Lancé en version papier le 2 décembre 1998 par le journaliste Ugo Gaudenzi, membre fondateur de l'organisation néofasciste Lotta di Pololo et fondateur du journal L’Umanità, Rinascita : quotidien de gauche nationale (quotidiano di sinistra nazionale) se définit dès ses débuts en ces termes :
« Le seul quotidien italien, en dehors de la masse, qui a le courage de dire les choses telles qu’elles sont réellement, sans se retrancher derrière un “politiquement correct” qui déforme la réalité à dessein. Libre d’une information univoque de type médiatique, d’empreinte et d’intérêt pro-américain, Rinascita est apartitique et laïque, loin des intérêts partisans de droite et de gauche et des groupes et milieux qui leur sont liés. Depuis 1998, le quotidien Rinascita est la voix de ceux qui veulent une information désintéressée, vraie et pure, et de ceux qui recherchent une identité nationale et européenne affranchie des lobbies et des jeux de pouvoir, d’un capitalisme et d’une globalisation qui ont progressivement fragmenté et réduit au minimum les potentialités sociales, nous contraignant à une crise mondiale, économique et politique, irréversible »[1].
Tentant de synthétiser nationalisme révolutionnaire et rhétorique de gauche anti-impérialiste (soutient aux régimes en conflit avec l'Occident) et anti-sioniste, le journal se fait également connaître, selon l'Osservatorio antisemitismo de la Fondation CDEC, pour ses analyses et commentaires « souvent imprégnés de thèses antisémites ; l’usage fréquent des topoï anti-sionistes et négationnistes, ainsi qu’une lecture conspirationniste des événements, y est courant. Une grande attention est également portée aux aspects économiques, expliqués à travers la grille de lecture antisémite de l’« usurocratie » d’Ezra Pound ou du « seigneurage bancaire » de Giacinto Auriti »[1]. Ugo Gaudenzi apporte également son soutient à la Ligue du Nord dans son combat contre « les immigrants illégaux envahissant nos terres », une immigration provoquée par « la guerre contre tous les hommes et tous les peuples menée par la Ville et Wall Street, par le mondialisme et la globalisation, par la culture de l’homogénéisation »[2].
En mai 2013, le journal est épinglé dans un scandale d'aides publiques par la Guarde des finances. Rinascita est en outre accusé d’avoir gonflé artificiellement le nombre d’exemplaires vendus pour obtenir illégalement environ 2,3 millions d’euros de contributions publiques à l’édition. Des biens (meubles, immeubles, comptes bancaires) ont été saisis. Ugo Gaudenzi a réagi en affirmant que le journal ne recevait plus ces aides depuis mi-2010 et en dénonçant une atteinte au pluralisme[3].