Rosalie Kunoth-Monks

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Utopia (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nationalité
Activités
Actrice, militante, femme politique localeVoir et modifier les données sur Wikidata
Rosalie Kunoth-Monks
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Utopia (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nationalité
Activités
Actrice, militante, femme politique localeVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions
Médaille de l'ordre d'Australie ()
Victorian Honour Roll of Women (en) ()
Dr. Mandawuy Yunupingu Human Rights Award (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Rosalie Lynette Kunoth-Monks ( - ), également connue sous le nom de Ngarla Kunoth, est une actrice de cinéma, militante aborigène et femme politique australienne.

Rosalie Lynette Kunoth est née le 4 janvier 1937 à Utopia, dans le Territoire du Nord (Arapunya). Elle est de descendance Arrernte et Anmatyerre[1],[2]. Son grand-père paternel, Harry Kunoth, est allemand, d'où son nom de famille allemand[3]. Lui et sa grand-mère, Amelia Kunoth (en) (une femme Arrernte), gèrent conjointement plusieurs élevages de bétail dans le Territoire du Nord, dont la station d'Utopia[4]. Son père s'appelle Allan Kunoth[3].

Dans une interview accordée à la série Australian Biography de Film Australia en 1995, Kunoth-Monks déclare être née sur les rives de la rivière Sandover. Sa mère, une femme Anmatyerr dont elle ne révèle pas le nom pour des raisons culturelles, est assistée à la naissance par une sage-femme aborigène. Sa mère est une femme Ngarla (en), appartenant à la communauté aborigène, et Kunoth-Monks précise qu'il existe également un groupe de femmes Ngarla qui sont ses ancêtres. Elle est l'une des huit enfants d'une famille nombreuse et grandit en parlant à la fois l'Arrernte et l'Anmatyerr. Elle apprend l'anglais comme troisième langue, son père commençant à le lui enseigner avant son entrée à l'école[3].

À l'âge de 9 ans, Kunoth-Monks est placée en pension au foyer St. Mary's d'Alice Springs et scolarisée en ville. À cette époque, de nombreux enfants métis sont arrachés à leurs familles dans le cadre des Générations volées, mais elle y échappe grâce à la protection de sa famille. Les Kunoth sont en effet une famille d'éleveurs réputée et ses parents peuvent se permettre de payer la pension de leurs enfants. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont la possibilité de l'instruire à la maison ou dans un établissement plus proche de chez eux.

Kunoth-Monks craint initialement d'être bouillie pour éclaircir sa peau et déclare : « J'ai passé une semaine horrible à m'attendre à être bouillie, puis à réaliser que les enfants allaient bien dans cet endroit appelé école, et qu'ils étaient bruns, voire plus foncés. Et nous, nous n'avons pas été bouillis. »[3].

Carrière d'actrice

Kunoth-Monks prend la parole lors de la première mondiale de Jedda à Darwin en 1955.

En 1951, Kunoth, alors âgée de 14 ans et pensionnaire du foyer St Mary's, est recrutée par les cinéastes Charles et Elsa Chauvel (en) pour interpréter le rôle-titre de leur film Jedda ( 1955)[5]. Surnommée Rosie, elle est rebaptisée Ngarla Kunoth par les Chauvel pour le film[2].

Kunoth est la première femme autochtone australienne à tenir un rôle principal. Ce film novateur est projeté au Festival de Cannes 60 ans plus tard, en 2015[2]. Cette expérience inspir la pièce de théâtre et la pièce télévisée Burst of Summer (en)[6].

Militantisme et politique

Kunoth passe dix ans, à partir de 1960, comme religieuse anglicane au sein de la Communauté du Saint-Nom à Melbourne. Elle quitte ensuite l'ordre, épousé Bill Monks et commence à travailler au Département des Affaires autochtones, où elle créé le premier foyer pour enfants autochtones du Victoria[3],[7]. Elle a une fille, Ngarla[3].

De retour dans la région d'Alice Springs, elle travaille pour Aboriginal Hostels Limited, le Central Australian Aboriginal Legal Aid Service et la Commission des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres[7].

Le Ministre en chef du Territoire du Nord de l'époque, Paul Everingham (en), la nomme conseillère aux affaires aborigènes. Kunoth se présente aux élections de l'Assemblée législative du Territoire du Nord en 1980. Elle mène campagne contre le projet de construction d'un barrage qui menace de détruire des terres sacrées pour son peuple. Elle perd ces élections, mais poursuit son militantisme pour améliorer les conditions de vie des populations autochtones. En 1999, elle est nommée vice-présidente du conseil de l'Institut Batchelor d'enseignement supérieur pour les populations autochtones, puis présidente de ce même conseil[2].

En 2008, elle retourne sur les terres natales d'Utopia, 260 km au nord-est d'Alice Springs et devient la même année présidente du comté de Barkly[8]. En août 2008, à Canberra pour Amnesty International, elle dénonce l'intervention du gouvernement fédéral dans le Territoire du Nord comme une « violation flagrante des droits humains », déplaçant « davantage d'Autochtones de leurs terres ancestrales, les privant de la possibilité de parler leur langue maternelle et rompant les liens avec [leur] culture. Notre existence est très fragile. Nous refusons d'être parqués par l'armée vers les grands centres urbains. »[2]. Deux mois plus tard, elle déclare : « Ce n'est pas qu'ils arrivent ici avec des bulldozers ou qu'ils envoient l'armée nous déplacer. C'est qu'ils essaient de nous affamer et de nous chasser de chez nous… Ils ne nous aideront pas à devenir autonomes. Si vous vous sentez traités comme des citoyens de seconde zone, si ce n'est pas un nettoyage ethnique, dites-moi ce que c'est. » Utopia, connue pour ses Papunya Tula, essaie de lancer son propre élevage bovin et veut devenir un centre culturel, déclare-t-elle[9].

Lors des élections fédérales de 2013, Kunoth-Monks se présente sans succès comme candidate au Sénat dans le Territoire du Nord pour le compte du Parti politique australien des Premières Nations[10]. En novembre 2014, Kunoth-Monks joue un rôle déterminant en organisant, avec Tauto Sansbury (en), un rassemblement national de leaders autochtones à Alice Springs afin de s'unir dans la lutte pour leurs terres – le « Mouvement pour la liberté »[11].

Apparitions médiatiques

Le 9 juin 2014, Rosalie Kunoth-Monks apparaît dans l'émission Q&A de la chaîne ABC, où elle prononce son discours cinglant et désormais célèbre « Je ne suis pas le problème »[2],[12].

Décès

Kunoth-Monks décède à Alice Springs le 26 janvier 2022, à l'âge de 85 ans[2],[13].

Des funérailles nationales lui sont rendues à Alice Springs le 3 mars 2022, en présence de centaines de personnes. Michael Gunner (en), ministre en chef du Territoire du Nord, débute son éloge funèbre par ses célèbres paroles prononcées lors de son passage à l'émission Q&A d'ABC en 2014 : « N'essayez pas de me faire taire. Je ne suis pas le problème. Je n'ai jamais quitté mon pays, ni cédé la moindre parcelle de celui-ci. » Jeff Iversen, conseiller du désert central, la décrit comme « une héroïne et un trésor national »[14].

Reconnaissance et distinctions

Références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI