Robert Odic
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1,73 m |
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Robert Odic est un général d'aviation français né à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime) le et mort à Paris 5e le . Brièvement chef d'état-major de l'Armée de l'air en septembre 1940 dans l'armée de Vichy, il devient ensuite chef de l'aviation en Afrique du Nord. Partisan de Weygand et opposé général Bergeret, il est relevé de ses fonctions et s'enfuit aux États-Unis en novembre 1941 puis part pour Londres. Il sera brièvement intégré dans les Forces françaises libres mais il s'oppose au général de Gaulle à qui il reproche de « faire la guerre plus à Vichy qu'à l'Allemagne » et de vouloir devenir un dictateur. Devenu un soutien du général Giraud, il retourne alors aux États-Unis plaider la cause de celui-ci et d'où il ne pourra rentrer qu'en 1946.
Robert Odic naît en 1887 dans une famille lorraine. Bénéficiaire d'une bourse, il est admis en 1906 à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, dont il sort dans l'Infanterie coloniale. Pendant la Grande Guerre, d'abord chef de bataillon de tirailleurs sénégalais, il devient aviateur et termine la guerre comme capitaine, commandant l'aéronautique du 4e corps d'armée.
Pendant l'entre-deux-guerres, il sert notamment au Maroc comme adjoint au commandant de l'Air.
En 1939, le général Vuillemin lui confie l'inspection de l'aviation de reconnaissance, puis le commandement de la zone d'opérations aériennes Sud. Après l'armistice, il est chef de la région aérienne de Châteauroux, l'une des quatre régions aériennes de la zone libre. Le , le ministre de l'Air, le général Pujo le nomme chef d'état-major général. Pujo quitte son poste le jour même, remplacé par le général Bergeret, hostile à Odic, qu'il éloigne à Alger le 25 septembre, comme commandant supérieur de l'Air en Afrique du Nord[1]. Il exerce ce commandement pendant près d'une année, sous les ordres du général Weygand. Il s'oppose au général Bergeret pour l'application militaire des protocoles de Paris et lors de la crise de Syrie. Il est mis en congé du personnel navigant le [2]. Il est remplacé par le général Mendigal.
En contrecoup de l'éviction de Weygand, il s'enfuit en novembre aux États-Unis et annonce qu'il va rejoindre le général de Gaulle. Il parvient à Londres le à bord d'un bombardier américain[1], s'engage dans les Forces françaises libres (FFL). Son ralliement à un fort impact à Vichy et Bergeret doit faire le tour des bases aériennes française pour le diminuer[1]. Odic rencontre à plusieurs reprises de Gaulle. Les deux généraux sont en fort désaccord, notamment à propos de Weygand, que De Gaulle qualifie de traître, comme Pétain. Odic défend une attitude conciliante avec Vichy et accuse De Gaulle de viser à la dictature et de diviser les Français. Le , son engagement dans les FFL est résilié[1].
Il retourne alors aux États-Unis où il va plaider auprès des Américains d'utiliser les forces françaises en Afrique du Nord et de veiller au rétablissement de la démocratie en France après la Libération[1]. Le , il est rappelé en Algérie par Giraud qui est devenu commandant en chef civile et militaire de l'Afrique du Nord française après le débarquement allié et la mort de Darlan. Il en repart le pour les États-Unis à la demande de Giraud pour plaider sa cause auprès des autorités américaines celui craignant d'être évincé au profit de De Gaulle arrivé à Alger en mai[1]. Le , il envoie à l'amiral Leahy, alors chef d'État-major auprès du président Roosevelt et ancien ambassadeur américain à Vichy, un mémoire de six pages où il met sur le même plan le Gaullisme et la « Révolution nationale » de Vichy et qualifie De Gaulle de « nouvel Hitler ». Il cherche également à convaincre les Américains, comme il avait essayé de le faire avec de Gaulle, de s'associer avec les forces militaires françaises d'Afrique du Nord[1].
Mais après la prise du pouvoir par De Gaulle au sein du Comité français de libération nationale, son rappel à l'activité est annulé en novembre 1943 et il ne fait officiellement plus partie de la délégation française aux États-Unis. Il est empêché de rentrer en Afrique du Nord, de Gaulle demandant même en janvier 1945 qu'il soit « mis aux arrêts de forteresse » s'il revenait en France. Une note de l'ambassade de France à Washington lui indique en mai 1945 que s'il rentre il sera traduit devant la justice militaire. Alors qu'Odic repond qu'il répondra à la justice de son pays, il n'est pas convoqué par celle-ci et le gouvernement français refuse son rapatriement[1].
il ne rentre en France qu'en novembre 1946[1], de Gaulle n'est plus au pouvoir, et meurt en 1958 à 70 ans. Son ouvrage posthume Un autre regard sur De Gaulle est publié seulement en 2021[1].
Publication
- Robert Odic (préf. Michelle Odic-Morin), Un autre regard sur De Gaulle : Front populaire, Vichy, Alger, Londres, Pentagone 1936-1944, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires du XXe siècle », [3]