Responsabilité de la France dans la Grande Dépression
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La responsabilité de la France dans la Grande Dépression renvoie au rôle joué par la France dans le déclenchement et l'accentuation de la Grande Dépression et de ses effets économiques.
La loi du 25 juin 1928 rétablit la convertibilité du franc français en or, après quatorze années de cours forcé sans conversion possible. L'article 2 de la loi établit un taux qui rend un franc égal à 65,5 milligrammes d'or[1]. La France amasse d'autant plus d'or qu'elle est en situation d'excédent commercial vis-à-vis de grands pays importateurs, tels que le Royaume-Uni (sterling trap).
Les causes de la Grande Dépression ont fait l'objet de débats historiographiques et économiques importants. Les deux explications les plus répandues sont celles de John Maynard Keynes (explication keynésienne de la Grande Dépression) et de Milton Friedman et Anna Schwartz (relative à la grande contraction de la masse monétaire américaine). Toutefois, certaines tentatives explicatives postérieures ont mis l'accent sur d'autres causes, telles que le rôle de la politique de la Banque de France à partir de 1928[1].
Accumulation
À partir de 1926, la France accumule de l'or à un rythme très supérieur à celui des États-Unis. Les réserves d'or de la France passent de 7 % des réserves mondiales en 1926 à 27 % en 1932[2]. Entre 1928 et 1932, l'or français augmente de 50 milliards de francs (équivalent), de 29 à 82 milliards de francs[1].
En 1932, la France dispose d'un stock d'or proche de celui des États-Unis (27 % contre environ 34 %). Si en 1930, les États-Unis et la France détiennent 11 % du stock d'or mondial, ils en détiennent 60 % en 1932[3].
Du fait de cette aspiration de l'or du monde, entre 1929 et 1931, le reste du monde perd ainsi 8 % de son stock d'or. Cette réallocation de l'or entre les pays ne pose normalement aucun problème dans le cas où la banque centrale monétise les influx d'or, c'est-à-dire qu'elle imprime de la monnaie en proportion identique ; cela permet de garder à un niveau égal la masse monétaire. Toutefois, du fait de l'absence de règles fixes au niveau international à cette époque, la France et l'Amérique n'avaient aucune obligation de le faire. Ces deux pays ont donc stérilisé les influx d'or, causant une chute de la masse monétaire dans leur pays[3].
On observe ainsi à partir de 1926 une augmentation forte du taux de couverture, qui est égal au rapport entre les réserves d'or de la banque par rapport à son passif. Il passe de 40 % en décembre 1928 (sur un taux minimum de 35 %), à 80 % en 1932. Ainsi, entre 1928 et 1932, les réserves d'or augmentent de 160 %, mais la masse monétaire (M2) n'augmente pas[3].