Roberto Taverniti
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 28 ans) Monfalcone |
| Nationalité | |
| Activité |
| A travaillé pour |
La Luce, Il Divenire Sociale, Terra Nostra, Risurrezione |
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| Conflit |
Roberto Taverniti, né le à Pazzano (Reggio Calabria) et mort le à Monfalcone (Gorizia), est un journaliste et militant socialiste puis syndicaliste révolutionnaire italien.
Jeunesse socialiste
Né dans une famille de la petite bourgeoisie, Roberto Taverniti commença ses études au Séminaire archiépiscopal de Reggio de Calabre, puis se forma au lycée classique Campanella de la même ville et au lycée Galluppi de Catanzaro. Par la suite, il continua ses études au sein de la faculté de droit à Rome[1]. Très jeune encore, il participa au IIIe Congrès provincial socialiste de Roccella Jonica (4 octobre 1903) et, l’année suivante, à seulement 16 ans, publia son premier article dans l’hebdomadaire socialiste La Luce de Reggio puis commença à prendre part aux activités des cercles littéraires de Catanzaro[1].
Engagement syndicaliste révolutionnaire
À Rome, il fut d’abord collaborateur, puis directeur du journal Il Divenire Sociale, revue d’inspiration sorelienne à laquelle se référaient des figures du syndicalisme révolutionnaire, dont les Calabrais Francesco Arcà et Michele Bianchi. Il devint rapidement rédacteur en chef des services internes de l’Agence de presse Stefani. En 1911, il fonda à Rome le journal Terra Nostra afin d'animer les débats politiques autour de la question méridionale et, en particulier, de la question calabraise. Sa signature apparaît également dans le périodique socialiste et méridionaliste Risurrezione (1909-1910), dirigé par le poète socialiste Vincenzo De Angelis[1]. À partir d’avril 1910, Taverniti devint directeur responsable de Il Divenire Sociale : organe de la fraction syndicaliste du Parti socialiste italien, la revue accueillit les démissionnaires de l’Avanti ! – en désaccord avec le mot d’ordre « ni à droite, ni à gauche » – tous issus du courant syndicaliste et qui souhaitaient remettre au cœur de l'idéologie du mouvement socialiste la centralité de la lutte des classes et la force du prolétariat[1].
À l’occasion des élections de 1913, Taverniti appela à la création d’un Groupe parlementaire calabrais visant à porter à l'attention du gouvernement italien les problèmes spécifiques rencontrés par la Calabre. Peu avant le déclenchement de la guerre, Taverniti poursuivit son engagement éditorial et politique, esquissant en janvier 1915 ce qui aurait pu être un Faisceau populaire calabrais capable de représenter les masses prolétariennes ainsi que la question agraire et paysanne du Sud[1].
Volontaire durant la Première Guerre mondiale
Soldat volontaire dès le début de la guerre, Taverniti fut animé par des sentiments mêlant socialisme, futurisme et tradition risorgimentale. Il s’engagea comme simple soldat et devint capitaine du 21e régiment d’infanterie (brigade Crémone). En 1915, il obtint deux médailles d’argent en tant qu’officier (la seconde à titre posthume) et deux promotions pour mérite de guerre, passant successivement sous-lieutenant puis lieutenant. Il tomba au combat sur les hauteur de Monfalcone au cours de la septième bataille de l’Isonzo, à l’âge de vingt-huit ans[1].
Postérité

Le « Giornale d’Italia », dans un article d’Achille Benedetti (qui avait été son camarade d’université), écrivit en première page le 21 septembre 1916, quelques jours après sa mort :
« À 7 heures du matin, l’infanterie lance le premier assaut. La compagnie qui sort à l’attaque est commandée par un cher collègue à nous, un jeune Calabrais qui a atteint le grade de capitaine pour mérites de guerre : Roberto Taverniti. Il commande un détachement de braves auxquels, avant l’assaut, il adresse une exhortation avec ses paroles chaleureuses, vibrantes de cette foi qui l’a poussé à s’engager comme volontaire de guerre, simple soldat. Il conduit ses hommes à l’assaut vers la crête fortifiée. Il a presque atteint le bord de la tranchée quand, soudain, ses hommes le voient tomber à la renverse, les bras ouverts. Cinq balles de mitrailleuse le frappent à la tête et tuent les premiers audacieux qu’il entraînait à l’attaque. Pauvre et cher Roberto, digne fils et honneur de cette magnifique Calabre qui verse son sang le plus généreux pour la plus grande Italie ! Ses soldats ne reculent pas. Ils veulent le venger. Ils foncent avec impétuosité dans la tranchée, capturent les premiers prisonniers et les remettent aux camarades qui arrivent »[1].
Son nom figure sur la plaque commémorative qui honore les 83 journalistes tombés sur le front de la Grande Guerre, retrouvée dans une cave par l’INPGI (Institut national de prévoyance des journalistes italiens) à Rome[1].