Risque carbone

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Le risque carbone est un principe récent en économie, traitant du risque lié à l'émission de gaz à effet de serre par des acteurs économiques en raison de l'utilisation de sources d'énergie carbonées.

Le principe de risque carbone dans l'économie est introduit par un article de Florent Pratlong en 2006[1], puis popularisé par l'ONG anglaise Carbon Tracker et Al Gore à compter de 2011[2].

Description

Le risque carbone propose une approche du risque qu'encourt un acteur économique (une entreprise, un secteur, un pays) en fonction de ses choix en matière d'économie carbonée. Considérant qu'un acteur économique, en particulier une entreprise, est responsable de ses choix économiques et de leurs impacts sur le changement climatique (principe de la responsabilité carbone des entreprises, c'est-à-dire le coût additionnel associé aux émissions de CO2 de l'entreprise[1]), ceci fait peser sur cet acteur différents risques liés à la prise en compte de cette « externalité environnementale », selon le principe décrit par l'économiste britannique Arthur Cecil Pigou en 1920[1].

Le risque carbone est donc l'évaluation du risque que doit supporter l'acteur économique lors de ses choix stratégiques vis-à-vis de la prise en compte des externalités environnementales liées à son activité, dès lors que cet acteur ne les anticipe pas.

Évaluation du risque carbone

L'évaluation du risque carbone passe d'abord par une quantification de la responsabilité carbone de l'acteur économique. L'« inventaire des émissions [de GES] fournit ainsi une évaluation de l’exposition de la compagnie au risque », indique Pratlong[1]. Cet inventaire permet d'évaluer la vulnérabilité de l'acteur économique vis-à-vis de deux facteurs principaux du risque carbone[1],[2] :

  • le risque financier, qui lui-même comporte plusieurs composantes :
    • par le risque sur le renchérissement des combustibles fossiles,
    • et celui lié à l'accroissement réglementaire induit par les politiques locales, nationales et internationales de limitation des émissions de GES,
  • le risque de réputation, lié à l'impact sur son image médiatique d'une politique d'investissement fortement ou faiblement carbonée, qui comporte là aussi plusieurs composantes :
    • le risque auprès de l'opinion publique,
    • le risque vis-à-vis des politiques publiques.

L'évaluation du risque carbone permet par exemple d'anticiper la sensibilité des comptes d'une entreprise vis-à-vis de la mise en place d'une taxe carbone[3].

Gestion du risque

Parmi les outils de gestion du risque carbone, il faut citer[1] :

  • les démarches directement entreprises par l'acteur économique pour limiter ses émissions de GES (politique d'achat responsable, travaux sur les installations industrielles, changement de source d'approvisionnement énergétique, politique écoresponsable dans le choix des fournisseurs et sous-traitants, etc.) ;
  • les marchés de permis d'émission négociable, qui vont donner une valorisation financiarisée du risque à un impact quantifié de l'activité de l'acteur économique dans le changement climatique.

En 2019, le Fonds monétaire international conduit les premiers stress tests climatiques dans les pays les plus vulnérables, notamment aux Bahamas et en Jamaïque[4]. En 2020, la Banque d'Angleterre et la Banque de France décident pour la première fois de mener un stress test climatique sur les bilans des banques et des assurances[5].

Positionnement des investisseurs

Notes et références

Annexes

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