guerre à Gaza, l'armée israélienne a mené des attaques meurtrières contre les installations de l'UNRWA à Gaza. Au moins 220 membres de l’agence onusienne ont été tués (à la date du )[2] et plus de 140 de ses centres, dont de nombreuses écoles, ont été bombardés[3]. Il s'agit du plus grand nombre de morts jamais subi par le personnel de l'ONU au cours d'une guerre[4]. En , la moitié des bâtiments de l'organisme situés dans la bande de Gaza ont été détruits par les bombardements[5].

Relations avant la guerre à Gaza

The Times of Israel reproche à cette agence d'être « profondément hostile et agressive envers Israël »[6] et d'être liée au « terrorisme palestinien »[7],[8]. Le CRIF accuse l'agence d'« employer des terroristes »[9]. L'agence onusienne est accusée par le Jerusalem Post, journal israélien, d'être « contrôlée par le Hamas »[10]. Cette organisation étant la seule autorisée à faire entrer des dollars dans la bande de Gaza est donc suspectée par The Jerusalem Post d'utiliser cet argent liquide pour cautionner et financer l’industrie de contrebande et le terrorisme par le biais de l'organisation islamique du Hamas[10].

UN Watch, ONG décrite comme un lobby pro-israélien[6],[11], qui a pour objectif revendiqué de « dénoncer les abus des Nations unies » et notamment le « double standard » vis-à-vis d'Israël[12], considère depuis le début des années 2000 que l'UNRWA est une « menace pour la paix », principalement en raison de ses « incitations à la haine et au terrorisme »[13] et pour ses « liens étroits avec le mouvement islamiste palestinien Hamas dont elle aide au financement et à la propagande »[10],[14],[15]. Cela se joue souvent à travers toutes les actions éducatives et culturelles de cet organisme auprès des réfugiés palestiniens dont il a la charge : programmes pédagogiques, éducatifs, télévisuels, radiophoniques, camps de vacances, manifestations artistiques, etc[10],[9],[16],[17]. En , un rapport de l'ONG UN Watch, présenté lors d'une conférence de presse à Berlin, accuse l'UNRWA d'entretenir des liens financiers et personnels avec le Hamas[12].

Au début de 2024, Israël formule une série d’accusations contre l’UNRWA, notamment sur l'implication présumée d'une douzaine de ses employés dans l'attaque du Hamas contre Israël le . L'UNRWA annonce enquêter sur ces allégations[18].

En , Israël dépose un dossier[6] auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) dans lequel il accuse environ 12 % des employés de l’UNRWA de liens avec le Hamas, ... (qui) inclut également le témoignage de l'ex-otage Emily Damari qui aurait été détenue dans une ancienne installation de l’UNRWA[19],[6].

L’association israélienne Ir Amim, souligne que les pressions israéliennes contre les écoles de l'UNRWA s'inscrivent dans une stratégie agressive des autorités en matière scolaire. « Israël fait beaucoup d’efforts pour que les enfants suivent un programme israélien, y compris les écoliers palestiniens. Toute nouvelle école ouverte par l’État n’est destinée qu’au programme scolaire israélien. Cette politique oblige les parents, les élèves et les enseignants palestiniens à choisir entre continuer à subir de graves pénuries dans les salles de classe, la surpopulation et la vétusté des installations, ou abandonner le programme scolaire palestinien, qui est ancré dans leur identité nationale et leur patrimoine culturel. » Pour beaucoup de Palestiniens, qui persistent à scolariser leurs enfants dans les écoles des Nations unies, les attaques israéliennes visent à effacer leur identité et leur existence en tant que peuple[20].

Allégations en 2024

Selon Israël, 12 employés de l'UNRWA sont impliqués dans les attaques et accusés d'avoir participé à divers titres, allant de rôles dans la logistique à l'achat d'armes, ainsi qu'à des prises d'otages jusqu'à la participation directe aux attaques[21],[22],[23]. Israël affirme qu'environ 10 % des 13 000 employés de l'UNRWA dans la bande de Gaza ont des liens avec des groupes islamistes, principalement le Hamas et le Jihad islamique palestinien, et que 190 employés de l'UNRWA sont des combattants[24]. En selon Israël, quatre responsables supplémentaires de l'UNRWA sont impliqués dans les attaques, aux côtés de 400 membres du personnel[25].

Philippe Lazzarini, le commissaire général de l'UNRWA, déclare que l'organisation a licencié les employés concernés[note 1], tout en annonçant le lancement d'une enquête, ajoutant que tout membre du personnel reconnu responsable fera face à des conséquences[27],[28],[29],[30]. Selon le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, neuf employés de l'UNRWA ont été licenciés, un est décédé et l'identité de deux autres personnes impliquées dans l'affaire est en cours de clarification[31]. Lazzarini précise le avoir suivi une « procédure régulière inversée », licenciant le personnel sans examiner aucune preuve, priorisant une action rapide dans ces circonstances[32]. Le , il déclare qu'Israël n'a fourni aucune preuve pour étayer ses affirmations[33]. Fin février, un rapport des services de renseignement américains exprime une « faible confiance » dans les affirmations israéliennes sur l'UNRWA[34]. Un rapport de l'UNRWA de dénonce le recours à la torture de la part d'Israël dans le but d'obtenir des « aveux forcés » des employés de l'UNRWA comme ayant des liens avec le Hamas[35],[36].

Le , les forces armées israéliennes ainsi que le Shin Bet ont déclaré avoir découvert un tunnel du Hamas sous le siège de l'UNRWA dans la bande de Gaza. Selon Israël, ce réseau souterrain était alimenté en électricité par le siège de l'UNRWA. Des armes et des documents auraient été retrouvés au siège de l'UNRWA. Des photojournalistes de Reuters et de l'AFP ont pu visiter à la fois le bâtiment et le tunnel. L'UNRWA se défend en indiquant avoir abandonné ce bâtiment le sur ordre des autorités israéliennes et qu'elle ne sait pas ce qui s'y est passé depuis. L'agence des Nations unies a demandé l'ouverture d'une enquête indépendante[37],[38].

Conséquences

La controverse conduit plusieurs grands pays donateurs à suspendre leur financement de l'UNRWA, notamment les États-Unis, l'Allemagne et le Japon[39]. L'arrêt des fonds est critiqué par plusieurs organisations internationales, compte tenu de la situation humanitaire dans la bande de Gaza en raison de l'invasion israélienne, notamment l'Organisation mondiale de la santé, Médecins sans frontières et Amnesty International. Ces organisations dénoncent « les pays les plus riches du monde ayant commis une cruelle décision… en punissant la population la plus vulnérable de la planète en raison des crimes présumés de 12 individus »[40],[41]. En réponse, certains autres pays occidentaux — l’Espagne[42], le Portugal[43],[44] et l’Irlande[45],[46] — ont augmenté leur financement de l’UNRWA. L'UE, qui avait suspendu son financement en attendant les résultats des enquêtes, l'a rétabli puis augmenté le , tandis que l'Australie, le Canada, le Japon, la Suède et la Finlande doivent le rajuster[47],[48]. Le , les États-Unis annoncent supprimer tout financement de l’UNRWA jusqu'en [49].

Le , les autorités israéliennes indiquent qu'elles n'autorisent plus le passage des convois humanitaires de l'UNRWA vers le nord de Gaza qui abrite encore environ 300 000 personnes[50],[51], livrant la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza à une possible famine selon l'ONU[52].

Le Parlement israélien déclare le l'UNRWA « organisation terroriste ». Cette décision est vivement critiquée, y compris par des États alliés à Israël[53].

Notes et références

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