Rodolia cardinalis
espèce de coléoptères
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Rodolia cardinalis (syn. Novius cardinalis) est une espèce d’insectes de la famille des Coccinellidae. Cette coccinelle est un prédateur actif des pucerons et des cochenilles, utilisé comme agent de lutte biologique.
Description
Rodolia cardinalis est une petite coccinelle mesurant généralement de 2 à 4 mm. Les élytres sont rouge sombre à orangé, souvent bordés de noir, conférant à l’espèce son aspect caractéristique. Le pronotum est sombre, et la forme générale du corps est arrondie et légèrement convexe. Les larves, allongées et couvertes de cires ou de tubercules discrets, présentent une coloration sombre à grise.
Comme les autres Coccinellidae, l’espèce passe par un cycle complet de métamorphose : œuf, quatre stades larvaires, nymphe, puis adulte.
Répartition et habitat
Espèce originaire d’Australie, R. cardinalis a été introduite dans de nombreuses régions tropicales, subtropicales et tempérées pour la lutte biologique. Elle est aujourd’hui présente dans la plupart des régions où se développent les cochenilles du genre Icerya. Elle fréquente principalement les arbres et arbustes cultivés (agrumes, plantes ornementales) ainsi que les plantes sauvages infestées de cochenilles[1].
Biologie et écologie
Les adultes et les larves sont prédateurs spécialisés des cochenilles cotonneuses, en particulier Icerya purchasi, un ravageur des agrumes. Le cycle de développement de R. cardinalis est étroitement lié à celui de sa proie, et la coccinelle est capable de réguler efficacement les populations de cochenilles même à faible densité.
La reproduction a lieu tout au long de l’année dans les régions chaudes. Les femelles déposent leurs œufs directement à proximité ou sous les masses cireuses des cochenilles. Le développement complet peut durer de 30 à 60 jours selon la température.
Importance en lutte biologique
Rodolia cardinalis est considérée comme une espèce pionnière de la lutte biologique moderne. En 1888-1889, elle fut importée d’Australie vers la Californie pour contrôler l’invasion de Icerya purchasi, qui causait alors de graves dégâts dans les vergers d’agrumes. L’introduction fut un succès spectaculaire : en moins de deux ans, les populations de cochenilles furent réduites à des niveaux négligeables[2].
Ce succès historique est souvent cité comme l’un des premiers cas de lutte biologique classique démontrant qu’un ennemi naturel exotique peut permettre une régulation durable d’un ravageur envahissant.
Depuis, R. cardinalis a été utilisée dans de nombreux programmes de lutte intégrée ou de libérations augmentatives à travers le monde.
