Ridotto
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Le Ridotto (en italien : il Ridotto, littéralement « le réduit »), également appelé la Redoute de Venise[1],[note 1] en français de l’époque, est une aile de l'ancien Palazzo Dandolo, actuellement l'Hôtel Monaco à Venise. En 1738, il fut converti par Marco Dandolo à la demande des dirigeants de la ville de Venise en une maison de jeu appartenant au gouvernement. Le Ridotto fut le premier casino mercantile public d'Occident, en activité pendant le Carnaval, qui durait six mois par an. Les joueurs ne pouvaient y entrer que masqués.
Nom
Le mot italien ridotto est l’équivalent étymologique du mot français réduit. En tant que noms communs, les deux mots signifiaient originellement « refuge »[3],[4]. L’italien ridotto fut attesté plus tard au sens de « lieu de fête, de bal[4] », à comparer avec le français réduit qui autrefois signifiait également « lieu où plusieurs personnes ont coutume de se rendre pour converser, pour jouer, pour se divertir[5] ».
Le mot français redoute vient de ridotta, féminin de ridotto. Le mot redoute était employé en 1752 au sens de « bal public où tout le monde peut entrer », « à Venise et en plusieurs cours d’Allemagne »[6].
Histoire
Les jeux pratiqués au Ridotto étaient le plus souvent la bassette, le pharaon et le biribi (sorte de roulette), mais peut-être le jeu le plus populaire à l'époque était le sbaraglino. Cité par Casanova comme un exemple de combinaison de passion et de tension émotionnelle, ce jeu faisait partie de la famille des jeux de tables comme le trictrac en France, ou le backgammon en Angleterre.
En 1768, le Ridotto subit une rénovation totale confiée à l'architecte Bernardino Maccaruzzi.
Le Ridotto fut fermé le par décret du Conseil des Dix interdisant les jeux de hasard.
- Il Ridotto di palazzo Dandolo a San Moise - Francesco Guardi.
- Le Ridotto d'après Pietro Longhi (vers 1720).
- Le Ridotto d'après Longhi.
Notes
- Jean-Jacques Rousseau emploie le terme redoute au masculin dans une lettre de 1770 : « Je n’ai vraiment joué qu’une fois en ma vie, au Redoute à Venise : je gagnai beaucoup, m’ennuyai, et ne jouai plus[2]. »