Robert D. Kaplan
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Robert David Kaplan |
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américain |
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Robert D. Kaplan (né le ) est un journaliste américain, spécialiste des sciences politiques. Il est actuellement l'un des rédacteurs de The Atlantic. Il a par ailleurs écrit des articles dans de grands journaux américains tels que The Washington Post, The New York Times, The Wall Street Journal, et publié plusieurs ouvrages.
Jeunesse
Robert Kaplan est né le à New York, fils de Philip Alexander Kaplan et Phyllis Quasha. Son père lui transmit sa passion de l'Histoire.
Après avoir été diplômé en anglais à l'Université du Connecticut en 1973, il tenta sans succès d'intégrer la presse de quelques grandes villes américaines, avant de finalement être engagé dans un petit journal du Vermont. Avec l'argent gagné, il se paye un aller simple vers la Tunisie, le premier de la centaine de pays qu'il visitera par la suite. Il habita quelques années en Israël, où il devint membre de Tsahal et réalisa quelques reportages sur le Moyen-Orient et l'Europe de l'Est. Il s'installa ensuite quelque temps au Portugal avant de déménager à Athènes, en Grèce, où il fit la connaissance de sa future épouse canadienne, Maria Cabral.
Correspondant à l'étranger
En 1984, il voyage en Irak pour couvrir la guerre Iran-Irak. En 1988, il publie son premier livre, Surrender or Starve: The Wars Behind The Famine, consacré à la famine en Éthiopie durant les années 80 et à ses causes, où il pense que la sécheresse et la politique étrangère américaine ne sont pas seulement en cause, mais aussi la politique de collectivisation agricole du régime de Mengistu.
Il voyage ensuite en Afghanistan, où il écrit pour le Reader's Digest des articles sur la guérilla anti-soviétique. Il publie en 1990 son livre Soldiers of God: With the Mujahidin in Afghanistan, où il raconte son expérience durant la Guerre d'Afghanistan.
Balkan Ghosts et The Arabists
Aucun de ses deux livres ne se vendirent bien, et son troisième, intitulé Balkan Ghosts, consacré à la question yougoslave, fut rejeté par de nombreux éditeurs avant d'être finalement publié en 1993. Cependant, quand les Guerres de Yougoslavie éclatèrent, ce livre fut vu dans les mains du président américain Bill Clinton, ce qui rendra son auteur célèbre, et convaincra Clinton, selon les dires de certains fonctionnaires de la Maison-Blanche, de ne pas intervenir en Bosnie-Herzégovine. Dans ce livre, Kaplan affirme que les conflits balkaniques seraient dus à des haines et ressentiments d'ordre historique, et donc incontrôlables par les autres pays ou l'ONU. Il publia la même année The Arabists. La thèse des "haines ethniques ancestrales" faisait bien l'affaire des agresseurs serbes en décourageant l'analyse politique sérieuse du conflit, empêchant de mesurer leur responsabilité dans le déclenchement de ces guerres ; ayant lu par la suite, entre autres, Kosovo: A Short History de Noel Malcolm, Clinton devait exprimer publiquement son regret d'avoir pris cette thèse au sérieux.
Dès cette période, son travail et ses idées commencent à être étudiés de près par les hautes sphères du pouvoir américain.
En 1994 et 1995, il voyage en Afrique de l'Ouest, en Turquie, en Asie centrale, en Iran, ainsi qu'en Inde. À l'issue de ce voyage, il publie The Ends of the Earth. Il voyagea ensuite à travers l'Amérique du Nord et publia An Empire Wilderness en 1998.
The Coming Anarchy
En février 1994, il publie dans l'Atlantic Monthly un essai très controversé intitulé The Coming Anarchy (« L'Anarchie qui arrive »). Il y affirme que l'augmentation de la population, l'urbanisation et l'épuisement des ressources naturelles fragilisent les gouvernements du Tiers-monde, faisant le nid d'une anarchie risquant de créer un état de guerre permanent dans certaines zones et représentant une menace pour le monde. Il y écrit notamment:
« L'Afrique de l'Ouest est devenue LE symbole de la crise démographique, environnementale et sociale mondiale dans laquelle c'est l'anarchie criminelle qui apparaît comme le vrai danger stratégique »
En 2000, Kaplan publie un recueil, lui aussi sous le titre de The Coming Anarchy, contenant l'article de 1994 ainsi que d'autres essais politiques, dont le controversé Was Democracy Just A Moment? où il explique que la démocratie est un concept typiquement occidental, qui n'est exportable que dans des pays développés disposant d'une classe moyenne importante, d'un système éducatif performant, de frontières bien établies, d'une économie stable et d'une relative paix sociale. Il y assure aussi que les pays du Tiers-Monde doivent se doter d'autocraties modérées et éclairées, où un minimum de libertés individuelles serait tout de même garanti, ce qui leur permettrait de se développer et, un jour, de rattraper les pays occidentaux et de se démocratiser "efficacement". Il prend pour exemple la prospérité de Singapour sous le régime autoritaire de Lee Kuan Yew et les violences perpétrées sous les régimes démocratiques en Colombie, au Rwanda ou en Afrique du Sud.
Par ailleurs, il y affirme que la "période démocratique" en Occident est un simple passage de l'Histoire, et que dans un avenir proche apparaîtront des régimes "démocratiques" dans lesquels le pouvoir sera en fait dans les mains d'une oligarchie composée de multinationales, de lobbies et de médias - régimes qui selon lui sont déjà en place dans des pays tels les États-Unis ou le Japon.
Après le 11 septembre
La popularité des thèses iconoclastes de Kaplan a augmenté dans le monde anglo-saxon après les attentats du . Il publie Warrior Politics: Why Leadership Demands a Pagan Ethos (publié en français sous le titre de « La Stratégie du guerrier : De l'éthique païenne dans l'art de gouverner »). Il y affirme que les gouvernants occidentaux ne doivent pas appliquer la "morale judéo-chrétienne" dans leurs actions publiques, mais adopter la « morale païenne », pour ainsi se concentrer sur la moralité du résultat et non sur la moralité des moyens engagés pour y parvenir, se posant ainsi en disciple de Machiavel.
En 2004, il publie Mediterranean Winter, un simple livre de voyage.
En octobre 2005, il publie Imperial Grunts: The American Military on the Ground, où il parle de l'action des Forces Spéciales américaines en Colombie, en Irak et en Mongolie. Il y prévoit la fin d'une époque, celle de la guerre réalisée avec des masses de soldats, par exemple en Irak où le "dinosaure" qu'est l'armée américaine doit affronter une guérilla composée d'une infanterie légère, peu nombreuse et paramilitaire. Par ailleurs, il se félicite de la renaissance dans l'armée américaine d'un esprit militaire hérité des États confédérés d'Amérique. Il y défend aussi une prétendue « civilisation » de certaines régions du monde par les États-Unis, en utilisant les mêmes méthodes que durant les Guerres indiennes.
Par ailleurs, en , il publie un article intitulé How we would fight China, où il suggère qu'une guerre USA/Chine est inévitable.
Éloges et critiques
« Kaplan, au cours de sa carrière, donne l'impression d'être devenu quelqu'un qui est épris de la guerre. "On pourrait dire, a-t-il écrit, que de petites guerres et occupations ponctuelles sont bonnes pour nous." Il a développé sur ce thème: ces "guerres ponctuelles" sont une "preuve d'humanité." C'est parce que "des temps paisibles sont aussi des temps superficiels."» -- David Lipsky[1]
