Republican Action Against Drugs
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La Republican Action Against Drugs (RAAD) (en français : Action républicaine contre les drogues) était un groupe républicain irlandais d’auto-justice, principalement actif à Derry et dans les environs, y compris en partie dans les comtés de Londonderry et de Tyrone en Irlande du Nord, et dans celui du comté de Donegal en république d’Irlande. Il ciblait des personnes dénoncées comme trafiquants de drogue[1]. Les méthodes du groupe incluaient des tirs par arme à feu dans les bras et les jambes de dealers présumés ("le jambisme"), des attaques par bombe tuyau ou incendie criminel sur leurs biens, et des alertes, menaces, bannissement ou meurtre de trafiquants présumés[2].
En juillet 2012 est annoncée la fusion entre la RAAD, l’Armée républicaine irlandaise véritable et des groupes paramilitaires républicains indépendants pour former la Nouvelle IRA[3],[4].
Création
Le groupe se forme à la fin de l’année 2008. Peu de temps après, il offre une "amnistie" à tous les trafiquants de drogue qui se dénonceraient et annonceraient qu’ils arrêtaient leur trafic[2]. Dans un entretien au Derry Journal en août 2009, la direction du groupe explique : "Nous voulions surveiller les actions de ceux qui répondraient favorablement et, après une période de temps adéquate, l’intérêt pour ces trafiquants de drogue cesserait et ils pourraient commencer à mener une vie normale"[2]. Le groupe prétend avoir un réseau de renseignement dans la région de Derry et précise : "Nous n’agissons jamais sans détenir des preuves indéniables que la personne punie vendait de la drogue. Nous compilons régulièrement des informations sur certaines personnes – notamment les images de caméras de vidéoprotection ainsi que les témoignages de ceux qui ont reçu des drogues de ces personnes".
En avril 2010, la RAAD annonce que son amnistie pour les trafiquants de drogue prendrait fin le et que ceux qui continueraient à vendre des drogues ensuite pourrait être tués[5]. Au début de juin 2010, le Derry Journal rapporte que la RAAD a ordonné à dix trafiquants de quitter Derry immédiatement[6]. Le mois suivant, le journal annonce que le groupe a donné à un autre trafiquant de Derry 48 heures pour quitter le pays[7]. Vers la même époque, un adolescent de Derry a présenté publiquement ses excuses pour avoir vendu de la drogue, après avoir été menacé par le groupe[8].
Actions violentes
À partir du 16 avril 2009, le groupe commet plusieurs dizaines d'attaques contre des trafiquants de drogues présumés, principalement dans le comté de Derry, mais également à Belfast et dans les comtés de Londonderry, Tyrone et Donegal. Elles consistent selon les individus visés en des attaques contre les biens (bombes tuyaux, incendie de voitures ou tirs contre des voitures, des habitations ou magasins), ou directement sur la personne des trafiquants présumés (tirs par arme à feu dans les bras et les jambes, selon la méthode du "jambisme", fréquemment utilisée en Irlande du Nord.
La RAAD revendique son premier meurtre en février 2012 quand Andrew Allen, père de deux enfants, est tué d’une balle dans la tête à son domicile de Buncrana, dans le comté de Donegal. Bien que cela soit nié par sa famille, le groupe précise qu’Allen avait été averti qu’il devait arrêter de vendre de la drogue, mais ne l’avait pas fait. La RAAD a affirmé qu’Allen était l’une des six personnes qui devaient être exécutées[9]. Plus tard dans le même le mois, des actions de la RAAD dans le Nord de Belfast ont été signalées, sans qu’il soit connu si ce groupe était lié à celui de Derry[10].
Attaques contre les forces de sécurité
En juin 2012, des membres de la RAAD membres font exploser un véhicule de police à Derry avec une bombe. C’est la première attaque de la RAAD contre les forces de sécurité, justifiée comme "une réponse directe aux attaques de plus en plus nombreuses et brutales contre les républicains et leurs familles" et la RAAD a averti que de telles attaques continueraient "aussi longtemps que les forces de sécurité continuent à attaquer les républicains". Au moment de l’attaque, de nombreux républicains irlandais favorables au processus de paix affirment que la RAAD est devenue un groupe politique dissidents anti-cessez-le-feu[11].
Arrestation de McCool et fusion
En , Kieran McCool, un habitant de Derry de 42 ans, est arrêté après que la police a trouvé dans sa voiture un "dispositif de balayage, des vêtements paramilitaires, et des cagoules", ainsi qu'un pistolet à impulsion électrique chez lui. Il est décrit au tribunal comme un membre clé de la RAAD, ce qu’il nie, affirmant détenir le pistolet paralysant pour sa propre protection. Un enquêteur déclare que les attaques de la RAAD ont diminué depuis l’arrestation de McCool. Il est placé sous surveillance électronique et soumis à un couvre-feu[12].
Le 26 juillet, la RAAD fusionne avec l’Armée républicaine irlandaise véritable et d’autres groupes républicains dissidents paramilitaires, mais ne comprenant pas l’Armée républicaine irlandaise de la Continuité[3],[4].