Rolls-Royce Eagle
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| Constructeur | |
|---|---|
| Pays du constructeur |
GBR |
| Années de production |
1915 |
| Application |
| Cylindrée |
20,32 L |
|---|---|
| Disposition | |
| Angle des cylindres |
60° |
| Alésage |
115 mm |
| Course |
165 mm |
| Refroidissement |
Eau |
| Carburant |
Essence |
| Dimensions (L × l × H) |
1844 × 1082 × 1178 mm |
|---|---|
| Masse |
408 kg |
Le Rolls-Royce Eagle fut le premier moteur d'avion développé par Rolls-Royce Limited. Dévoilé en 1915 pour répondre aux besoins de l'armée britannique engagée dans la Première Guerre mondiale, il servit à motoriser le bombardier Handley Page Type O ainsi qu'un certain nombre d'autres aéronefs militaires.
Lorsqu'éclata la Première Guerre mondiale, en , la Royal Aircraft Factory demanda à Rolls-Royce de concevoir un nouveau moteur d'avion de 200 chevaux refroidi par air. En dépit de réticences initiales, l'entreprise accepta le marché à la condition d'adopter un refroidissement par eau plutôt que par air, car c'était l'un des domaines d'expertise de l'entreprise[1].
Conception et développement
Le développement du nouveau moteur fut conduit par Henry Royce depuis son domicile dans le Kent. Initialement basé sur le moteur de la Rolls-Royce Silver Ghost et s'inspirant également du moteur d'une Mercedes 35 HP Grand Prix que Rolls-Royce avait acquise, la puissance fut augmentée en doublant le nombre de cylindres pour les porter à douze en deux bancs et en augmentant la course à 165 millimètres, bien que l' alésage reste fixé à 115 mm. Le moteur tournant également plus vite, un réducteur d'hélice sous forme d'un train épicycloïdal fut imaginé pour maintenir la vitesse de rotation de l'hélice sous la barre des 1 100 tours par minute. Pour réduire l'inertie et améliorer les performances, la distribution abandonnait les soupapes latérales pour un système d'arbre à cames en tête, dont les boîtiers à fente latérale d'où sortent les culbuteurs sont très proches du moteur Mercedes[2].

Le l'Amirauté commanda vingt-cinq de ces nouveaux moteurs. L'Eagle fut testé au banc d'essai dans les usines Rolls-Royce de Derby en , développant 225 ch à 1 600 tr/min. Rapidement, le régime moteur fut porté à 1 800 tr/min, puis en à 2 000 tr/min, l'Eagle développant alors 300 ch. Après de plus amples essais, il est décidé d'homologuer la version en production industrielle à 225 ch au régime de 1 800 tr/min, de brèves pointes à 1 900 tr/min étant tolérées. Le moteur vola pour la première fois sur un bombardier Handley Page O/100 en , signant du même coup le tout premier vol d'un moteur d'avion signé Rolls-Royce.
L'Eagle fut amélioré au cours des années 1916 et 1917, la puissance étant progressivement portée à 360 ch en , époque à laquelle huit versions avaient été produites. Tout au long de la Première Guerre mondiale, Rolls-Royce lutta pour produire les quantités d'Eagles requises par le War Office, mais l'entreprise résista aux pressions pour en céder la licence à d'autres motoristes, craignant que la qualité faisant la renommée du moteur n'en soit compromise[3].
Après la guerre, une version Mark IX de l'Eagle fut développée à des fins civiles. La production se maintint jusqu'en 1928 et, au total, 4 681 moteurs Eagle furent construits[4].
Variantes
Note: Liste tirée de Lumsden, les désignations officielles alternatives sont en italique.
- Eagle I (Rolls-Royce 250 hp Mk I)
- (1915), 225 ch, 104 moteurs produits.
- Eagle II (Rolls-Royce 250 hp Mk II)
- (1916), 250 ch, 36 construits à Derby.
- Eagle III (Rolls-Royce 250 hp Mk III)
- (1917-1927), 250 ch, taux de compression accru (4,9:1), pistons renforcés. 110 construits à Derby.
- Eagle IV (Rolls-Royce 250 hp Mk IV)
- (1916-17), 270⁄286 ch, 36 construits à Derby.

- Eagle V (Rolls-Royce 275 hp Mk I)
- (1916-17), 275 ch, arbre à cames à haute levée, 100 construits à Derby.
- Eagle VI (Rolls-Royce 275 hp Mk II)
- (1917), 275 ch, introduction du double allumage, 300 construits à Derby.
- Eagle VII (Rolls-Royce 275 hp Mk III)
- (1917-18), 275 ch, 200 construits à Derby.
- Eagle VIII
- (1917-1922), 300 ch, modifications en profondeur, 3 302 construits à Derby.
- Eagle IX
- (1922-1928), 360 ch, conçu pour un usage civil, 373 construits à Derby.
Utilisations
- Admiralty N.S.3 North Sea Airship
- Admiralty 23 Class Airship
- Airco DH.4
- Airco DH.9
- ANEC III (en)
- BAT F.K.26
- Blackburn Blackburd
- Curtiss H.12 Large America
- Curtiss-Wanamaker Triplane (en)
- de Havilland DH.10
- de Havilland DH.16
- Dornier Wal
- Fairey III
- Fairey Campania
- Felixstowe F.2
- Felixstowe F.3
- Felixstowe F.4
- Felixstowe F.5
- Grahame-White G.W.E.7 (en)
- Handley Page 0/100
- Handasyde H.2
- Handley Page H.P.18
- Handley Page 0/400
- Handley Page V/1500
- Handley Page Type W
- Hawker Horsley
- Porte Baby
- Porte Fury
- Martinsyde F.1 (en)
- Royal Aircraft Factory F.E.2
- Royal Aircraft Factory F.E.4 (en)
- Royal Aircraft Factory R.E.7
- Short Bomber
- Short N.1B Shirl
- Short Type 184
- Sopwith Atlantic (en)
- Sopwith Wallaby (en)
- Sopwith Tractor Triplane
- Supermarine Commercial Amphibian (en)
- Supermarine Scarab (en)
- Supermarine Sea Eagle (en)
- Supermarine Swan
- Vickers F.B.11 (en)
- Vickers Valparaiso
- Vickers Vernon (en)
- Vickers Viking (en)
- Vickers Vulcan (en)
- Vickers Vulture (en)
- Vickers Vimy
- Wight Converted Seaplane (en)
Moteurs exposés
Des exemplaires de moteurs Eagle sont visibles dans certains musées :
- Au Science Museum de Londres
- Au musée de l'aviation du Canada
- Au musée national sud-africain d'Histoire militaire à Johannesbourg
- Au musée de l'armée de l'air sud-africaine, à Port Elizabeth
L'un des deux Eagles ayant motorisé le vol transatlantique historique d'Alcock et Brown est visible au musée des industries de Derby[5].