Rosa Bordas
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Marie-Rosalie Martin, épouse Bordas, née le à Monteux (Vaucluse) où elle est morte le , est une chanteuse populaire à la fin du Second Empire, et en 1871 durant la Commune de Paris.
Rosa Bordas est née dans une famille de tradition montagnarde de Monteux où ses parents tiennent le café « rouge » de la ville[1]. Selon Amédée Burion, son ami et impresario, elle déclare avoir appris à chanter sur les genoux de son grand-père en 1848[2]. C'est dans ce café qu'elle débute dans la chanson avant de commencer à tourner dans plusieurs autres cafés-chantants dans le Midi[1]. À 17 ans, elle épouse Étienne Bordas, le musicien qui a l'habitude de l'accompagner, depuis ses débuts, au violon, à l'accordéon ou à la guitare[3]. C'est à cette époque qu'elle rencontre Frédéric Mistral, qu'elle admire et avec qui elle entretiendra une correspondance à la fin de sa vie.
En 1869, elle monte à Paris et se fait connaître au Grand Concert parisien ainsi qu'au Théâtre du Châtelet sous le nom de « la Bordas »[4]. Début 1870, à la déclaration de guerre, elle interprète La Marseillaise un drapeau tricolore à la main[4],[1]. Dans ses chansons, elle aborde des sujets politiques et sociaux comme avec Plus de frontières !, La Canaille ou L'Âme de la Pologne[5].
Lors de la Commune de Paris, elle chante, entre le 6 et 21 mai 1871, aux Tuileries[6] pour rassembler des fonds pour les blessés de la Fédération de la Garde nationale[1],[7]. Elle monte sur scène vêtue d'un Péplos blanc, enveloppée dans un grand drapeau rouge[8].
Après la Commune, elle tombe dans l'oubli et lors de son retour sur scène trois ans plus tard, elle est critiquée par la presse conservatrice. Elle se retire alors de la vie publique jusqu'à l'avènement de la Troisième République, connaissant alors trois à quatre ans de succès avant de prendre sa retraite[1].
Elle passe les dernières années de sa vie à Alger, dans l'anonymat complet[9]. Elle est enterrée à Monteux[10].
