Roms aux États-Unis
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| Population totale | 1 000 000 (pop. estimée)[1] (2020) |
|---|
| Régions d’origine | Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Boston, Atlanta, Dallas, Houston, Seattle, Portland[2] |
|---|---|
| Langues | anglais, romani |
| Ethnies liées | Kalderash (en), Machvaya, Lovari (en), Churari, Boyash, Horahane (en) |
Les Roms aux États-Unis sont les personnes appartenant au groupe ethnique Rom et vivant aux États-Unis.
On considère qu'ils sont au début du XXIe siècle environ un million, et que leurs ancêtres, de lointaine origine indienne à l'Antiquité, sont principalement venus aux États-Unis depuis l'Europe de l'Est, pour la plupart aux XIXe siècle et XXe siècle. Ils ont vécu dans des campements jusqu'au remplacement progressif des chevaux par les automobiles pendant l'entre-deux-guerres. Avec le New Deal, à partir des années 1930, ils ont commencé à s'installer dans les grandes villes industrielles. Enfin, à partir des années 1950, le développement des discriminations romophobes les a conduits à se séparer en plus petits groupes.
Les principales ethnies roms aux États-Unis sont les Kalderash (en), les Machvaya, les Lovari (en), les Churari, les Boyash et les Horahane (en).
Aujourd'hui, leurs plus grandes communautés se trouvent à Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Boston, Atlanta, Dallas, Houston, Seattle et Portland.
La culture rom aux États-Unis est marquée par un abandon progressif de l'usage de la langue romani dans le foyer, et par une persistance de certaines traditions comme la pratique de la musique et la danse tziganes ou flamencas, ainsi que les rites de passage.
Terminologie

Les Roms sont généralement appelés aux États-Unis Roma ou Romani, mais également Gypsies (Gitans). Ces termes, et surtout celui de Gypsy, sont considérés par certains Roms américains comme une insulte raciale, péjorative, particulièrement quand elle est utilisée par un gadjo[3],[4],[5],[6]. Ils préfèrent le plus souvent qu'on se réfère à leur groupe ethnique plus précis et restreint, tel que Kalderash (en), Machvaya, Lovari (en), Churari ou Boyash[7].
Identité culturelle
En 2020, un sondage réalisé par l'Université Harvard en collaboration avec l'ONG Voice of Roma indiquait que, parmi les Américains qui se considéraient Roms, quel que soit le terme préféré pour s'autodéterminer, seulement 14% parlaient encore le romani à domicile (contre 28% pour la génération de leurs parents)[8], mais une large majorité de ceux qui ont été interrogés connaissaient, pratiquaient et enseignaient à leurs enfants d'autres éléments de la culture et de l'identité rom, tels que la musique tzigane ou flamenca (pour 89% d'entre eux, à différents degrés), la danse (82%), les rites de passage (85%), les traditions de mariage, de baptême (comme slava) et d'enterrement (comme pomana), ou encore l'histoire des Roms ; au total, seuls 5% ont déclaré ne plus être familiers avec leur héritage culturel rom[9].
Les principales ethnies roms aux États-Unis sont les Kalderash (en), les Machvaya, les Lovari (en), les Churari, les Boyash et les Horahane (en)[10].
Démographie
Population
Les données sur la population actuelle des Roms aux États-Unis, telles que recueillies par le recensement national et d'autres enquêtes à grande échelle, sont insuffisantes pour avoir un total précis, aussi bien au niveau national que régional ou local[11].
En 2020, comme en 2010[12], on estimait, avec un faible degré de précision, à environ un million le nombre de Roms aux États-Unis[11].
Géographie
Bien que la population rom américaine se soit largement assimilée à la société américaine, on trouve aujourd'hui encore de grandes communautés dans les grandes villes telles que Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Boston, Atlanta, Dallas, Houston, Seattle et Portland[2]. D'autres concentrations sont observées en Californie du Sud, dans le Nord-Ouest Pacifique, au Texas, en Louisiane, en Floride et dans le Nord-Est ainsi que dans des villes comme Saint-Louis[13], Miami et Las Vegas[14].
On estime que c'est dans l'État de Californie que se trouve la population rom la plus importante en 2019, avec environ 150 000 à 200 000 personnes[15], dont environ 50 000 à Los Angeles[16].
Histoire
Origines
Les Roms sont originaires, à l'Antiquité, du nord de l'Inde[17],[18].
Les premiers Roms arrivés sur le continent américain sont les quatre condamnés transportés par Christophe Colomb lors de son troisième voyage à travers l'océan Atlantique en mai 1498[19]. Au XVIe siècle, de nombreux Roms ont été amené en Amérique en tant qu'esclaves, pour travailler dans les plantations[20].
De nombreux Roms ont emprunté un itinéraire détourné pour se rendre aux États-Unis depuis l'Ancien Monde : ils ont d'abord rejoint par bateau des pays d'Amérique du Sud, le Mexique ou le Canada, puis ils sont entrés aux États-Unis en traversant la frontière terrestre[21].
Période contemporaine

Selon l'anthropologue Rena C. Gropper, on peut diviser l'histoire contemporaine des Roms aux États-Unis, à partir de 1880, en quatre périodes : la première, qu'elle appelle la « période du campement » (Camp Period) en raison de la conservation des modes de vie traditionnels des Roms dans l'Ancien Monde, s'étend de 1880 à 1925 ; la deuxième, qu'elle appelle la « période de transition » (Transition Period), est caractérisée par l'abandon progressif des campements d'hiver de 1925 à 1933, notamment en raison du changement de moyen de transport, les chevaux étant peu à peu remplacés par les automobiles ; la troisième, qu'elle appelle la « période de crise » (Crisis Period), dure de 1933 à 1945 et voit les Roms affluer vers les grandes villes, telles que New York et Chicago, pour profiter des opportunités économiques offertes par le New Deal ; la quatrième, à partir de 1945, est caractérisée par l'émergence d'un sentiment romophobe et de discriminations contre les Roms qui, à partir du milieu des années 1950, les ont forcé à se disséminer en petits groupes plus discrets[22].
Personnalités roms américaines


- Ladislas Lazaro (en), député démocrate de Louisiane de 1913 à 1927.
- Eduardo Cansino, danseur de flamenco et acteur d'origine gitane espagnole, père de l'actrice Rita Hayworth.
- Billy Drago, acteur.
- Paul Polansky (en), écrivain et activiste rom.
- Seanan McGuire, écrivaine et musicienne.
- Oksana Marafioti (en), écrivaine.
- Michael Costello, styliste.
- Gratiela Brancusi (en), actrice.
- Gigi Dolin, catcheuse.
Discriminations
Les Roms ont rapidement subi des discriminations aux États-Unis : dès 1917, dans le New Jersey, une loi (abrogée seulement en 1998) autorisait les autorités locales à limiter les droits des Roms plus sévèrement que d'autres groupes, pour l'accès au logement, aux loisirs ou au commerce[12].
Dans les années 2020, le profilage racial des Roms reste courant dans la police aux États-Unis : plus de la moitié des Roms interrogés ont subi des contrôles d'identité discriminatoires basés sur leur apparence, leur nom ou leur véhicule[23]. De manière générale, les discriminations à l'embauche restent encore fréquentes à l'encontre des Roms, et particulièrement pour ceux qui s'identifient comme Romanichels, Kalderash ou Machvaya[3]. En conséquence, 70% des Roms interrogés en 2020 ont déclaré qu'ils cachaient généralement leur identité rom afin d'éviter d'être victimes de discriminations et de préjugés[3]. En effet, seulement 11% ont déclaré n'avoir jamais subi de discriminations liées à leur identité rom, et 68% ont subi des injures romophobes ; notamment, 57% ont été discriminés par des commerçants, et 15% quand ils ont essayé de louer ou acheter un domicile[24].