Employée des Postes, elle est aussi sportive de haut niveau, principalement en natation. Elle est la première femme élue au comité directeur de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques. Elle fait partie successivement des dirigeants des clubs de natation Ondine de Paris, Cadettes de Gascogne et ASPPT.
Sportive polyvalente, Renée Mortier pratique vélo, patinage et sports aquatiques, natation comme plongeon. En 1907, elle participe à diverses épreuves à Paris (60 mètres, 100 mètres, plongeon). Le , elle se classe 4e des dames lors de la traversée de Toulouse à la nage (5 kilomètres), en 1h32min15s. Elle refuse de participer à une épreuve de six heures le car il lui aurait fallu abandonner son statut amateur. En 1908, en août, elle participe à la traversée de Lyon à la nage (4,5 kilomètres), elle termine 6e en 1h16min33s. Elle se classe 5e sur le 100 mètres lors d'un meeting international à Joinville-le-Pont à la fin du mois. L'année suivante, elle prend part aux épreuves féminines aux championnats de France de natation de l'USFSA (qu'elle a aidé à mettre en place)[5],[4]. En 1912, elle est la seule femme autorisée à participer à la Coupe de Noël, épreuve d'eau libre parisienne le jour de Noël. Elle se classe dernière du 150 mètres en 2min29s, dans une eau à 5°. En 1913, à la création du brevet par L'Auto, elle obtient son audax (soit 6 kilomètres de natation)[6].
Lorsque le club de natation Ondine de Paris est créé en 1906, elle y adhère et en devient la secrétaire pendant six ans[7],[4]. En 1907, elle est élue, «élément féminin», au comité directeur de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques; en effet, la FINA a fait pression sur les fédérations qui lui sont affiliées pour l'organisation d'épreuves féminines[8]. En 1921, elle participe avec onze autres employées des Postes à la fondation du club des Cadettes de Gascogne dont elle dirige la section natation à partir de 1928. Elle quitte ce club, qui est de moins en moins multisports et de plus en plus axé sur le football, et prend la tête de la section natation de l'ASPPT en 1931[9].
Pour les élections législatives de 1910 elle se présente dans la première circonscription du 12e arrondissement de Paris, dont le député est le ministre Alexandre Millerand[10]. Elle est proche de Marguerite Durand, d'Hubertine Auclert et de Gabrielle Chapuis, avec qui elle met en place un programme commun[11],[12]. Les candidates revendiquent l'accès des femmes au droit de vote[12],[4] pour l'élection de femmes députées qui pourraient voter des lois sociales permettant aux femmes de «s'affranchir de l'esclavage masculin»[4],[13]. Alexandre Millerand est le seul ministre à être mis en ballotage, mais ce ne sont pas les probables 200 voix (un décompte fiable a été exigé par Marguerite Durand, mais les résultats n'ont pas été diffusés[13]) obtenues par Renée Mortier qui ont dû faire la différence[13],[14]. Elle abandonne le combat féministe après la Première Guerre mondiale, ne se reconnaissant plus dans les nouvelles formes de lutte[15].
Anne Velez, Les Filles de l'eau: Une histoire des femmes et de la natation en France (1905-1939) (thèse de doctorat en Histoire), , 820p. (lire en ligne)