Robert Bach (préfet)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Préfet de la Haute-Loire | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Robert André Félix Bach |
| Nationalité | |
| Activités |
Robert Bach, né le dans le 1er arrondissement de Paris et mort le à Campagne-lès-Hesdin (Pas-de-Calais), est un haut fonctionnaire français, préfet de la Haute-Loire du au , sous le régime de Vichy.
Ayant juridiction sur le village du Chambon-sur-Lignon, il aurait aidé au sauvetage de réfugiés juifs en alertant ou en faisant alerter le pasteur André Trocmé sur les rafles.
Carrière militaire
Robert André Félix Bach naît le dans le 1er arrondissement de Paris[1]. Il est « désigné comme protestant au colloque de 1990 au Chambon-sur-Lignon ; il est pourtant un catholique avéré »[2].
Robert Bach fait son service militaire du au , en finissant comme sous-lieutenant. Il devient alors officier de carrière jusqu'au . Durant la Première Guerre mondiale, il est nommé lieutenant en 1915, puis capitaine à titre temporaire en 1918 et définitif en 1919. Il est chef d'escadron en 1931. Il entre au secrétariat général du conseil supérieur de la défense nationale, détaché successivement à ce titre aux ministères des Finances, de la Justice, des Affaires Étrangères et secrétaire du haut comité militaire, de 1933 à 1937. Il agit comme hors cadre, de 1937 à 1940, avec des missions pour les affaires étrangères. Il devient lieutenant-colonel en 1938. Il rentre en France en 1940. Il est chef d'état major à Pau, le 25 juin 1940. Il est commandant militaire des Landes jusqu'au 25 juin 1941. Il devient colonel au tableau en 1941 puis est en congé d'armistice[1].
Préfet de la Haute-Loire
Robert Bach est nommé préfet de la Haute-Loire le [3] et le demeure jusqu'au . Il est alors mis en disponibilité à la demande des Allemands « à la suite d'une évasion de détenus de la prison du Puy-en-Velay ».
Concernant le « noyau protestant du département » du canton de Tence, Bach écrit en 1941 : « les protestants semblent craindre que les mesures prises contre les Juifs le soient incessamment contre eux », et dans un autre rapport, il fait l'éloge des populations protestantes aux confins de la Haute-Loire et de l'Ardèche : « Elles constituent une élite au point de vue intellectuel et moral, mais une élite très attachée aux idées libérales et même internationales, qu'elles considèrent tout à la fois comme un idéal de vie très élevé et comme la meilleure protection de leur liberté religieuse »[4].
Le Chambon-sur-Lignon
Pendant trois semaines, la police de Vichy traque les Juifs au Chambon-sur-Lignon pour n'en trouver qu'un[5],[6]. De fait, à l'été 1942, Robert Bach a prévenu (ou a fait prévenir) les pasteurs Trocmé et Theis des rafles au Chambon[7], leur donnant 48 heures d'avance pour cacher les réfugiés.
Robert Bach joue un double jeu[8] avec les autorités allemandes et celles de Vichy. « Il a aidé à la mise en place d’un véritable département refuge en ralentissant les arrestations, en favorisant des actions de protection », selon l’historien François Boulet[9], qui estime en 1992 que « le préfet de la Haute-Loire est un véritable protecteur de la montagne-refuge du Chambon-sur-Lignon »[10],[11], parmi bien d'autres acteurs. Cet historien ajoute en 2020 : « Il a aidé à la mise en place d’un véritable département refuge en ralentissant les arrestations, en favorisant des actions de protection »[12].
Il semble que Robert Bach n'ait pas fait de zèle pour appliquer la législation contre les Juifs[13].
Il est caractérisé comme « partisan de la ligne politique du pouvoir de Vichy mais en aucun cas collaborateur »[14].