René Savatier
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Marie Joseph René Savatier |
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René Savatier, né le à Poitiers et mort le dans la même ville, est un universitaire français catholique et libéral qui a marqué le droit du XXe siècle.
« Il n’est pas d’étudiants, de juristes, de magistrats qui ignorent le nom de René Savatier. Ses ouvrages, ses commentaires de jurisprudence sont universellement connus. »
— Jean Schuhler[1], commissaire de la République à Poitiers en 1944.
Il est reconnu pour ses engagements familiaux, religieux et civils.
René Savatier est issu d'une famille de juristes depuis plusieurs générations. Son bisaïeul, Auguste Savatier, avocat, a donné sa démission du barreau, pour ne pas prêter serment à la constitution de la monarchie de Juillet ; son grand-père Jules Savatier, magistrat, est révoqué de la magistrature dans les années 1880, victime de l’épuration républicaine ; son père, Henri Savatier, docteur en droit, lauréat de la Faculté de Paris, est le cofondateur de l'Œuvre des Cercles avec Albert de Mun, Léon Harmel et René de La Tour du Pin, issue du catholicisme social, et a été président de l'Association Catholique de la Jeunesse Française ainsi que directeur de la publication de la revue de l'association. Sa mère, Elisabeth Machet de La Martinière, se rattache au professeur Louis Guillemot qui est considéré comme l'un des corédacteurs du code civil ; elle est aussi l'arrière-petite-fille de Jacques de Liniers, vice-roi du Río de la Plata de 1807 à 1809.
Mariage et enfants
Diplômes et carrière universitaire

- Docteur en droit de la Faculté de droit de l'université de Poitiers en 1916.
- Chargé de cours à la Faculté de droit de l'université de Bordeaux en 1919-1920.
- Agrégé des facultés de droit (section de droit privé et criminel) en 1920.
- Professeur de droit civil à la Faculté de droit de l'université de Poitiers de 1920 à 1963.
- Professeur invité à l'Université McGill à Montréal, en 1945-1946.
- Doyen de la Faculté de droit et de sciences économiques de l'université de Poitiers, de 1955 à 1959.
- Fondateur de l'Institut d'administration des entreprises de Poitiers.
- Doyen honoraire (1959).
- Professeur honoraire (1964) de la Faculté de droit de l'université de Poitiers.
Autres engagements
- Maire de Lésigny-sur-Creuse de 1929 à 1953, après son père Henri Savatier, et son grand-père Jules Savatier.
- Vice-président de l'Association des maires de la région châtelleraudaise.
- En 1936, responsable de l'organisation anti-Front populaire dans le département de la Vienne, qui fit élire à la Chambre des députés sous l'étiquette Entente Républicaine cinq députés sur cinq : Jacques Masteau, maire de Poitiers, Aimé Tranchand, dont le fief était Chatelleraudais, Pierre Colomb, candidat agraire, Levesque et Coquilleau, conseillers généraux.
- De 1939 à 1943, délégué départemental du Secours national et du Comité d'Assistance aux Prisonniers de Guerre.
- Le 26 janvier 1941, il reçoit une lettre de Henri Vizioz, professeur de droit à l’université de Bordeaux et, vraisemblablement, à ce moment, conseiller du maréchal Pétain, qui l’invite à prendre ses dispositions pour venir rencontrer Pétain à Vichy [2] : Et il précise : « Confidentiellement, il s’agirait d’occuper une haute fonction, celle de garde des Sceaux. Il y a plusieurs personnes présentées pour ce poste. Vous êtes du nombre. » . Parmi les autres pressentis se trouve Joseph Barthélemy, qui deviendra effectivement ministre de la Justice le 27 janvier 1941
- Le 10 septembre 1942, René Savatier est arrêté dans son domaine des Pâtrières, en début de matinée, par deux policiers allemands accompagnés du soldat interprète de la douane allemande de Lésigny. Au cours de la perquisition qu’ils mènent, ils découvrent 200 cartouches environ, une provision faite pour l’ouverture de la chasse en 1939, mais non entamée car la chasse n'a pas été ouverte cette année-là. Transféré à Poitiers, il est interné à la prison allemande de la Pierre-Levée. Il y est d’abord interrogé par un certain Schulz, magistrat avant la guerre. Ce n’est pas l’existence des cartouches, qui auraient normalement dû être déclarées, qui intéresse ce dernier, mais le degré d’implication de René Savatier dans le réseau Renard, qui vient d’être découvert par les Allemands. Louis Renard est un ancien étudiant de René Savatier, installé comme avoué à Poitiers. Il va rester onze mois en prison.
- À sa sortie de prison, le 1er juillet 1943, René Savatier repris ses activités clandestines et devint, le 4 août 1944, Président du Comité départemental de libération de la Vienne [3]
- A ce titre, il a accueilli les Forces Françaises de la Résistance, le jour de la Libération de Poitiers le . Il fut parmi les rares intellectuels catholiques français à faire partie d'un comité de libération[4].
- Il démissionna de ses fonctions pour marquer son hostilité à la réforme de l'enseignement qui notamment ne permettait plus aux parents de confier leurs enfants aux maîtres de leur choix.
- En , il fut chargé par René Capitant, ministre de l’Éducation nationale, d’une mission de représentation du gouvernement de Gaulle issu de la Libération. Professeur invité à l’université McGill, il dut donner à travers tout le Canada des conférences sur la Résistance française qui avait une mauvaise image dans ce pays.
- Propriétaire exploitant du domaine viticole du château du Rouët au Muy dans le Var.
Décorations et honneurs
Décorations
Officier de la Légion d'honneur (1953)
Officier de l'ordre de la Santé publique (1956)[5]
Commandeur de l'ordre des Palmes académiques (1962)
King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni) (1945)
Chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (1971)
Honneurs
- Docteur honoris causa de l'Université McGill à Montréal (1945)
- Docteur honoris causa de l'Université de Louvain (1948)
- Docteur honoris causa de l'Université de Liège (1951)
- Docteur honoris causa de l'Université de Montréal (1952)
- Docteur honoris causa de l'Université de Bruxelles (1954)
- Docteur honoris causa de l'Université Radboud de Nimègue (1958)
- Docteur honoris causa de l'Université de Deusto Bilbao(1970)
- Docteur honoris causa de l'Université de Bâle (1973)
- Membre Correspondant de l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques) (1960)
- Membre à titre étranger de l'Académie royale de Belgique (1968)
Odonymie
Une rue de Poitiers porte son nom ainsi qu'une salle d'Audience de la Cour d'Appel de Paris.