Rivière Sainte-Marguerite (Sept-Îles)

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Rivière Sainte-Marguerite
Illustration
Tracé du cours d'eau et de ses principaux affluents.'"`UNIQ--ref-00000002-QINU`"'
Caractéristiques
Longueur 280 km
Bassin 6 177 km2
Bassin collecteur Estuaire maritime
du Saint-Laurent
Débit moyen 156 m3/s
Cours
Source Lac non identifiée
· Localisation Rivière-Mouchalagane
· Altitude 559 m
· Coordonnées 52° 10′ 39″ N, 67° 12′ 09″ O
Confluence Fleuve Saint-Laurent
· Localisation Sept-Îles
· Coordonnées 50° 08′ 34″ N, 66° 35′ 48″ O
Géographie
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Région Côte-Nord
MRC Sept-Rivières

La rivière Sainte-Marguerite est un cours d'eau traversant la ville de Sept-Îles, dans municipalité régionale de comté (MRC) de Sept-Rivières, dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec, au Canada.

La rivière est un important tributaire de l'estuaire maritime du Saint-Laurent, sur la Côte-Nord. La superficie du bassin versant de la rivière Sainte-Marguerite totalise 6 177 km2.

Trois aménagements hydroélectriques ont été construits le long de son cours. Hydro-Québec y a construit un barrage et une centrale hydroélectrique d'une puissance installée de 882 MW. La centrale de la Sainte-Marguerite-3 a été mise en service en 2003[1].

Le motif original d'attribution de ce toponyme à la rivière reste inconnu. Lors de son voyage de 1603 sur la Côte-Nord, l'explorateur Samuel de Champlain écrivait ce qui suit: « nous vinsmes mouiller l'ancre proche d'une riviere qui s'appelle Saincte Marguerite. »[2].

Au Québec, plusieurs plans d'eau ou cours d'eau utilisent la désignation "Sainte-Marguerite", dont un affluent de la rivière Saguenay. Le toponyme "Rivière Sainte-Marguerite" pour désigner cette rivière a été officialisé le à la Banque des noms de lieux de la Commission de toponymie du Québec[2].

La Commission de toponymie indique que la rivière est aussi désignée sous le nom traditionnel de Tshemanipishtuk, Tshemani pishtuk, ou Tsheman pistuk, c'est-à-dire « rivière coupée par les chutes », « chute raide » ou « chute abrupte » en langue innue[3].

Géographie

La rivière Sainte-Marguerite coule sur 280 km en direction nord-sud. Elle est ceinturée à l'ouest par le bassin versant de la rivière Moisie et à l'est par celui de la rivière Manicouagan[4]. La rivière prend sa source de divers plans d'eau dans une région montagneuse située au nord du lac aux Cèdres[5], dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Caniapiscau, mais la plus grande partie de son cours traverse la MRC de Sept-Rivières dans le territoire non organisé de Lac-Walker. En tout, la Sainte-Marguerite draine un bassin versant de 6 177 km2[4].

Géologie et géomorphologie

Le bassin versant de la rivière Sainte-Marguerite, comme la plus grande partie de la Côte-Nord est caractérisé par des roches issues de l'orogenèse grenvillienne, survenue entre 1 500 et 900 millions d'années, qui traverse le Québec sur la rive nord du Saint-Laurent et qui possède une largeur de 325 km. Le socle rocheux est surtout constitué de gneiss à biotites et d'amphibolites d'âge précambrien[6]. La région est caractérisée par des reliefs marqués par quelques intrusions de roches ultramafiques comme l'anorthosite et de gabbro[7].

Dans la région naturelle du plateau de la Sainte-Marguerite au nord de Sept-Îles, la rivière Sainte-Marguerite suit son cours dans un relief marqué, au fond d'une vallée encaissée dans un axe nord-sud[7],[5]. Le fond de la vallée est principalement composé de dépôts fluvio-glaciaires, ce qui rend ses rives très sensibles à l'érosion[5].

Quatre glaciations ont modelé le relief de la Côte-Nord, et du Québec tout entier, durant le quaternaire, affectant les paysages[8]. Elle été recouverte d'un immense glacier durant la dernière période glaciaire, modifiant profondément la topographie et le dynamique et sédimentaire du territoire[9]. Le retrait de l'inlandsis laurentidien a débuté 14 000 AP. La déglaciation du chenal du Saint-Laurent a éventuellement provoqué la dislocation des dômes laurentidien et appalachien[10].

La déglaciation a laissé de nombreuses marques d'érosion et des dépôts le long de son recul. Un cordon morainique subcontinu, connu sous le nom de moraine de la Côte-Nord, s'étend entre la rivière Manicouagan et le lac Melville, marque un arrêt du retrait glaciaire, il y a 10 000 ans[11].

Des traces d'érosion sont surtout présentes jusqu'à une altitude de 130 à 150 m selon les endroits, au-dessus de la limite ultime de la transgression marine de la mer de Goldthwait, qui a déposé des silts et des argiles. Ensuite, les rivières gonflées par les eaux de fonte ont apporté des sables deltaïques avant de recouvrir le tout d'une carapace ferrugineuse, provenant des roches riches en fer de Schefferville. Ce revêtement imperméable est propice au développement de tourbières dans la région[12].

Le delta à l'embouchure s'est formé à partir des sédiments charriés par la rivière gonflée des eaux de fonte des glaciers. Une fois en contact avec la mer de Goldthwait, ces sédiments ont été déposés sur des argiles marines. L'édification de la côte deltaïque s'est produite pendant un refroidissement survenu entre 10 000 et 9 000 AP, ce qui a freiné le transport de sédiments pour un temps. Plus tard, la reprise de la fonte de la glace a facilité la stratification des dépôts fins qui ont servi à l'édification des deltas[13].

La flèche littorale a été formée et remodelée au cours des 2 000 dernières années. Comme à l'embouchure d'autres grandes rivières de la Côte-Nord, la flèche de la Sainte-Marguerite est fragilisée par l'érosion due aux vagues, ce qui a pour effet d'amincir le banc sableux[14].

Hydrographie

La construction d'un barrage de 150 m de hauteur à 90 km de l'embouchure a profondément altéré l'environnement du cours supérieur de la rivière en créant un réservoir de 140 km et d'une superficie de 253 km2[4]. La retenue a été construite dans le cadre de la construction de la centrale hydroélectrique de la Sainte-Marguerite-3. Le remplissage du réservoir a commencé le , pour se terminer en 2001[15].

À partir de la prise d'eau adjacente au barrage, l'eau du réservoir est canalisée dans une galerie d'amenée longue de 8 286 m creusée dans le roc. Une section de la rivière de près de 15 km entre le barrage et la centrale est par conséquent limité aux apports naturels[16]. L'eau est turbinée après une chute de 330 m par deux groupes turbo-alternateurs de 441 MW, puis restituée par un canal de 1,5 km.

L'eau arrivant de l'amont et les apports naturels alimentent un second réservoir. Dans le dernier segment de son cours, la rivière Sainte-Marguerite s'élargit en amont de deux petites centrales hydroélectriques installées près de l'embouchure, qui est occupée en rive droite par l'ancienne municipalité de Gallix, aujourd'hui fusionnée à Sept-Îles. Finalement, la rivière se déverse dans la baie Sainte-Marguerite.

Tenure et utilisation des terres

La route d'accès à la centrale SM-3.

La majeure partie du bassin versant de la Sainte-Marguerite est formé de terres publiques, comme plus de 99% de la superficie de la Côte-Nord, ce qui implique que la plupart des projets de développement industriel, commercial ou résidentiel impliquent des terres du domaine de l’État[17]. Les propriétés privées se concentrent près de l'embouchure de la rivière; à Gallix et Clarke City, aujourd'hui le quartier de Clarke de la ville de Sept-Îles[18].

Une grande partie de sa superficie est désignée zone d'exploitation contrôlée, la Zec Matimek, qui est gérée par une association locale. La ZEC est bordée à l'ouest par la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles, dont le territoire de 6 423 km2 est géré par la SÉPAQ à des fins de conservation, de plein air pour l'ensemble de la population et de chasse et de piégeage pour les Autochtones.

Embouchure

Grâce à un barachois, l'embouchure de la rivière constitue un refuge aux petites embarcations lors d'intempéries sur le fleuve Saint-Laurent. La pointe Sainte-Marguerite (qui prolonge la plage du même nom jusqu'au trois quarts de la baie à partir de la rive est) protège cette baie au fond sablonneux. À marée basse, le chenal d'entrée est peu profond, restreignant ainsi la navigation. L'emplacement du chenal varie annuellement et n'est pas balisé.

Le village de Rivière-Sainte-Marguerite-en-Bas se situe dans le canton de Leneuf sur la rive ouest de l'embouchure, là où la petite rivière Sainte-Marguerite, longue de km, vient y déverser les eaux du lac Armand[2]. Tandis que le canton d'Arnaud se situe du côté est de la rivière Sainte-Marguerite.

Tributaires

Les principaux tributaires de la rivière Sainte-Marguerite sont :

  • rive gauche (en partant de la source) : rivière Jean-Pierre, ruisseau Kauashetshu, ruisseau Kausseshkau, ruisseau Duberger, ruisseau Athanase et la décharge du lac Hingan.
  • rive droite (en partant de la source) : ruisseau Kauassetshishkat, rivière de la Montagne blanche, ruisseau Alexandre, rivière Tabac, ruisseau Gamache, puis les rivières Gamache, Cacaoui, de la Grande Coulée, de la Coulée, Charles, Ferrée, Valin, Valin-Ouest, Ruisseau Wallace et la Petite rivière Sainte-Marguerite.

Histoire

Notes et références

Voir aussi

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