Rom Landau
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Marrakech, Maroc
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(à 74 ans) Marrakech, Maroc |
| Sépulture |
cimetière chrétien, Marrakech, Maroc |
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Romauld Landau, dit Rom Landau, né en 1899 en Pologne et mort en 1974 à Marrakech, est un journaliste, officier, écrivain et sculpteur britannique d'origine polonaise.
Né en Pologne, il est devenu citoyen britannique après avoir servi comme volontaire dans la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été auteur, sculpteur, éducateur, ainsi qu'officier des services extérieures britanniques. Il est également connu pour sa connaissance de la culture arabe et islamique. Le Maroc est sa zone d’intérêt principale. Il travaille aussi comme critique littéraire pour plusieurs journaux réputés comme the Spectator.
Voyage
Né de parents germano-polonais, Landau étudie la philosophie, les arts et la religion dans différentes écoles européennes, notamment en Allemagne. En 1922, alors qu'il vit à Berlin, il devient le protégé du sculpteur allemand, Georg Kolbe. Durant la fin des années 1920 et le début des années 1930, Landau se constitue une modeste réputation d'écrivain à travers l'Europe. Ses thèmes de prédilection sont l'histoire de l'art, les biographies de célébrités polonaises et l'étude comparative des religions. Il écrit son livre ayant eu le plus de succès en 1935, God is my adventure (Dieu est mon aventure).
Rom Landau visite le Maroc pour la première fois en 1924. Depuis cette période il devient un étudiant en culture Islamique. Il parle lui-même l’arabe et passera beaucoup de temps à voyager et parfois à vivre en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il rend visite au roi Ibn Saud d'Arabie Saoudite en 1937 ainsi qu’au roi Abdallah Ier de Jordanie et à de nombreux leader religieux et temporel du Moyen-Orient. Il publie, en 1938, à la suite de ce voyage un livre, Arm the Apostles (Le Bras des Apôtres), dans lequel il se fait le défenseur des Arabes. Cela aurait pu influencer en partie l’assistance britannique et française aux pays du monde arabe lors du déclenchement de la guerre contre les nazis.
La Seconde Guerre mondiale
Landau devient citoyen britannique en servent comme volontaire dans la Royal Air Force (1939-1941), il sera également membre de 1941 à 1945 du comité arabe des renseignements extérieurs britannique[1].
Durant cette période, en 1943, il publie avec A.J Arberry, Islam Today (L’Islam aujourd’hui). Peu de temps après la guerre, Landau retourne en Afrique du Nord où il établit une relation personnelle avec le sultan du Maroc Mohamed ben Youssef (Mohammed V), ainsi qu’avec d’autres leaders arabes des mouvements de libération.
Les années académiques
Après une tournée littéraire aux États-Unis de 1952 à 1953, Landau s’installe à San Francisco où il est employé par l’académie américaine Frederic Spiegelberg des études asiatiques, il y sera le professeur d’Alan Watts. Il est affilié en 1954 à l’université du Pacifique de Stockton en Californie dans laquelle il devient professeur d’études Islamique de 1956 à 1968. De 1962 à 1963 il supervise l’entraînement du programme Corps de la paix, qui prépare des volontaires pour un service au Maroc. À partir de 1968, Landau s’installe à Marrakech, là où il finira ses jours.
L’appui de Rom Landau aux nationalistes marocains
Landau réalise un voyage au Maroc en 1949 au cours duquel il rencontre le sultan Mohamed ben Youssef. Cela renforce sa sympathie à l’égard du Maroc et le pousse à prendre davantage partie pour la cause nationaliste. Il publie un livre qui décrit son voyage dans le pays[2]. Ce voyage lui permet de nouer des contacts étroits avec les militants marocains et notamment avec Allal El Fassi. Rom Landau est alors un homme connu et influent dans les milieux intellectuels européens, il est la caution parfaite qui manque aux nationalistes marocains pour pouvoir développer leurs activités outre-atlantique. Il est le pont culturel entre les Marocains et le monde anglophone. En effet, associés à l’intelligence politique d’Ahmed Balafrej, la réputation de Landau et la caution intellectuelle qu’il constitue vont permettre à l’Istiqlal de développer une intense propagande auprès des élites américaines et de constituer un important réseau d’influence[3]. Les militants marocains basés aux États-Unis vont par l’entremise de Rom Landau, parvenir à s’adresser aux milieux universitaires américains. En effet, grâce à une conférence donnée à l’université de Columbia par Landau, Great Jonas, le leader du syndicat étudiant américain, National Student Association (NSA), va être impressionné et profondément touché par la cause marocaine. Ainsi, le leader syndical va décider de s’investir bénévolement auprès du bureau de propagande marocain aux États-unis, ce qui va contribuer aux développements du réseau d’appui à la cause marocaine[4].
En outre, l’engagement littéraire de Landau pour la cause marocaine ne va pas cesser de 1949 à 1957[5]. C’est avec la parution de son livre, The sultan of Morocco, véritable hagiographie de Mohamed ben Youssef et par sa diffusion auprès des décideurs américains et des délégués aux Nations-Unies, que Landau va contribuer à l’augmentation de la popularité du sultan. En effet, le sultan marocain y est présenté comme un souverain moderne, éduqué, le symbole même de « la modernité orientale »[6]. Surtout, cette œuvre est utilisée par l'Istiqlal dans ses campagnes de propagande pour montrer que le sultan est le garant de « l’unité nationale » marocaine, que sa personne et sa souveraineté sont inviolables et que par conséquent, les attaques répétées de la France à son encontre constituent un danger pour la stabilité politique au Maroc et donc pour la paix mondiale.
