Requin du Groenland
espèce de requin
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Somniosus microcephalus
Répartition géographique
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VU : Vulnérable
Le requin du Groenland ou laimargue du Groenland (Somniosus microcephalus) est une espèce de requins de la famille des Somniosidae. C'est le vertébré qui a la plus longue espérance de vie connue : estimée entre 272 et 510 ans[1].
Description
Le requin du Groenland est l'un des plus gros requins carnivores de la planète, avec le grand requin blanc. C'est aussi l'un des plus gros poissons de l'Arctique, et sans doute le seul requin des eaux polaires de l'Atlantique Nord[2]. Sa longueur moyenne est de 2,5 à 4,5 m, mais il peut atteindre jusqu'à 6,4 m ( potentiellement plus ) pour un poids d'environ 1023 kg [3]. C'est également le vertébré à la longévité la plus importante (estimée à près de 400 ans)[4].
Habitat
Espèce principalement bathybenthique, il peut vivre à des profondeurs allant en moyenne de 100 à 1200m[5].
Seuls quelques pêcheurs, explorateurs et scientifiques ont pu observer ce requin, en raison des profondeurs où il évolue[6]. Il fréquente les eaux polaires de l'Atlantique Nord. Sa présence aurait été signalée dans certaines eaux australes (îles Kerguelen, île Macquarie, etc.) mais avec un risque de confusion avec l'espèce proche Somniosus antarcticus (en). Il affectionne les eaux entre -1,5 et 7,4 °C[7] et toujours inférieures à 12 °C. Les premières photos d'un spécimen vivant ont été prises en Arctique en 1995[2]. C'est le seul requin qui tolère les températures arctiques à l'année. Dans le cas de la rivière Saguenay, la présence du requin a été enregistrée pendant les quatre saisons, et non seulement en hiver, ce qui est plausible vu la grande profondeur (300 m) du fjord[2]. Il est cependant possible de l'observer en plongée récréative à Baie-Comeau au Québec.
Reproduction
Somniosus microcephalus est ovovivipare[2]. La femelle peut donner naissance à dix petits par portée. Les nouveau-nés mesurent environ 90 cm. Lors de l'accouplement le mâle va mordre la femelle sur la peau qui est deux fois plus épaisse que celle du mâle[2]. La maturité sexuelle intervient lorsqu'il mesure au moins 4 m, soit un âge proche de 150 ans (au moins 156 ± 22 ans)[8],[9].
- Requin du Groenland photographié dans le Nunavut .
- Dessin.
- Dessin.
Alimentation

Muni de dents très effilées au niveau de la mâchoire supérieure et larges au niveau de la mâchoire inférieure, c'est un charognard et prédateur actif qui se nourrit d'une grande diversité de poissons osseux ou cartilagineux ( harengs, saumons, morues , flétans, chabots , sébastes, ou raies )[10], de calmars, ou de différents mammifères marins, comme le phoque ou encore le marsouin commun[10]. Du fait de leur vitesse très faible et de leur manque de puissance musculaire, on suppose que les requins du Groenland chasseraient des mammifères marins endormis ou affaiblis et consommeraient également des charognes. De plus, des restes d'animaux terrestres (chien, cheval, renne, orignal...) ont été retrouvés dans son estomac[2]. Dans quelques cas, des restes d'ours polaire ont été retrouvés dans l'estomac de ce requin, mais il s'agit probablement de charognes ou de très jeunes oursons[11].
Comportement et biologie
Des études ont montré que le requin du Groenland grandit de 0,5 à 1 cm par année. Un requin capturé puis étiqueté au Groenland en 1936 fut capturé à nouveau en 1952. En seize ans, ce requin n'avait grandi que de six centimètres. L'hypothèse a été en conséquence faite qu'un requin adulte de sept mètres de longueur pourrait être âgé de plus de 200 ans. Les âges de deux femelles de 4,93 m et 5,02 m de longueur ont été estimés à entre 260 et 410 ans (335 ± 75 ans) pour la première et entre 270 et 510 ans (392 ± 120 ans) pour la seconde, en se basant sur la datation du cristallin au carbone 14[8],[9]. Ceci en fait probablement l'animal vertébré ayant la plus grande espérance de vie connue au monde[2], surpassant la baleine boréale[9],[12]. La sénescence négligeable du requin de Groenland[13], concept généralement associé à un risque de mortalité et une fertilité constants tout au long de la vie, s'expliquerait par la croissance et le développement très lents de l'animal[14].
Sur le plan de la consommation par des êtres humains, le requin du Groenland est le requin le plus toxique du monde. Très appréciée au Groenland et en Islande[15], sa chair doit être bouillie plusieurs fois pour éliminer l'oxyde de triméthylamine (TMAO), une neurotoxine dont les effets sont proches de ceux de l'ivresse[2]. Sa chair contient également une grande quantité d'urée pour réguler sa flottabilité, ce qui a valu à ce requin le sobriquet de pee shark (« requin-pipi »)[11].
Ce requin est souvent porteur de copépodes parasites oculaires bioluminescents (Onmatokoita elongata), qui pourraient l'aider à attirer des proies[11].
Plus généralement, son système oculaire est adapté à son environnement, caractérisé par la très faible lumière des grandes profondeurs où il évolue le plus souvent[16].
Déplacement
Le requin du Groenland nage à la vitesse de 0,34 mètre par seconde[2],[17] soit environ 1,6 km par heure[18], sa vitesse maximale atteignant environ 0,74 m/s[19]. Cette vitesse étant nettement inférieure à celle des phoques ( dont les tissus sont fréquemment retrouvés dans l'estomac des requins ), leur vitesse de déplacement étant d'environ 3,8 mètres par seconde, les scientifiques ignorent comment les requins parviennent à s'en nourrir, même s'ils supposent que le requin les attaquerait par embuscade pendant qu'ils dorment dans l'eau[11],[19].
Mythes et réalités
Les attaques contre des humains sont presque inexistantes, vu la profondeur et la température auxquelles évolue cet animal. Un seul cas d'attaque mortelle sur des Inuits en kayak a été rapporté sans être confirmé[20]. Un épisode de l'émission télévisée River Monsters[21] laisse entendre que le requin du Groenland pourrait avoir inspiré la légende du monstre du Loch Ness.
Exploitation humaine

Les Islandais font de sa chair du hákarl. Il est également exploité pour son cuir et ses dents dans l'Arctique.
Au Centre de technologie arctique ARTEK, à Sisimiut (Groenland), l'utilisation du requin du Groenland à la chair très huileuse, fait partie d'un projet pilote destiné à produire du biogaz à partir des déchets de la pêche[22].
