Roque Santeiro
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Lima Duarte
José Wilker
Lidia Brondi
Yoná Magalhães
Fábio Jr
Cláudio Cavalcanti
Ary Fontoura
Armando Bógus
Paulo Gracindo.
| Genre | Drame, comédie |
|---|---|
| Création | Alfredo Dias Gomes |
| Production | Eduardo Figueira |
| Acteurs principaux |
Regina Duarte Lima Duarte José Wilker Lidia Brondi Yoná Magalhães Fábio Jr Cláudio Cavalcanti Ary Fontoura Armando Bógus Paulo Gracindo. |
| Musique | Moraes Moreira |
| Pays d'origine |
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| Chaîne d'origine |
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| Nb. de saisons | 1 |
| Nb. d'épisodes | 209 |
| Diff. originale | – |
Roque Santeiro est une telenovela brésilienne réalisée par Paulo Ubiratan, Marcos Paulo, Gonzaga Blota et Jayme Monjardim. Créée et diffusée sur la chaîne Rede Globo à 20 heures, depuis le jusqu'au , la version originale est composée de 209 épisodes[1]. Ce feuilleton télévisé rencontra un succès retentissant[2] au Brésil, à Cuba, au Portugal, au Cap Vert et en Angola.
Créé par le dramaturge Alfredo Dias Gomes en 1963 en tant que pièce de théâtre O berço do Herói. Dias Gomes venait de collaborer en tant que dialoguiste pour l'adaptation cinématographique de sa pièce[3] La parole donnée[4], film gagnant de la Palme d'Or au Festival de Cannes[5].
Dix ans après, il se chargea de son adaptation télévisée. Collaborèrent avec lui Aguinaldo Silva en tant que co-scénariste et Marcílio Moraes et Joaquim Assis en tant que dialoguistes.
Avec José Wilker, Regina Duarte et Lima Duarte comme têtes d'affiche, la distribution est composée par les comédiens Yoná Magalhães, Ary Fontoura, Eloísa Mafalda, Armando Bógus, Lucinha Lins, Paulo Gracindo, Cláudio Cavalcanti, Lídia Brondi et Fábio Júnior.
L'histoire[6] se déroule dans la région Nordeste du Brésil, à Asa Branca, une ville fictive représentant un microcosme du pays
Il y a 17 ans un servant d'autel, dont son sobriquet est Roque Santeiro[7], fut assassiné par un voyou appelé "Navalhada" qui avait enlevé le curé et voulait saccager l’église d'Asa Branca. Tous les habitants s'enfuirent pour sauver leurs vies sauf le jeune Roque cherchant à protéger le village d’être attaqué. Il finit fusillé et décapité par la bande criminelle et son corps fut jeté près du fleuve. Soudain un orage tomba sur le village et chassa les bandits. À partir de ce moment - là, Roque deviendra un martyr, un saint qui fera des miracles.
Asa Branca s'est transformé aussi. D'un village de 1 000 habitants, il est devenu une ville grâce à l'investissement, la croissance économique, aux touristes souhaitant visiter une ville sacrée. Madame Pombinha, l'épouse du maire d'Asa Branca, Florindo Abelha, cherche à que le héros soit canonisé. La biographie de Roque a été modifiée par le peuple, presque réécrite. Les commerçants, surtout Zé das Medalhas, profitent de sa réputation pour s'enrichir en fabriquant des médailles et des bougies et en falsifiant des couteaux, des statuettes et des objets qui n'ont jamais appartenu au saint.
Mais les hommes les plus puissants d'Asa Branca ont les jours comptés. Roque Santeiro (José Wilker), le saint patron de la ville, n'est pas mort et il est rentré dans la ville pour dévoiler la vérité et finir avec la légende.
La classe dirigeante de la ville en discorde se divise en deux franges: ceux souhaitant que la vérité soit révélée et ceux cherchant à continuer à profiter de la farce quoi qu'il en coûte.
Parmi ceux qui se sentent menacés par le retour de Roque Santeiro se trouvent le conservateur curé Hipolito (Paulo Gracindo), le maire Florindo Abelha (Ary Fontoura), le commerçant Zé das Medalhas (Armando Bógus) qui fait de l'argent avec ses médailles religieuses et Sinhozinho Malta (Lima Duarte), patron des fazendas qui est persuadé que son mariage avec la "soi - disant" veuve de Roque Santeiro, la clinquante et vicieuse Porcina da Silva (Regina Duarte), est en péril. La guerre a été déclarée.
Distribution
La distribution[8] est constituée par les comédiens suivants:
| Comédien | Rôle |
|---|---|
| Lima Duarte | Colonel Sinhozinho Malta (Francisco Teixeira Malta) |
| Regina Duarte | Veuve Porcina (Porcina da Silva) |
| José Wilker | Roque Santeiro (José Roque Duarte) |
| Ary Fontoura (pt) | Maire Florindo Abelha |
| Eloísa Mafalda (pt) | Madame Pombinha (Ambrosina Abelha) |
| Yoná Magalhães (pt) | Matilde |
| Armando Bógus (pt) | Zé das Medalhas (José Ribamar de Aragão) |
| Lídia Brondi (pt) | Tânia Magalhães Malta |
| Fábio Júnior | Roberto Mathias |
| Paulo Gracindo (pt) | Curé Hipólito |
| Cláudio Cavalcanti (pt) | Padre Albano, le « curé rouge » |
| Lucinha Lins (pt) | Mocinha Abelha |
| Maurício do Valle (pt) | Commissaire Feijó |
| Maurício Mattar | João Ligeiro (João Duarte) |
| Milton Gonçalves (pt) | Procureur général Dorival Prata |
| Rui Resende (pt) | Professeur Astromar Junqueira |
| Patrícia Pillar | Linda Bastos |
| Ewerton de Castro (pt) | Gérson do Valle |
| Luiz Armando Queiroz (pt) | Tito Moreira França |
| Elisângela (pt) | Marilda |
| Oswaldo Loureiro (pt) | Navalhada (Aparício Limeira) |
| Nélia Paula (pt) | Amparito Hernandez |
| Othon Bastos (pt) | Ronald César |
| Cássia Kis Magro (pt) | Lulu (Lugolina de Aragão) |
| Arnaud Rodrigues (pt) | Jeremias, « l'aveugle » |
| Walter Breda (pt) | Francisco |
| Wanda Kosmo (pt) | Madame Marcelina Magalhães |
| João Carlos Barroso (pt) | Toninho Jiló |
| Nélson Dantas (pt) | Bienheureux Salú |
| Cláudia Raia | Ninon |
| Alexandre Frota (pt) | Luizão |
| Ilva Niño (pt) | Mina |
| Lutero Ruiz | Médecin Cazuza |
| Tony Tornado (pt) | Rodésio |
- Lima Duarte en tant que Sinhozinho Malta
- Regina Duarte en tant que Porcina da Silva
- José Wilker en tant que Roque Santeiro
- Fabio Junior en tant que Roberto Mathias
- Cássia Kiss en tant que Lulú
- Cláudia Raia en tant que Ninon
- Lucinha Lins en tant que Mocinha Abelha
- Alexandre Frota en tant que Luizão
Création, production et interdiction (1963 - 1975)
En 1985 Dias Gomes adapta sa pièce de théâtre O berço do herói (Le berceau du héros)[9] à côté du scénariste Aguinaldo Silva. Pourtant l'histoire de cette œuvre interdite[10] par l'armée brésilienne démarra en 1963.
O berço do herói: une sortie interdite
En 1963 Alfredo Dias Gomes écrivit une pièce de théâtre, O berço do herói, qui racontait l'histoire d'un soldat, le brigadier Roque qui devient un héros de la Seconde Guerre mondiale sans aucun mérite et par hasard. Sa légende a fait enrichir les hommes le splus puissants d'Asa Branca, sa ville natale.
O berço do herói est paru deux ans après chez Editora Civilização au début de 1965 au milieu d'une dictature militaire qui venait de renverser le président Joao Goulart en mars 1964.
Le chef d'État Majeur, Humberto de Alencar Castelo Branco, fut le premier d'un groupe de militaires au Palacio de Planalto. La scène politique était peu propice pour une œuvre mettant en question l'héroïsme. Et malgré cela, la première édition comptait d'une préface écrite par Paulo Francis, à cette époque - là un intellectuel des idées trotskistes, et aussi d'un rabat mordant d' Ënio Silveira, éditeur et partisan du Parti Communiste brésilien. Le Conseil de Sécurité Nationale brésilienne réagit en demandant la prison pour les deux.
Pour son début théâtral, l'office de Censura General vérifia le scénario (tel qu'il le fera en 1975 avec l'émission de télévision Roque Santeiro) et les fonctionnaires assistèrent à une séance privée le jour précédent. Mais la permission ne fut pas accordée à la fin. Il fallait attendre le même jour qu'elle sortait au Théâtre Princesa Isabel de Rio de Janeiro pour connaitre la réponse.
Quatre heures avant que le rideau se levât (21 heures), le gobernador de Rio de Janeiro, Carlos Lacerda, mit son veto. Les raisons de la censure[11] furent les différences entre le texte original et la représentation.
L'interdiction de 1966
Dias Gomes tentera sa chance encore en 1966 en adaptant sa pièce de théâtre pour le cinéma. Mais le chef de la Policía Federal, le général Riograndino Kruel[12], appartenant au cercle du président, Humberto de Alencar Castelo Branco, lui fit savoir "qu'il se tapait la tête contre les murs, pendant que les militaires contrôlaient le pays, cette pièce ne sera jamais jouée"
Cette phrase deviendra prémonitoire avec l'arrivée d'Emílio Garrastazu Médici, dont le gouvernement créa le Departamento de Censura e Diversőes Publicas.
Le scénario de 1975
Garrastazu Médici resta au pouvoir pendant cinq ans. Son remplaçant, le général de l'armée Ernesto Geisel, ne fut pas bien accueilli par la phalange dure des forces militaires qui étaient contre une ouverture politique et soutenaient le slogan "Brasil, aime - le ou quitte - le" et les années de plomb.
Durant ce climat politique Dias Gomes décida d'adapter son œuvre. Pas pour le cinéma, sinon pour la télévision. Lui qui avait écrit le premier succès international de la Rede Globo, la telenovela O Bem-Amado (Le bien-aimé) (1973), se mit à l'ouvrage en janvier 1975. Le héros d' O berço do herói fut renommé Roque Santeiro et ne fut plus un brigadier qui trahissait l'armée. Il est devenu servant d'autel et artisan des statuettes des saints. Cette stratégie littéraire lui permettrait d'échapper au veto du gouvernement.
Après tout, ce n'était pas la première fois que le Departamento de Censura e Diversões Publicas (DCDP) exigeait de Rede Globo de réécrire ses scénarios. En 1971 les dix premiers épisodes de la telenovela O homem que deve morrer[13] (L'homme qui doit mourir) furent modifiés parce que Janete Clair, la scénariste et l'épouse de Dias Gomes, avait décidé de faire une adaptation de la naissance de Jésus avec le personnage principal de son œuvre. Ainsi le personnage principal, un médecin, était envoyé par le Saint Esprit. Rede Globo dut se plier et le personnage du comédien Tarcísio Meira changea ses origines pour devenir un être mi - humain, mi - extraterrestre.
Un cas plus exemplaire est la telenovela Escalada[14] dont la synopsis racontait la fondation de Brasilia, fondée par l'ancien président Juscelino Kubitscheck. Pourtant aucun scénariste ne pouvait inclure le nom du principal responsable de la construction de la nouvelle capitale. Rede Globo accepta l'ordre de DCDP et Kubitscheck, un exilé politique et ennemi du régime, fut supprimé dans tous les scénarios.
Roque Santeiro et Departamento de Censura e Diversões Publicas
Au début, le processus du tournage de Roque Santeiro n’échappa pas à la règle. Rede Globo présenta les scénarios des premiers 20 épisodes au Departamento de Censura e Diversőes Publicas[15] (DCDP) créé par Garrastazu Médici et que le récent président Geisel ne fit pas dissoudre.
Comme d'habitude Rede Globo livra les scénarios au quatrième étage du Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico (BNDE) où se trouvait le siège du DCDP. Le 4 juillet 1975 la chaîne reçut une réponse positive, mais pas définitive du directeur du DCDP, Rogério Nunes (tel qu'il se passa en 1965 avec la pièce de théâtre). Pour obtenir une permission de diffusion, Rede Globo devait tourner les premiers 20 épisodes pour qu'ils soient encore vérifiés.
Tournage de Roque Santeiro (1975)
Sous la réalisation de Daniel Filho, sa femme et comédienne Betty Faria, Lima Duarte y Francisco Cuoco, le tournage démarra. Bien que d'après le scénario de Dias Gomes, Asa Branca se trouvait au nordeste du Brésil, Rede Globo voulut profiter de la végétation de la région Sudeste. Ainsi elle fit bâtir les décors au quartier Barra de Guaratiba à Rio de Janeiro.
Ce ne fut pas un tournage facile pour le couple Filho - Faria qui tourna ensemble dans la telenovela O homem que deve morrer. Roque Santeiro fut un nouveau projet; mais cela ne marcha pas. Betty Faria venait d'accoucher. D'autant plus que cela, les 500 heures de tournage firent que la comédienne déclarât[16]:
« J'ai tourné 30 épisodes. J'étais mariée avec Daniel Filho. Je venais d’accoucher de mon fils João. Ce fut horrible!. C'était ennuyeux! Daniel était ennuyeux! Il criait et mon bébé n'était pas avec moi »
— Betty Faria interviewée par UOL
Sachant que 36 épisodes étaient prêts à être diffusés, son début fut annoncé et programmé pour le 27 août 1975. Rede Globo comptait répéter le grand succès de la telenovela Escalada avec le début d' A Fabulosa Estória de Roque Santeiro e de Sua Fogosa Viúva, a que Era Sem Nunca Ter Sido (La fabuleuse histoire de Roque Santeiro et sa vicieuse veuve celle qui le fut sans l'avoir été)
Cette nouvelle production avait une chose à captiver l'audience: elle allait être la première émission de télévision en couleurs à être diffusée dans ce créneau horaire. Pourtant le Departamento de Censura ne semblait pas complètement convaincu avec les épisodes déjà enregistrés. Il exigea que la telenovela soit diffusée à 22 heures.
Interdiction au jour de la sortie
Sur un webdoc Daniel Filho[17] annonça qu'une semaine avant la sortie, il avait déjà un pressentiment de l'interdiction. Personne n'en connaissait les raisons. Ainsi la chaîne reçut un préavis du Departamento de Ordem Política e Social, DOPS[18], interdisant la diffusion de Roque Santeiro. Ce préavis était signé par le ministre de la Justice, Armando Falcão[19].
L'origine de la censure fut une écoute téléphonique qui révélait une conversation entre le scénariste et Nelson Werneck Sodré[20], militaire et historien qui repoussa le coup d’État de 1964 depuis le début. Werneck Sodré ne savait pas que le Serviço Nacional de Informações (SNI), créé en 1964, surveillait son téléphone.
Dans cet entretien privé[18] Dias Gomes assurait que Roque Santeiro était un moyen de tromper les militaires, que c'était une adaptation télévisée, un peu modifiée d' O berço do Héroi, qui permettrait que l'armée ne s'aperçoive pas qu'ils agissaient du même matériel.
« - "Qu'est - ce que tu fait?" - voulait savoir Werneck
- "Une vacherie" - répondit Dias - "J'adapte O berço do herói pour la TV"
- "Mais la Censura va la laisser passer?" - se rappela Werneck.
- "Le brigadier n'y est plus. Ainsi on va la faire passer. Ces militaires sont des abrutis" - assura Dias. »
—
Conversation enregistrée par SNI entre Werneck et Dias Gomes
La sanction du Departamento de Censura fut le licenciement d'Alfredo Dias Gomes; mais le directeur Roberto Marinho[21], assura avoir refusé cette pression. Cette réponse différa du soutien du journal O Globo, appartenant à la famille Marinho, au coup militaire de 1964. Jusqu'à ce moment-là cette adhésion fut explicite[22] à travers d'articles publiés un an après la création de Rede Globo (26 avril 1965)
Conséquences
Au commencement les comédiens les plus représentatifs signèrent un manifeste et partirent à Brasilia s'entretenir avec le général Ernesto Geisel. D'autres membres de ce comité étaient Tarcísio Meira, Regina Duarte (la veuve Porcina de 1985) et le réalisateur Daniel Filho. Ils furent reçus par le secrétaire général de la présidence, Golbery do Couto e Silva. Pourtant, l'interdiction ne fut pas levée.
Choqués et pressés, le réseau Globo et Daniel Filho n'avaient que trois mois pour lancer une autre telenovela, Pecado Capital (Péché capital). Lors de son tournage, il fallait aussi couvrir le créneau horaire de 22 heures. Ainsi la chaîne rediffusa un découpage du grand succès de la scénariste Janete Clair, Selva de Pedra.
Ce ne fut pas un empêchement que Janete Clair soit la femme d'Alfredo Dias Gomes. Elle se chargea d'écrire le scénario et Censura General l'a laissé passer. La nouvelle production fut diffusée le 24 novembre 1975 et devint un grand succès. Sa distribution était presque celle de Roque Santeiro.
Sortie d' O Berço do herói aux États-Unis
Un an après l'interdiction de Roque Santeiro et un éditorial publié sur le journal O Globo, lu sur le journal télévisé Jornal Nacional et signé par le propriétaire de Rede Globo, Roberto Marinho, O berço do herói sortit le au théâtre The Playhouse du Département de Théâtre et Cinéma d'Université d'État de Pennsylvanie






