Pour les essais au CEV il est désormais un "rampant" mais reste très impliqué dans la suite du développement d'un siège éjectable français. Par ailleurs, il fait partie de l'équipe des "meetings nationaux de l'Air" où il assure la coordination technique entre les équipages, la tour de contrôle et l'organisation du meeting. À ce titre, il fait partie, le 6 juillet 1952, des intervenants essayant de faire entendre raison à l'équipage d'un Nord 2501 lancé dans une démonstration imprévue et mal maitrisée qui se termine par un crash tuant tout l'équipage et Maryse Bastié passagère de l'avion[10].
Le siège SNCASO au point il est décidé de le monter en série sur les SNCASO Mistral à partir du N°98. Le 21 janvier 1953 Raymond Cartier fait une présentation du siège et de son utilisation aux pilotes d'essais amenés à voler sur ces avions. Jean Boulet fait un premier vol sans problème sur le N°98 le 22 janvier mais lors d'un second vol le 23 janvier un test de décrochage se termine en vrille dont le Mistral ne veut pas sortir. Le pilote s'éjecte, devenant ainsi le premier pilote français sauvé de la sorte[11].
Dans son rôle de coordinateur des meetings nationaux il est à Valenciennes le 27 juin 1954. André Tesson, à bord d'un Dassault Mystère II doit faire une démonstration de passage du mur du son dans un piqué depuis 13 000 mètres d'altitude, sa radio reliée à la sonorisation du meeting. Après le passage du mur du son il annonce à la radio qu'il a perdu le contrôle de l'avion. La sonorisation du meeting est déconnectée de la liaison radio et c'est Raymond Cartier qui assure le dialogue avec le pilote mais les choses se passent mal. La verrière ne peut être larguée et coulisse incomplètement sur ses rails plaçant son arceau métallique au-dessus de la tête du pilote qui n'a plus que le choix entre un écrasement à grande vitesse ou une éjection très risquée à travers la verrière. Soutenu par Cartier, Tesson tente l'éjection mais est immédiatement tué par l'arceau de verrière[12].
Le 3 octobre 1958, c'est Jacques Dubourg qui fera l'un des derniers sauts du programme "sièges éjectables" qui se terminait. Raymond Cartier continue sa carrière en s'occupant pendant dix ans de la récupération des ogives scientifiques des fusées françaises à Hammaguir[13].
En 1966 il travaille comme pilote d'essai à la mise au point du Ludion sur lequel il effectue une soixantaine de vol avant l'abandon de la formule en 1968[14].
Il finit sa carrière comme responsable des essais d'hélicoptères à Marignane[14].