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Rien que pour vos cheveux

film américain de Dennis Dugan, sorti en 2008 From Wikipedia, the free encyclopedia

Rien que pour vos cheveux ou On ne rigole pas avec le Zohan au Québec (You Don't Mess with the Zohan) est une comédie américaine, réalisée par Dennis Dugan et sortie en 2008.

Titre québécois On ne rigole pas avec le Zohan
Titre original You Don't Mess with the Zohan
Réalisation Dennis Dugan
Faits en bref Titre québécois, Titre original ...
Rien que pour vos cheveux
Titre québécois On ne rigole pas avec le Zohan
Titre original You Don't Mess with the Zohan
Réalisation Dennis Dugan
Scénario Judd Apatow
Adam Sandler
Robert Smigel
Musique Rupert Gregson-Williams
Acteurs principaux

Adam Sandler
John Turturro
Emmanuelle Chriqui

Nick Swardson
Lainie Kazan
Sociétés de production Columbia Pictures
FortyFour Studios
Happy Madison Productions
Relativity Media
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie
Durée 113 minutes
Sortie 2008

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Le film met en scène Adam Sandler dans le rôle d’un super agent du Mossad, qui décide d’orchestrer sa propre mort pour réaliser son rêve : ouvrir un salon de coiffure à New York.

Synopsis

Fiche technique

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Distribution

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  • Version française réalisée par Studios de St Ouen sous la direction artistique d'Hervé Rey[3].
  • Version québécoise réalisée par Technicolor Services Thomson sous la direction artistique d'Olivier Reichenbach[4].

Sources doublage : Doublage Québec[4] et RS Doublage[3].

Production

Développement

Un bateau transportant une caméra filmant un acteur.
Tournage d'une scène aquatique au Mexique en novembre 2007.

À l’été 2000, l’acteur Adam Sandler et les scénaristes Robert Smigel et Judd Apatow rédigent les premières ébauches du scénario. Tous trois de confession juive, ils souhaitent aborder avec humour le conflit israélo-palestinien. Puis, les attentats du 11 septembre 2001 surviennent. Le sujet devient alors trop sensible pour être produit, et le projet est mis de côté. Judd Apatow s’éloigne ensuite du projet avant de devenir un scénariste renommé[5].

Le scénario s’inspire de plusieurs sketches interprétés par Adam Sandler et écrits par Robert Smigel pour l’émission Saturday Night Live. Il s’agit de parodies de télé-achat où des vendeurs de produits électroniques israéliens négociaient en direct avec leurs clients au téléphone. Dans sa jeunesse, Smigel avait participé à un camp d'été juif, où il avait rencontré de nombreux Israéliens et découvert l’humour juif[5].

Dès les premières étapes de la production, Zohan est perçu par Hollywood comme « un film israélien ». Pour éviter les critiques, Adam Sandler cherche à recruter des acteurs arabes et israéliens. Il ouvre donc un bureau de casting en Israël[6]. Si les acteurs israéliens se bousculent pour auditionner, la réponse des acteurs arabes est, en revanche, bien moins enthousiaste. Une explication possible ? Sandler, connu pour son engagement en faveur de causes juives, n’est pas particulièrement populaire dans le monde arabe. « Adam Sandler n’a pas une bonne réputation dans les communautés arabes et musulmanes », déclare Sayed Badreya, acteur d’origine égyptienne qui incarne l’un des adversaires de Zohan à New York, dans The New York Times[6].

Smigel s’est inquiété d’avoir poussé l’humour sexuel trop loin. Puis est venu le jour où ils ont rencontré Ido Mosseri, engagé pour incarner Oori, l’acolyte de Zohan qui gère la boutique d’électronique[5]. Il y a un dialogue que Smigel pense couper. Le personnage de Nick Swardson dit : « J’aimerais visiter Israël à un moment donné. J’ai toujours voulu voir le mur des Lamentations. » Et Oori répond : « Le mur des Lamentations ? Vous n’aurez pas de chatte au mur des Lamentations ! Tel-Aviv, c’est là que vous allez » Smigel en parle à Ido, qui lance : « Jérusalem ? Vous n’avez pas besoin de voir Jérusalem. Vous venez avec moi à Tel-Aviv. Vous n’y croirez pas : la fête, les filles... c’est incroyable ! »[5] Il lui montre ensuite sur son téléphone le premier message qu’il avait envoyé à un ami après avoir été embauché pour le film : « J’ai été pris ! Dites aux filles de Los Angeles de m’attendre ! » Pour lui, peu importe l’acteur avec qui il va jouer la scène. Il est venu à Los Angeles pour pouvoir s’envoyer en l’air. Une fois sur place, il a trouvé que les filles sont bien moins accessibles dans les clubs. Ido estime qu’il y a un préjugé inhérent contre les hommes du Moyen-Orient. Il est aussi frustré par la confusion fréquente entre Arabes et Israéliens. Smigel réécrit alors le personnage d’Oori pour qu’il reflète parfaitement la personnalité d’Ido Mosseri[5].

Bande originale

La musique du film est composée par Harry Gregson-Williams. L’enregistrement a eu lieu au studio Sony, où Blake Neely dirige un ensemble de soixante-deux musiciens issus de la Hollywood Studio Symphony, interprétant une partition orchestrée par Alastair King. En plus des instruments habituellement présents dans les orchestres symphoniques, les compositeurs intègrent souvent la guitare et une clarinette klezmer[7].

Accueil

Accueil public en Israël et dans la diaspora juive américaine

Le personnage de Zohan Dvir est accueilli très positivement en Israël, même s’il reprend les pires stéréotypes du pays. À Tel-Aviv, le personnage apparaît sur de nombreuses affiches à travers la ville, et les médias locaux ont largement évoqué le sujet[8]. Rien que pour vos cheveux est alors désigné comme « le film le plus israélien d’Hollywood ». Bien que le film prône la concorde entre les deux peuples, les Israéliens s’y sont rendus en masse, notamment parce que le protagoniste est lui-même israélien et que des acteurs et musiciens israéliens figurent au casting[8].

Une assiette contenant une purée et du pain.
Le Houmous, préparation typique arabe et juive.

Les Israéliens ne semblaient pas trop gênés par leur présentation, parfois peu flatteuse. Lors de la première à Tel-Aviv, la foule éclate de rire à chaque exploitation d’un cliché lié à leur culture, comme lorsque Zohan se brosse les dents avec du houmous[8]. « Je pense que c’est presque un geste envers Israël », a déclaré Ido Mosseri, qui joue Oori, l’acolyte israélien de Zohan. Il indique « J’étais un peu inquiet, car les foules israéliennes sont très critiques, mais je pense qu’elles ont tout pris avec amour »[8].

Adam Sandler est, selon un sondage auprès d’étudiants diplômés juifs américains, la deuxième célébrité masculine juive la plus populaire, après Jerry Seinfeld[9]. Il représente sans doute un aimant pour la jeune démographie masculine juive. En Floride et à New York, de nombreux membres de la diaspora se sont donc rendus en salle. Zohan marque en effet une première : celle de représenter un Israélien et le conflit israélo-palestinien de manière comique à Hollywood. « Cela représente une nouvelle représentation dans l’imaginaire culturel diasporique », déclare Josh Kun, professeur à l’Université de Californie du Sud. Pour la première fois, un film américain à gros budget permet aux spectateurs de « penser aux Israéliens comme à des êtres humains ordinaires »[9]

Accueil critique

Le film est froidement accueilli par les critiques de cinéma. Sur le site Rotten Tomatoes, il obtient le score de 38 % pour un total de 189 critiques[10]. Le film dispose sur le site Metacritic d'une note sensiblement plus forte de 54 % basée sur 37 avis[11]. En France, il reçoit des critiques plutôt positives ; le site Allociné propose une note de 3,1 sur 5 à partir de l'interprétation de 14 titres de presse[12].

Aux États-Unis, Roger Ebert du Chicago Sun-Times trouve qu'il s'agit d'une puissante ode à la vulgarité. « On peut apprécier ou pas ». Lui-même avoue avoir eu honte d'avoir autant ri[13]. Pour Richard Schickel, critique pour Time, Adam Sandler offre une satire hilarante des héros à la James Bond. De plus, le désir obsessionnel du Zohan de proposer une coupe de cheveux « soyeuse comme de la soie » constitue un excellent moteur comique[14]. Lisa Schwarzbaum, critique pour Entertainment Weekly, trouve le film sans surprise, mais apprécie la première séquence dans laquelle Adam Sandler incarne un James Bond sémite aux cheveux bouclés et hyper-macho. Elle souligne qu’« il y a au moins autant de blagues sur le houmous dans ce film qu’il y avait d’anciennes tribus en Israël ». Selon elle, la comédie perd progressivement son élan lorsque l’action se déplace vers le Nouveau Monde, avant de s’effondrer complètement avec l’arrivée du personnage de Rob Schneider[15].

Plusieurs musiciens.
Le groupe de hip-hop Hadag Nahash en concert en 2016.

En Israël, Amir Kaminer, critique de cinéma pour le quotidien Yediot Aharonot, déclare que Zohan, le personnage interprété par Adam Sandler, est le meilleur personnage israélien d’Hollywood depuis que Paul Newman a incarné le combattant juif Ari Ben Canaan dans Exodus (1960). Cependant, il estime que le film est « « vulgaire et stupide », et qu’il offre une représentation inexacte d’Israël. Il déclare, « Nous ne sommes pas tous focalisés sur le fait de manger du houmous, de tuer des Arabes et de forniquer. Nous faisons aussi d’autres choses »[8]. Sha'anan Streett, chanteur du groupe de hip-hop israélien Hadag Nahash — l’un des plus connus du pays — a quatre de ses chansons en hébreu intégrées au film. Il n’a pas du tout été gêné par le côté provocateur de l’œuvre : « « Je n’ai aucun problème à me moquer d’Israël, car je trouve que nous sommes assez drôles. Beaucoup d’Israéliens pensent qu’Israël est plus saint que tout, mais quand les choses ne sont pas aussi tristes ici, elles deviennent en réalité drôles. C’est en fait un pas vers la normalité que de pouvoir se moquer de nous »[8]. Pour Gilad Halpern, du journal Haaretz, il s’agit de la rencontre entre Shampoo (1975) et Munich (2005), avec une touche de Happy Gilmore (1996)[6].

En France, Iris Mazzacurati, critique pour Ciné Live, indique que le film réhabilite Adam Sandler à ses yeux. Elle conclut sa critique en affirmant que « c’est con, mais qu’est-ce que c’est bon ! »[16].

Box-office

Rien que pour vos cheveux est un succès commercial avec 204 313 400 dollars de recettes pour un budget de 90 millions de dollars[2]. Aux États-Unis, Rien que pour vos cheveux engrange 38 000 000 dollars lors de son week-end d’ouverture, se classant deuxième derrière Kung Fu Panda. À partir du 7 septembre 2008, le film atteint un total de 100 000 000 dollars au box-office américain[2]. En France, avec 211 500 entrées, le film se classe en 164e position du box-office de l’année 2008 derrière des comédies américaines comme Tonnerre sous les Tropiques (81e), Soyez sympas, rembobinez (95e), Max la menace (104e), Appelez-moi Dave (132e) et Tout... sauf en famille (162e)[17].

Davantage d’informations Pays, Box-office (2008) ...
Résultats au box-office par région/pays
Pays Box-office
(2008)
Classement de l'année
(2008)
Monde Monde 204 313 400 US$[2] 34e
Drapeau de la France France 211 500 entrées[17] 164e
Drapeau des États-Unis États-Unis 100 018 800 US$ 25e
 Europe 6 000 500 entrées[18]
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Distinctions

Note : sauf mention contraire, les informations ci-dessous sont issues de la page Awards du film sur l'Internet Movie Database[19]. Ici sont listés les principaux prix.

En 2008, Rien que pour vos cheveux est nommé pour le Teen Choice Awards de la meilleure comédie de l'été. En 2009, Rupert Gregson-Williams est primé parmi d'autres compositeurs de musique au BMI Film and TV Awards pour la musique du film.

Analyse

Le film traite du conflit israélo-palestinien. Ce n’est pas la première fois qu’Adam Sandler et Dennis Dugan abordent un sujet politique sensible en en faisant une comédie potache. Leur première collaboration, Quand Chuck rencontre Larry (2007), avait pour sujet le mariage homosexuel[20]. Dans cette comédie, Sandler pousse les limites du politiquement correct et du bon goût, à la manière d’un Sacha Baron Cohen dans Borat (2006)[20]. Par exemple, Le conflit entre les communautés israélienne et palestinienne à New-York doit être réglé dans le film par une compétition de hacky sack, avec Mariah Carey qui entonne The Star-Spangled Banner, l’hymne national américain[13]. Plus tard dans l’histoire, le conflit est réinterprété à travers une scène inspirée des séquences d’affrontement emblématiques de West Side Story (1961)[20].

Une balle en laine.
Un hacky sack.

Le personnage principal, Zohan, est présenté comme un héros israélien qui défie les lois de la gravité et ne craint pas la douleur[13]. Son ennemi juré, le Fantôme, est un Palestinien doté d’une confiance en lui extraordinaire et capable de marcher au plafond. Leur confrontation est développée comme celle de super-héros du Moyen-Orient[13]. Sorte de John Rambo israélien, Zohan n’est plus satisfait de sa vie. Il souhaite se reconvertir dans la coiffure. Cela permet à Sandler d’évoquer les thèmes du dépassement de soi, de l’aventure vers l’inconnu et de l’illusion du rêve américain[20]. Cette approche rappelle le personnage de Sylvester Stallone dans ses films Rambo (1982) ou Rocky (1976). Sandler parodie d’ailleurs la célèbre séquence d’entraînement de ce dernier. Les séquences d’entraînement de Zohan font également écho à Munich (2005) de Steven Spielberg et à Spider-Man (2002) de Sam Raimi[20].

Le scénario, plutôt squelettique, est avant tout là pour structurer une avalanche de gags visuels[13]. S’il aborde le conflit israélo-palestinien, ce n’est pas pour en faire une déclaration politique, mais plutôt pour moquer les moralisateurs de tous bords. Le conflit y est avant tout un terrain fertile pour les gags[20]. Rien que pour vos cheveux, comme le précédent film de Dennis Dugan, Quand Chuck rencontre Larry (2007), concentre son humour sous la ceinture[16]. Cependant, son nouveau film ose explorer le politiquement incorrect et le subversif. Américains, Israéliens, Palestiniens et autres y sont moqués sans distinction. L’association au scénario de Judd Apatow semble être à l’origine de ce changement de direction[16].

Exploitation

Le film sort en DVD et en Blu-ray aux États-Unis en dans une version double disque, le premier contenant la version cinéma et le second une version longue. Plus de 1,1 million de DVD se sont vendus et ont rapporté 26 millions de dollars[21].

Rien que pour vos cheveux sort en DVD en France dans la collection KSC - King of Silly Comedies[N 2] en chez Sony Pictures. Cette collection comprend les films L'An 1 : Des débuts difficiles (2009), Bad Santa (2003), Braqueurs amateurs (2005), Délire Express (2008), Frangins malgré eux (2008), Gigolo malgré lui (2004), Paul Blart : Super Vigile (2009), Ricky Bobby : Roi du circuit (2006), Super blonde (2008), SuperGrave (2007), Walk Hard: The Dewey Cox Story (2007), mais aussi d'autres films avec Adam Sandler comme Big Daddy (1999), Click : Télécommandez votre vie (2006) et Mi-temps au mitard (2005)[22]. La version Blu-ray sort le même mois avec en bonus un commentaire audio des acteurs Adam Sandler, Rob Schneider, Robert Smigel et Nick Swardson, un commentaire audio du réalisateur Dennis Dugan, des documentaires et des scènes supplémentaires[23].

Notes et références

Annexes

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