Robert Scheffer
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Robert Scheffer est un poète et nouvelliste français, né le à Colmar et mort le dans le XVe arrondissement de Paris. Il exerça la mission de secrétaire des commandements de la reine de Roumanie.
Secrétaire de la reine de Roumanie
Édouard Robert Schaeffer naît à Colmar, fils du pasteur Frédéric Gustave Adolphe Scheffer[1], également écrivain, et de Sophie Wehrstedt[2],[3].
Il fréquente dans sa jeunesse les cercles occultistes. Cela impacte son œuvre et il affirme avoir écrit « inconsciemment » son livre La Chanson de Neos : « Ma main courrait sur le papier, sans que la volonté la dirigeât »[4].
Après de bonnes études[5], Robert Scheffer sert entre 1886 et 1891[6] à la cour du royaume de Roumanie au poste de secrétaire des commandements de la reine, Élisabeth de Wied. Il traduit l’un des ouvrages que cette dernière fait paraître sous son nom de plume, Carmen Silva. Il relate cette expérience dans divers articles puis dans son ouvrage Orient royal. Un manuscrit plus complet de cet ouvrage à la parution duquel le couple souverain roumain se serait opposé. L’auteur le brûle durant la Première Guerre mondiale pour que des éléments concernant un roi allié à la France ne tombent pas entre les mains des Allemands[4],[7]. Paul Léautaud l’accuse de n’avoir écrit le livre que pour se faire payer pour qu’il ne soit pas édité[8].
Excellent musicien, il joue en 1886, lors d’un passage en Russie avec la femme de Léon Tolstoï et devant ce dernier[9]et lors de concerts[10],[11]. Il part pour Constantinople en 1912 lors de la Guerre des Balkans[12],[13].
Le journaliste duelliste

Il participe à de nombreuses reprises à des duels. Il est le témoin du polémiste anarchiste Laurent Tailhade, avec lequel il collabore à Akademos, qui provoque en duel le libertaire Adolphe Tabarant en 1894[14]. En 1902, avec pour témoin W. de Blest-Gana et Paul Leclercq, il combat Georges Maurevert. Il abandonne à la 6e reprise[15]. En 1909, il échange à l’épée avec Maurice de Noisay à Brest. Scheffer est blessé[16]. En 1910, il se bat avec le journaliste Jean de Mitty avec pour témoins A. de Royaumont et Georges Savigny. Son adversaire est blessé deux fois[17],[18].
Robert Scheffer provoque en duel Alexandre Charlin de Gil Blas après la diffusion dans ce journal du note évoquant un journal où « [les] épigrammes laborieuses, des malices prudemment envenimées où M. Robert Scheffer exerçait à grand ahan sa complexion de vieille demoiselle, dont le chat a des puces et l'estomac, des aigreurs »[19]. Son opposant est sérieusement blessé et il lui serre la main[20]. En 1912, il provoque en duel Gomez Carrillo, avec comme témoins Henri Chervet et Georges Pioch. Il fut touché sérieusement au bras dès le premier engagement[21]. Sa production littéraire se fait plus rare par la suite.
Un écrivain solitaire
Robert Scheffer développe des amitiés avec certains de ses contemporains comme Paul Adam, avec lequel il envisage la création d’une pièce de théâtre, Le Trône, qui reste à l’état de projet[22], Jean Lorrain ou Stéphane Mallarmé[23].
Il se crée de nombreuses inimitiés durables avec la parution de Plumes d’oies et plumes d’aigles, figures littéraires contenant des portraits satiriques publiés auparavant en articles dans La Vie parisienne[22]. « Ce sont de terribles exécutions dé contemporains, faites parfois avec une douceur jolie et polie, parfois avec une saine brutalité. Si ces critiques ne déparaient jamais les limites de la justice, elles, seraient ineffaçables. Parfois, an lieu de critiquer le talent, elles se contentent de railler l'orgueil, ou la soif de réclame »[24] jugent Les Treize. Il y dresse le portrait d’écrivains tels que Jean de Bonnefon, Maurice Barrès ou Anatole France[25]. L’hostilité à son encontre est ravivée par des rumeurs sur son passage en Roumanie et les écrits qu’il en tire[26].
Il s’oppose à certains de ses jeunes contemporains, envisageant avec humour, avec d’autres auteurs (Pierre Louÿs, Henry de Régnier, Willy, Pierre Veber, Pierre Valdagne, Paul-Jean Toulet, Curnonsky), la création d’une Société de Découragement des Beaux-Arts et des Lettres[27].
Malgré des écrits virulents, il recherche la compagnie de ses pairs. Il intègre la Société des Gens de Lettres en 1914[28]. Il en reçoit en 1918 le prix Petit-Bourg[29].Il échoue à l’Académie française en 1919 avec 3 voix contre 20 à Henry Bordeaux qui prend la place de Jules Lemaître, 4 à Tancrède Martel et un bulletin blanc. Il est candidat sans succès à l’académie Goncourt en 1924[30],[31]. Interrogé, il avait, 10 ans plus tôt, violemment attaqué le prix :
« Voici mon opinion féroce et sincère. Ce vampire de lettres, le vieux et ridicule Goncourt,qui institua le fameux prix par vanité et pour sauver son nom d'un oubli certain, on devrait, selon l'usage rituel, lui percer le cœur d'un pieu bien aigu afin qu'il cesse ses exploits. Quant aux autres membres de son Académie - à part deux ou trois, dont notre grand Rosny aîné— qu'on les pende, puisqu'ils s'arrogent le droit de juger et d'écarter des œuvres supérieures aux leurs[32]. »
Décès
Il s’éteint, pauvre et seul, des suites d’une longue maladie à l’hôpital Boucicaut en 1926, à l’âge de 63 ans[22],[4].