Rhingrave (vêtement)
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La rhingrave est une jupe-culotte qui faisait partie du costume masculin de l'époque 1640-1670 en Europe de l'Ouest.

La rhingrave se portait assez bas sur les hanches et s'évasait vers le bas. Sa doublure était serrée au-dessus du genou par une coulisse. Parfois, il s'agissait d'une véritable jupe raide d'une ampleur réduite, qui rappelait un tonneau, et qui recouvrait un haut de chausses normal. Dans d'autres cas, il s'agissait de culottes très amples, molles et bouffantes, comportant donc un entre-jambe, bien que peu visible et très bas.
Ce haut de chausses, large, fut créé aux Pays-Bas vers les années 1640 ; son usage se répandit en Allemagne et en Angleterre (pas en Espagne, voir fig. 7).
Il reste communément admis que la rhingrave fut introduite en France à la cour de Louis XIV en 1660, par Karl Florentin, Rhingrave de Salm, d'où son nom. Le mot "Rhingrave" est la forme francisée de Rheingraf qui veut dire "comte du Rhin". Ce fait est contesté par certains, étant donné que des portraits du roi attestent le port de la rhingrave avant l'année 1660 (fig. 7). La vogue de la rhingrave dura jusqu'à 1670 environ, époque où elle céda la place à la culotte ajustée et à l'habit à la française[1].
Le terme allemand qui désigne ce vêtement est Rheingrafenhose, alors qu'en Angleterre on les nommait Petticoat breeches, c'est-à-dire « culotte-jupon ».
À la Restauration de la monarchie en Angleterre en 1660, cet effet fut adopté par Charles II, qui dans le portrait de son couronnement arbore des petticoat breeches en satin blanc rehaussés de rubans de la même couleur .
En France, l'engouement pour la dentelle et les nœuds de ruban en soie fit que l'ensemble de l'habit d'homme se couvrit d'une profusion d'ornements[2]. Dans une ordonnance de police saxonne de 1661, on lit qu'il est fréquent d'utiliser 200 aunes, c'est-à-dire plus de 200 mètres, de ruban, pour garnir un seul habit[3]. La rhingrave comportait donc :
- les « galants », nœuds de ruban au niveau de la taille ainsi que des deux côtés des genoux.
- la « petite oie », sorte de petit tablier de nœuds de rubans à hauteur de braguette[4]
- les « canons », ornement de drap, de sergé, de soie ou de dentelle, en forme d'entonnoir renversé, qu'on attachait au bas de la culotte, et ressemblant eux aussi à deux jupettes recouvrant les mollets. Les canons disparaîtront dès les premières années.
C'est la rhingrave que décrit le paysan Pierrot, personnage du Dom Juan de Molière, lorsqu'il met en ridicule les atours tapageurs de la noblesse de l'époque : « En glieu d’haut-de-chausses, ils portont une garde-robe aussi large que d’ici à Pâques ».
- 3. Angleterre, 1661 : rhingrave courte en satin, avec entrejambe.
- 4. Hollande, 1661 : rhingrave entièrement noire.
- 6. Dans le bas : France, vers 1660 ; ici les deux genres de rhingrave.
- 7. Le tableau date de 1659, le roi et les dignitaires français portent déjà la rhingrave, par contre ceux espagnols, à droite, qui n'adopteront jamais cette mode, portent un haut de chausses assez ajusté.