Robert Brisart
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Robert Brisart est un philosophe belge né le et mort le à Louvain-la-Neuve[1].
Docteur en philosophie de l’Université de Louvain, il était professeur à l’Université Saint-Louis à Bruxelles ainsi qu’à l’Université du Luxembourg.
Son enseignement portait sur la logique, la métaphysique, la philosophie du langage et la philosophie de l’esprit.
Son parcours philosophique a débuté dans le domaine de la phénoménologie, sous la direction du professeur Jacques Taminiaux. Ses premiers travaux sont d’abord consacrés à l’ontologie fondamentale de Heidegger, puis à la phénoménologie de Husserl, dont il étudie surtout la genèse, depuis la Philosophie de l’arithmétique de 1891 jusqu’aux écrits de géométrie, de logique et de psychologie qui préparent les Recherches logiques de 1900-1901. De cette époque date la création de la revue internationale Recherches husserliennes.
La découverte et l’étude de ce qu’on appelle la West Coast Phenomenology vont décider, dans le courant des années 1990, d’un double tournant : d’une part, en faveur de la philosophie analytique et, d’autre part, en faveur d’une relecture et d’une réévaluation des axes majeurs de la phénoménologie. Rejetant le réalisme des Recherches logiques tout autant que l’interprétation frégéenne de la sémantique de Husserl, Robert Brisart préfère réactiver quelques thèmes fondamentaux de l’ontologie de Quine (opacité de la référence, réifications et entités postulées) pour mieux dégager l’importance de la révolution noématique de la phénoménologie, laquelle consiste à attribuer une charge constitutive et donc objectivante à la sémantique : c’est moyennant celle-ci que nous meublons le monde de différentes manières et en objets en tous genres.
Philosophie
Profondément influencé par Willard Van Orman Quine, par l’internalisme de Hilary Putnam et par les implications du « mythe du donné » chez John McDowell, Robert Brisart défend un constructivisme conceptualiste qu’il assimile à un antiréalisme ontologique. Le monde n’est pas un ready-made dont les données informationnelles nous seraient procurées par l’expérience perceptive. Le monde des objets est de part en part conceptuellement constitué et cela vaut aussi pour chacun des inputs sensoriels que nous en recevons. Toutefois, le conceptuel ici à l’œuvre ne saurait être confondu avec un quelconque « langage de la pensée », sorte de « mythe sémantique » dont ne se départ certainement pas la notion husserlienne de noème. Il n’est possible de rendre compte de la plasticité conceptuelle et, avec elle, du pluralisme et de la relativité des ontologies, qu’en réimplantant le sémantique dans son milieu naturel et social qu’est le linguistique. Mais, d’un autre côté, si la nature linguistique du sémantique présuppose l’implication des schèmes conceptuels, et donc des systèmes d’objets très différents, elle ne nous accule pas pour autant au relativisme épistémologique : à l’intérieur du schème ouvert par notre propre langue, notre assomption des objets – ou notre engagement ontologique – demeure aussi irréfragable que reste décidable la conformité ou non de nos énoncés sur le monde.
En philosophie de l’esprit, Robert Brisart estime qu’il est possible de défendre l’idée d’une théorie unifiée de la vie mentale que, en écho au projet de Brentano, il associe au programme d’un « intentionnalisme radical ». Tout acte psychique ayant un objet doit posséder aussi un contenu intentionnel associable à un concept permettant l’identification de son objet ou de ses propriétés. Il est dès lors vain de postuler des contenus non conceptuels de l’expérience sur lesquels s’édifieraient les actes intentionnels : pour qu’une expérience puisse avoir lieu, il lui est nécessaire que rien ne lui soit donné dont le conceptuel ne se serait déjà emparé.
