Romiplostim
protéine
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Le romiplostim est une protéine de fusion analogue à la thrombopoïétine (TPO), une hormone qui stimule la formation de plaquettes sanguines et la prolifération de leurs précurseurs (les mégacaryocytes). Il est administré par voie sous-cutanée.
Structure

1. Fragment Fab
2. Fragment Fc
3. Chaîne lourde (en bleu) avec une région variable (VH) suivie d'une région constante (CH1), une région charnière, et deux autres régions constantes (CH2 and CH3).
4. Chaîne légère (en vert) avec une région variable (VL) et une constante (CL)
5. Paratope
6. Régions charnières.
Le romiplostim est composé :
- d'un fragment Fc d'un anticorps IgG1 permettant d’accroître la demi-vie plasmatique de la molécule ;
- d'une chaine peptidique sans homologie de séquence avec la TPO mais qui se fixe sur le récepteur de la TPO (Tpo-R). Cette partie assure l'activité biologique de la protéine de fusion.
Chaque sous-unité du domaine Fc de l'immunoglobuline est liée au niveau C-terminal de façon covalente à cette chaîne peptidique contenant deux domaines de liaison au récepteur à la TPO (Tpo-R)[1]. L'ensemble est appelé un peptibody ou pepticorps[Note 1].
Recherche et développement
Le romiplostim a été développé par l'entreprise américaine Amgen et mis sur le marché sous le nom commercial de Nplate[2]. Pendant sa période d'essai la molécule portait le nom de code AMG531[3].
La Food and Drug Administration a donné son autorisation de mise sur le marché (AMM) du romiplostim (Nplate) pour le traitement des thombocytopénies chez les patients présentant un purpura thrombopénique idiopathique (PTI) le [4].
Le produit a obtenu une AMM européenne centralisée le avec un Plan de Gestion des Risques (PGR) européen[5].
Indications
En France, le romiplostim est indiqué dans le traitement du purpura thrombopénique idiopathique (PTI) chronique de l’adulte en échec aux traitements habituels (corticoïdes, immunoglobulines) chez les patients réfractaires à la splénectomie et chez les patients non splénectomisés mais auxquels la splénectomie ne peut être proposée[6].
Selon une revue systématique de deux essais randomisés en double aveugle contrôlés par placebo, le romiplostim pourrait améliorer à la fois la réponse plaquettaire chez les enfants et les adolescents atteints de thrombocytopénie immunitaire pédiatrique[7].
Dans les thrombopénies induites par une chimiothérapie, il permet une augmentation du taux de plaquettes sanguines ainsi qu'une remontée plus rapide de ce taux[8]. Les bénéfices quant au pronostic des cancers traités par ces chimiothérapies ne sont toutefois pas démontrés.
Effets secondaires
- Thrombocytose.
- Augmentation de la réticuline dans la moelle osseuse.
- Complications thrombotiques, thromboemboliques.
- Risque d’immunogénicité (développement d’anticorps neutralisants interagissant avec la thrombopoïétine endogène).
- Risque de fibrose de la moelle osseuse.
- Risque d’hyperleucocytose et d’anémie.
- Risque d’insuffisance rénale[5].
Les données disponibles d’une étude clinique randomisée réalisée chez des patients atteints de thrombopénie associée à un syndrome myélodysplasique (SMD), montrent une augmentation du nombre de cas de progression de la maladie en leucémie aiguë myéloïde (LAM) et des augmentations transitoires du nombre de cellules blastiques chez les patients traités par romiplostim par rapport au placebo[9].