Roland Cadet (militaire)
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Militaire |
Roland Cadet (14 novembre 1861, Saint-Pierre (La Réunion) – 19 janvier 1934, Toulouse) est un officier général français. Après une carrière coloniale au Tonkin et à Madagascar, il se distingue durant la Première Guerre mondiale, où il commande notamment l’infanterie de la 11ᵉ division, dite « Division de fer ». Il est élevé au rang de général en 1923, et de grand-officier de la Légion d’honneur en 1933.
Issu d’une famille originaire de Sézanne, installée à La Réunion depuis le XVIIe siècle, Roland Cadet est le fils de Prosper Cadet, propriétaire du domaine de la Basse-Terre à Saint-Pierre. Selon une tradition reprise par plusieurs historiens, l’un de ses ancêtres, Pierre Cadet, aurait fondé la ville de Saint-Pierre, actuelle sous-préfecture de l’île[1].
Il épouse en 1905 Mlle Lahoussay, fille de Charles Lahoussay, ingénieur civil des Mines. De cette union naissent Vivette et Roland Cadet, futur Conseiller d’État.
Biographie
Jeunesse et formation
La famille Cadet quitte La Réunion en 1873 pour la France métropolitaine. Pensionnaire au lycée Henri-IV, Roland Cadet obtient un baccalauréat ès lettres. Marqué par la défaite de 1870, il s’engage en 1881 pour cinq ans au 2ᵉ régiment d’infanterie de marine. Il gravit rapidement les premiers grades et réussit brillamment le concours de l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent, au sein de la promotion 1885-1886 dite « Tuyên-Quan ».
Campagnes coloniales
Tonkin (1886-1896)
Affecté au Tonkin, il participe à la pacification de la région face aux bandes armées chinoises des « Pavillons noirs ». Ses actions vigoureuses, notamment la prise d’un camp retranché en 1891 à la tête d’une centaine de tirailleurs tonkinois, lui valent deux citations à l’ordre de l’armée d’Indochine. Les Pavillons noirs mettent alors sa tête à prix (10 000 piastres).
Madagascar (1896-1901)
Appelé par le général Joseph Gallieni, il rejoint Madagascar où il exerce des fonctions militaires et administratives. Il contribue à la découverte et à la mise en valeur des sources thermales d’Antsirabe[2], ainsi qu’à l’introduction de la culture du blé dans la région[3].
En 1905, il devient chef de bataillon et quitte l’infanterie de marine pour l’infanterie de ligne.
Première Guerre mondiale
Lieutenant-colonel en 1914, affecté au 346ᵉ régiment d’infanterie à Toul, il est grièvement blessé au combat de Lironville le 23 septembre 1914 en menant l’assaut à la tête de son régiment. Une balle traverse son poumon après avoir été déviée par sa croix de la Légion d’honneur. Cet épisode lui vaut une citation à l’ordre de l’armée.
À l’hôpital de Toul, il rencontre le journaliste et futur sénateur Hugues Le Roux, qui rapporte leur échange dans Au champ d’honneur (1916), contribuant à faire connaître au public la conduite de certains chefs opposés aux attaques mal préparées[4].
En 1915, il est promu colonel, successivement à la tête du 312ᵉ puis du 403ᵉ régiment d’infanterie. En 1916, il est fait Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges par le prince Arthur de Connaught.
En 1917, il prend le commandement de l’infanterie de la 11ᵉ division, dite « Division de fer », avec laquelle il combat notamment sur le Chemin des Dames et à Verdun. Blessé à trois reprises et intoxiqué par les gaz à deux occasions, il reçoit une nouvelle citation saluant l’estime et l’affection de ses troupes.
Fin de carrière
Nommé général en 1923[5], il est promu grand-officier de la Légion d’honneur en 1933[6]. Il meurt à Toulouse en janvier 1934[7]. Ses cendres sont transférées en 2000 au cimetière de Passy à Paris.
Décorations
- Grand-officier de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1914-1918 (4 palmes)
- Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges
- Officier de l’ordre royal du Cambodge
- Officier de l’ordre de l’Étoile d’Anjouan
- Insigne de l’ordre du Kim-Khanh (Annam)
- Chevalier de l’ordre du Dragon d’Annam