Antoine Richepance
général français et administrateur colonial en Guadeloupe
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Antoine Richepance, né Richepanse[1], né le à Metz (Province des Trois-Évêchés), mort le à Basse-Terre (Guadeloupe), est un général français, actif pendant les guerres de la Révolution française. Il fut à la tête de l'armée expéditionnaire de la Guadeloupe, chargée d'y rétablir l'esclavage à la demande du consul Bonaparte. Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile.
Metz
Basse-Terre
| Antoine Richepance | ||
Antoine Richepance, général de division (1770-1802), par Louis-Édouard Rioult, huile sur toile, 1846, Musée de l'Armée. | ||
| Naissance | Metz |
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|---|---|---|
| Décès | (à 32 ans) Basse-Terre |
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| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Grade | Général de division | |
| Années de service | 1785 – 1802 | |
| Conflits | Guerres de la Révolution française | |
| Faits d'armes | Bataille de Siegburg Bataille d'Altenkirchen Bataille d'Altendorf Bataille de Neuwied Bataille de Novi Bataille de Hohenlinden |
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| Distinctions | Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile | |
| Autres fonctions | Capitaine général de la Guadeloupe (1802) | |
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Biographie
Jeunesse et formation militaire
Fils d'Antoine Richepanse (1734-1808), sous-officier du régiment de Conti dragons[2] puis député de la Loire au Corps législatif de 1802 à 1808[3], Antoine Richepanse naît le , à Metz[4], place forte française des Trois-Évêchés. Suivant les traces de son père, Antoine est admis comme enfant de troupe dès l'âge de 5 ans, au régiment de Conti dragons. Sa formation militaire est typiquement celle d'un enfant de troupe sous l'Ancien Régime. Alors qu’il est à peine âgé de 15 ans, il s’engage dans les Chasseurs d’Alsace, en et gravit rapidement les premiers grades de la hiérarchie militaire. Maréchal des logis en 1785, il est promu maréchal des logis chef en 1788, peu avant la Révolution française.
Soldat de la Révolution

Partisan de la Révolution, le jeune sous-officier se distingue dès les premières campagnes des armées révolutionnaires.
Promu sous-lieutenant en 1791[2], il est nommé lieutenant en , puis capitaine en et enfin chef d'escadron au 1er chasseurs à cheval, en . En 1796, commandant, il fait partie de l’armée de Sambre-et-Meuse. En juin, il contribue aux victoires de Siegburg et d'Altenkirchen, où il montre ses talents à la tête du 1er régiment de chasseurs[2].
Témoin de sa fougue, Kléber le nomme le général de brigade, écrivant à Jourdan : « Je pense, mon cher camarade, que tu approuveras cette nomination, et que tu détermineras le gouvernement à la confirmer. J'y attache un intérêt d'autant plus vif, que ce parait être le vœu de tout le corps d'armée qui a été témoin de ses actions brillantes[5]. »
Général de cavalerie
Son grade de général de brigade est confirmé par le Directoire quelques jours plus tard en [6]. Il a alors 26 ans.
Blessé d'un coup de sabre, à la bataille d'Altendorf, il s'illustre encore à la bataille de Wetzlar, puis à Strullendorf[7].
L’année suivante, en , il prend une grande part dans la victoire de Neuwied, où les Impériaux perdent 8 000 prisonniers, 27 pièces de canon et 7 drapeaux[8]. En 1798 il sert dans la Division Lemoine, sous le commandement de Kléber. Appelé en Italie en 1799, il commande la réserve de cavalerie de l'Armée d'Italie. Richepanse participe activement à la bataille de Novi, ce qui lui vaut d’être promu général de division par Championnet le [9]. Sa promotion est confirmée par le Consulat en . Placé sous le commandement de Moreau, le jeune général mène plusieurs combats victorieux à Waldshut en avril, et enfin à Kirchberg en .
Le , il affronte le flanc gauche des armées autrichiennes de l'archiduc Jean à Hohenlinden. Son attaque décisive permet à Moreau de remporter la victoire. Il participe encore avec succès aux combats de Hermsdorf, Strasswalchen, Frankenmarkt et Schwanenstadt en . Richepance est alors au faîte de son ascension.
L’armée du Rhin étant dissoute en , il est mis en disponibilité. Il est nommé Inspecteur général des troupes de cavalerie de la République batave.
Général en chef à la Guadeloupe

En , il est nommé général en chef de l'armée expéditionnaire de la Guadeloupe[10],[2]. Dans la colonie, il mène une campagne sanglante (66 % de perte dans le corps expéditionnaire) et impose contre une partie des troupes françaises locales de couleur le rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe par voie de fait[11].
La reconquête de l’île est achevée le , quand Louis Delgrès et les derniers défenseurs de la « liberté générale » se suicident à l'explosif plutôt que se rendre. Le , Richepance signe un arrêté qui limite aux seuls Blancs de la colonie la qualité de « citoyens », supprime la rémunération due par les propriétaires aux anciens esclaves devenus cultivateurs et instaure sur les « habitations » (plantations) un régime proche de celui en vigueur avant 1789[12].
Ayant contracté la fièvre jaune en Guadeloupe, il meurt le [4] après 16 jours de maladie[2], à l’âge de 32 ans[8].
Un décret de Bonaparte daté du officialise le rétablissement le l'esclavage par Richepance. Parvenu à la Guadeloupe après son décès, il n'est promulgué que le par le capitaine-général Auguste Ernouf[13].
Hommages et critiques

Mort sous le Consulat, le général Richepance, mort en service à l'âge de 32 ans, est considéré par l'historien et biographe du XIXe siècle Charles Mullié comme « l’un des plus braves généraux de la République[8] », il est aussi célébré comme un héros de l'Empire puisque son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris. Napoléon fit nommer Richepance une rue de Paris, et ordonna, en 1803, que le fort Saint-Charles en Guadeloupe soit rebaptisé de son nom[14]. En 1810, l'Empereur anoblit sa veuve et son fils aîné en leur donnant une baronnie d'Empire. La décision de graver son nom sous l'Arc de Triomphe a été prise en 1836.
Sur sa tombe, aujourd'hui anonyme, érigée à l'intérieur du fort Delgrès, est inscrit : « Mort à 32 ans. Mais combien n'a-t-il pas vécu pour la gloire et pour la patrie ». Dans deux courriers adressés aux présidents François Hollande en 2014, et Emmanuel Macron, le , le collectif LKP exige que la dépouille de Richepance quitte la Guadeloupe[15]. Une suite favorable n'a pas été obtenue à ce jour[16].
Pour les Guadeloupéens, Richepance incarne une mémoire négative de l'île, en raison de son rôle dans le rétablissement de l'esclavage. Le « fort Richepance »[17] a été rebaptisé « fort Saint-Charles » en 1960, puis, en 1989, « fort Delgrès », du nom de Louis Delgrès, le chef de bataillon créole célèbre pour sa résistance aux troupes venues rétablir l'esclavage[18] qui se suicida plutôt qu'être capturé par Richepance en 1802.

En , la ville de Paris a rebaptisé la rue Richepance en rue du Chevalier-de-Saint-George[19], imitée en 2004 par Metz, sa ville de naissance, qui renomme le quai Richepance en quai Wiltzer[20],[21]. À Rouen, la caserne Richepanse est devenue le quartier Pélissier en 1974.
Unions et descendance
Richepance épousa, en premières noces à Puligny-Montrachet (Côte-d'Or), Pierrette Gaudez (née à Tournus), dont il a eu :
- Émilie Pierrette (1791-1871), mariée, le à Tournus, avec François Marie (1772 - Saint-Omer - - Sainte-Ruffine), chevalier Rousseau de Sibille de l'Empire, lieutenant-colonel du génie, dont postérité (plusieurs fils) ;
Le général Richepance convola en secondes noces, en 1797, avec Marie Joséphine Charlotte Antoinette de Damas (1776- - Paris), qui deviendra baronne Richepance et de l'Empire (), fille de François de Paule de Damas (né en 1736), seigneur du Rousset, puis capitaine au régiment de Beauce, dont il eut :
- Marie Alexandrine Ignatie Julie (née vers 1793[réf. nécessaire] - , mariée, le , avec Digby Mackworth (1789-1852), baron Mackworth (en), 4e baronet of The Gnoll (en) (), dont postérité ;
- Eugène Charles François ( - Stolberg (près d'Aix-la-Chapelle) - Tué le - au siège de Constantine), baron Richepance et de l'Empire (créé baron à onze ans, en récompense des services rendus par le général Richepance, son père : décret du , lettres patentes du (Paris), chef d'escadrons de cavalerie, sans alliance ;
- Adolphe Antoine ( - Colmar - - château de Segange, Avermes), 2e baron Richepance (), colonel commandant le 1er chasseurs d'Afrique (), général de division (), grand officier de la Légion d'honneur, marié le avec Constance du Broc de Segange, sans hoirs.
Armoiries des Richepance
| Figure | Blasonnement |
| Marie Joséphine Charlotte Antoinette de Damas (1776- - Paris), veuve du sieur général Richepance, baronne Richepanse et de l'Empire (décret du , lettres patentes du (Paris)),
D'argent ; à la tête de maure de sable, tortillée d'or ; coupée [d'or] à la croix ancrée de gueules (de Damas) ; sur le tout au signe distinctif des baronnes veuves de militaires qui est d'argent à l'épée en pal la pointe basse d'azur.[22] | |
| Eugène Charles François Richepanse ( - Stollberg)-tué le - au siège de Constantine), baron Richepanse et de l'Empire (créé baron à onze ans, en récompense des services rendus par le général Richepanse, son père : décret du , lettres patentes du (Paris)), chef d'escadrons de cavalerie,
D'argent à la tête de maure de sable tortillée d'or ; coupé d'or à la croix ancrée de gueules (de Damas) ; franc-quartier des barons tirés de l'armée. [22] |